• flyer primure nustrale-1

    La revendication universitaire s'exprime dès les débuts de la révolution corse, en 1731. L'Université de Corse ouvre finalement ses portes en 1765 à Corte. Fréquentée par Rousseau, Voltaire, Montesquieu, Les historiens s'accordent à lui reconnaître la qualité d' « université des Lumières ». Une chaîne d'éthique, qu'on ne trouve dans aucune autre université italienne de l'époque, manifeste l'intention de faire place, à côté de la théologie morale, à une science du bien et du mal éclairée par les seules lumières naturelles. Sa fermeture en 1768 scelle la défaite de la jeune nation corse face aux troupes du roi de France.

    En 1981, sous l'influence d'une vaste mobilisation populaire, elle rouvre ses portes. Aux difficultés de tous ordres, elle oppose durant des années la motivation sans faille de chacun des membres de la Communauté Universitaire, ce qui lui permet d'aller toujours plus de l'avant.

    L'histoire moderne de l'Université de Corse, c'est celle de cette montée en puissance, pas encore achevée à ce jour. C'est aussi l'histoire d'un pari, et d'une réussite reconnue aujourd'hui unanimement. C'est enfin l'affirmation réitérée des valeurs d'humanisme et de tolérance, portées par l'université de Corse, dans une société corse en quête de sérénité.

    Depuis le 26 septembre dernier, le programme des 30 anni est lancé et se terminera par une conférence de Michel Serres sur « Le temps des crises » le 17 novembre prochain.

    Le programme complet est ICI 

    Du 17 au 20 octobre, le programme est intitulé « Creazione, storia, patrimoniu Tramandà pè creà »… 

    Le lundi 17 octobre, les éditeurs insulaires proposeront leurs productions et participeront à une table-ronde sur la littérature corse.

     


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  • affiche_roissy

    Le genre littéraire qu’adultes et jeunes plébiscitent est au cœur du Festival  de Roissy en Brie, enrichi de débats et autres animations.

    Il a ouvert ses portes aujourd’hui et un grand salon du polar se déroulera pendant le week-end du 1er et 2 octobre 2011.

    Fort du succès de ses deux premières édition ( 2009 et 2010), le Festival du polar de Roissy-en-Brie (77) revient pour sa troisième édition.  Au programme de cet événement littéraire à la fois populaire et de haut niveau : un salon du livre, des débats, des expositions, des projections de films ainsi que des spectacles. Le tout avec la participation de pas moins de 70 auteurs. Le parrain 2011 est   Christian Rauth  , acteur et écrivain.

    ecrits


    Organisé à la grande halle de la ferme d’Ayau, à Roissy-en-Brie, ce  salon du livre permettra de rencontrer des grands noms du polar. Le programme est dédié aux enfants et aux adultes.

    La SNCF/Transilien organise un concours de nouvelles « La Nouvelle du Voyageur ». Ce concours, réservé aux utilisateurs de la ligne E du RER, doit obligatoirement traiter du milieu ferroviaire.

    Les trois textes jugés les meilleurs par un jury de bénévoles, puis par un jury de professionnels, se verront offrir des billets de trains. Les résultats seront annoncés le samedi 1er octobre à 14 heures à la Grande Halle de la Ferme d’Ayau.

    Pour les Enfants, des ateliers d’écriture se sont tenus au printemps dernier, au collège Anceau-de-Garlande et à l’école Les Sapins.


    Les ateliers ont été animés par deux grands auteurs de romans policiers et de littérature pour la jeunesse : Michel Leydier et Gérard Streiff..Une centaine de jeunes auteurs ont participé à la rédaction de « Enigmes de la Ferme d’Ayau » . Une dizaine d’autres ont réalisé les illustrations dans le cadre des cours d’arts plastiques de madame Anne-Andrée Caron, du Conservatoire de Roissy-en-Brie.

    Sur le site du festival, le programme est détaillé jour par jour en cliquant ICI.

     

    Tous les jours, des films sont projetés : Les jours et heures des séances ICI.

     

    Pendant le week-end du 1er et 2 Octobre, un grand salon du livre avec de nombreux auteurs dont la liste est  ICI

    Parmi ses auteurs, figurent Jean-Pierre ORSI et Jean-Paul Ceccaldi ( cliquer sur les noms)


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  • nuit_du_tagueur_final« Mi polar, mi roman psychologique, la nuit du tagueur met magistralement en scène l’éternelle tension entre art savant et art populaire dont le tag et le graff sont les derniers avatars. Qui est artiste ? Dans quelle mesure on se revendique tel ? Comment se crée la valeur ? la nuit du tagueur de Nathanaël Fox ose poser ces questions en conviant le lecteur de l’autre côté du miroir des apparences là où l’art dévoile son rapport avec le pouvoir. C’est tout le mérite de ce roman étonnant, le premier dédié à l’univers du tag. » [Giancarlo Calciolari]

     

    Okuba Kentaro en donne sa lecture qu’il nous a adressée pour publication :

    On le sait, le roman noir est une étagère qui accueille tous les styles, souvent les meilleurs, en tout cas les plus inventifs. Mais jusqu’à la Nuit du Tagueur, de Nathanaël Fox, je n’avais jamais eu l’occasion de rencontrer une telle expérience littéraire de dynamitage des limites. Tout se passe comme si l’auteur avait décidé d’emporter le lecteur au-delà des apparences du quotidien, mais de manière subreptice, sans en faire une démonstration ou une technique. Comme dans les romans étranges de Marcel Aymé, ou bien de Didier Van Cauwelaert, son élève le plus magistral, on saute dans l’irrationnel sans préalable aucun, au détour d’une phrase anodine.

    On pourrait craindre, à lire les lignes précédentes, un obstacle insurmontable qui serait celui de la « prise de tête », mot abominable aujourd’hui, traduisant la haine d’une génération de lecteurs décérébrés vis-à-vis du moindre effort mental. Mais tel n’est pas le cas, tant Nathanaël Fox entend nous promener plutôt que de nous semer dans des doutes hyperboliques. Son style efficace et pur, le tracé en grandes lignes dynamiques de l’histoire, la justesse des personnages, tout cela prouve que l’auteur maîtrise son art, et sait nous entraîner dans une recherche infernale.

    À l’opposé des polars dits intellectuels, laborieusement mis en œuvre par des spécialistes de la linguistique ou de la psychanalyse, qui sont prétextes à une vulgarisation plus ou moins réussie des concepts anthropologiques et des sciences humaines, il n’y a ici ni pédanterie ni forfaiture. Nous sommes bien dans un roman d’investigation dont Fox respecte soigneusement les règles du genre, en partant d’une intrigue minimaliste et logique : Richard Killroy s’inquiète du comportement, et des fréquentations de son fils David. En effet, depuis qu’il a rejoint un groupe de tagueurs, les HMJ, dont l’un des membres a été tué de manière mystérieuse, David s’absente de longues nuits et cultive le mystère. À l’aide d’un improbable commissaire Merle, débonnaire et esthète, et de Gina, son ex-épouse, Killroy part à la recherche de David, sans savoir vraiment où le mènent ses pas.

    Voici le fil conducteur du roman qui concilie presque les trois unités classiques, de temps, de lieu et d’action, mais au lieu de faire passer le courant qui éclaire, ce fil rouge transmet l’énergie explosive qui bouleversera de fonds en comble l’architecture du livre. C’est une finalité assez normale si l’on considère que La nuit du tagueurest un polar surréaliste, au sens premier du terme, tel qu’il fut forgé par André Breton dans son Manifeste. Il s’agit d’une écriture libre, qui reprend les virevoltes de la pensée, sans a priorini barrières, et qui ouvre sur un monde onirique. Un monde sans amour, où les êtres se côtoient, communiquent, mais en utilisant des mots qui les séparent plus qu’ils ne les confortent. Un monde de désillusion, dans lequel Killroy, cet homme qui porte le nom d’un graffiti célèbre pendant la bataille de Normandie, apprend à accepter les limites de son art. Il est peintre, en crise d’inspiration, et il se mesure soudain à l’arrogante vitalité créatrice des jeunes qui ont transformé leur ville en exposition permanente.

    Dans un espace urbain, chargé de messages et de tags, de ruines industrielles et de friches sauvages, l’enquête de Killroy se transforme alors en errance, ou bien si l’on s’élève au-dessus de lui, si on le considère depuis l’espace, si l’on adopte le point de vue héliporté de Clint Eastwood dans le travelling final de ses Dirty Harry, elle prend la forme d’un gribouillis, d’une rature, voire d’une signature. Un texte illisible qui cherche son sens. Pire encore, un sens qui ne se déchiffre pas.

    Voici donc quelques une des questions qui sortent de ce livre comme autant de lapins excités d’un chapeau de magicien. Un livre étonnant et fort qui nous fait dépasser nos propres repères, et nous fait rêver. Car c’est ainsi que vivent les hommes, marquant leur territoire de manière inconsciente, et c’est ce que veut nous faire ressentir l’auteur, dans cette belle réussite romanesque.

    Nathanaël Fox, La nuit du tagueur, Riveneuve Editions, Paris, 2011, 195 p., 15 €


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    Dans nos deux précédentes chroniques, nous avions choisi deux auteures qui ont écrit des thrillers très différents. Elles n’en étaient pas à leur premier polar. Pour diversifier nos lectures, nous venons de lire dans la foulée  « Dérives » écrit par Nathalie Chacornac, auteure varoise d’un premier roman « Paris Bollywood » et de ce premier polar qui relate un enlèvement en donnant le premier rôle à la victime et en confiant l’enquête à un gendarme, ce qui est inhabituel dans le genre. L’intrigue a pour cadre la côte varoise : Saint Cyr sur mer et ses alentours avec la proximité de la cité phocéenne toute proche, même si elle est située dans les Bouches du Rhône. Ce n’est pas le côté balnéaire et touristique qui en fournit les éléments mais la ville provinciale avec sa bourgeoisie friquée et notamment celle issue de la vigne avec ses crus réputés. Catherine, la kidnappée,  est l’unique héritière du domaine « Château de Saint Antonin » (ce village et de bons crus existent dans la Var). Elle a épousé un bel  Italien débrouillard et aventurier, sans doute un amour dû à son penchant romanesque. Le couple a procréé. Son mari Fabio a pris en main les affaires familiales. Catherine a choisi d’abandonner l’œnologie et les affaires  à Fabio. Ses enfants ont grandi. Elle comble ses désillusions familiales en frivolités et mondanités jusqu’au retour de son premier amour…  Elle apparaît alors comme une Eugénie Grandet quadragénaire, héroïne balzacienne qui s'affranchit de tout par amour, tandis que Fabio n'est autre que le stéréotype de l’embourgeoisé qui agit par opportunisme mais qui (Chassez le naturel, il revient au galop !) garde au fond de lui-même une envie de liberté et d’infidélité.

    L’entame du récit est l’enlèvement. Ensuite un flashback présente les principaux personnages avant de revenir à l’enlèvement.  Les chapitres sont des séquences qui semblent avoir suivi un story board avec ses décors et ses dialogues. Le récit  oscille entre différents points de vue dont ceux de la victime et du lieutenant de gendarmerie Antoine Santucci, marié à Sylvie, coiffeuse de cette bourgeoisie provinciale, microcosme propice à la cupidité, la jalousie et la tromperie qui sont souvent les mobiles des crimes. Alors lorsqu’une riche héritière qui a soif d’amour et d’aventure est enlevée, quel est le bon mobile : l’argent, la jalousie,  la haine ?... Qui sont les kidnappeurs ? S’agit-il de membres de la pègre locale? Est-ce un proche, un familier qui a organisé le rapt ? Le gendarme s’interroge sur la nature crapuleuse ou sentimentale de cette affaire. Tous les moyens sont mis en œuvre sans succès pour localiser la victime pourtant toute proche. Est-elle vraiment en danger ? Elle donne au lecteur régulièrement des signes de vie dont celui, inquiétant, envoyé par son kidnappeur qui l’appelle « La Baronne »… peut-être en souvenir  de  la vieille affaire du Baron Empain qui a défrayé la chronique judiciaire en 1978.

    Nathalie Chacornac soigne ses personnages par des détails familiers qui, notamment en ce qui concerne Catherine,  ne manqueront pas de provoquer quelque empathie. Son premier roman policier sort  des sentiers battus tout en offrant une écriture plaisante, donc une lecture agréable et distrayante. Si le ton est léger, ce polar est aussi une vision réaliste de cette bourgeoisie provinciale qui a l’argent facile et tue l’ennui par quelques frasques. L’auteure l’oppose au peuple des quartiers pauvres où l’on peut trouver des hommes de main. De part et d’ autre, tous les personnages ne sont pas tout à fait mauvais. On ne tombe pas dans le manichéisme même si  le mal reste l’argent qui entretient la fracture sociale. Nous ne dévoilerons ni mobile ni la fin de cet enlèvement au bord de la Méditerranée, sous le soleil exactement. Pas à côté, pas n'importe où. Sous le soleil, sous le soleil. Exactement juste en dessous… La chaleur, un vignoble, un mari volage, une femme romanesque,  une fille qui se drogue, un fils qui découvre son homosexualité, des amis endettés jusqu’au cou, un gendarme harcelé par la presse et sa hiérarchie, une belle secrétaire, son demi-frère énigmatique, un jeune paumé sorti de prison…. La topologie du crime est un lieu où tout ce monde se connaît et s’épie.



    Découvrez Rencontre avec l'auteur de polars Nathalie Chacornac sur Culturebox !

     

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    Entretien avec Nathalie Chacornac :

    Tout d’abord, s’agissant d’un premier polar, cette écriture t’a-t-elle occasionné des satisfactions et des difficultés? Est-ce différent de ta première expérience littéraire avec « Paris Bollywood » ?

    Réponse :

    J’ai choisi d’écrire un roman noir parce que ce genre me semble être un espace de liberté totale : on peut être saignant, accusateur, diabolique… mais aussi sensible ou drôle ! J’étais donc comblée car je n’aime pas me sentir enfermée dans une catégorie. La difficulté réside dans la structure du roman : la trame doit être minutieusement préparée pour que tout soit cohérent. 

    C’était une expérience très différente de Paris Bollywood, qui a été pour moi un roman initiatique, avec l’aspect plus ou moins autobiographique d’un premier roman…

    Ton roman n’a pas une structure linéaire. Les chapitres sont des séquences comme dans un feuilleton. Est-ce que tu rédiges d’abord une sorte de story board que tu suis ou ne suis pas ?

    Réponse :

    Je commence par rédiger une trame très précise, chapitre par chapitre. Je dessine également le portrait physique et psychologique de mes personnages. Mais lorsque ces derniers prennent vie, ils m’entraînent parfois dans des directions que je n’avais pas envisagées au départ. Le côté « cinématographique » de DÉRIVES vient du fait que mon imagination est très visuelle : je vois le « film » du roman se dérouler sous mes yeux. Le découpage en séquence permet également de maintenir un rythme soutenu, d’éviter les temps morts.

    Qu’est-ce qui est le plus important pour toi dans un polar : le lieu, les personnages, l’intrigue ou les anecdotes ?

    Réponse :

    Le message. Ça passe bien sûr par la psychologie des personnages et par l’intrigue, mais l’objectif d’un polar me semble être de dénoncer les disfonctionnements de notre société.

    Ton roman se situe à Saint Cyr sur Mer. Pourquoi avoir choisi ce lieu (sans mettre en avant son côté « station balnéaire ») plutôt qu’une grande ville ?

    Réponse :

    Au départ, j’ai choisi Saint Cyr parce que c’est un lieu que je connais bien. Mais cela aurait pu être n’importe quelle petite ville de province. Le but était de mettre en lumière les travers de la bourgeoisie provinciale, un peu à la manière d’un film de Chabrol.

     

    Saint Cyr sur mer est en zone gendarmesque, donc les enquêteurs sont des gendarmes, ce qui n’est pas fréquent dans la littérature noire et policière même si un feuilleton télévisé met en scène une gendarme en chef. Ce choix est-il dû uniquement à la compétence territoriale ou bien as-tu voulu sortir des héros habituels que sont les policiers, les détectives et les journalistes?

    Réponse :

    J’ai clairement eu envie de sortir des héros récurrents du polar. Finalement, le véritable héros de DÉRIVES, c’est la victime : tout tourne autour d’elle. Dans mon prochain roman, c’est encore pire : ni gendarme, ni policier, le jeune homme qui mène l’enquête est jardinier.

    La topographie et la topologie de « Dérives » fait-il de ce roman un polar régional ?

    Réponse :

    Oui… mais non ! Comme je le disais tout à l’heure, l’intrigue pourrait se dérouler presque n’importe où. Le message d’un roman ne connaît pas les frontières.

    Ton héroïne m’est apparue comme une Eugénie Grandet déçue qui se réveille après plusieurs années de mariage. Son couple et ses enfants  me semblent, par certains détails, correspondre à un schéma répandu dans la bourgeoisie provinciale : le mari volage, la fille et le fils trop gâtés et, tous les deux à leur façon, en crise d’adolescence. Comme la Mathilde de ton roman « Paris Bollywood », elle trouve sa vie monotone. La décision de sortir de ce confort débilitant en héroïne romanesque (décision antérieure au rapt) explique-t-elle finalement son sang-froid pendant sa séquestration?  Peut-on parler à son sujet de syndrome de Stockholm ?

    Réponse :

    C’est une bonne analyse. Au début du roman, Catherine Cavalli s’est effectivement « réveillée » (enfin !) et décide de prendre sa vie en main. C’est pourquoi elle fait face à la situation avec lucidité et sang-froid.

    Certes, Catherine développe une certaine empathie envers Lucas, l’un de ses ravisseurs, mais ce dernier n’est qu’un pion. En revanche, elle déteste cordialement Mickey, l’autre ravisseur, le vrai « méchant ». On ne peut donc pas vraiment parler de syndrome de Stockholm.

    Pour revenir à l’héroïne de ton premier roman « Paris Bollywood » et à Catherine de « Dérives », le refus de la  monotonie semble le lien entre ces deux personnages. Le relever est-ce une indiscrétion envers l’auteure ?

    Réponse :

    Oui, mais j’assume ! Ces deux romans sont très différents, mais ils racontent tous deux la vie d’une femme qui était prisonnière de son milieu et qui décide de s’en affranchir. On a longtemps voulu me mettre dans un moule, et j’ai tout d’abord essayé de m’y conformer, comme une enfant sage. Mais c’est terminé !

    La couverture est signée par Jean-Claude Claeys, illustrateur renommé de romans noirs. Catherine de la première page est-elle conforme à l’héroïne de Dérives?

    Réponse :

    C’est une très belle couverture : bravo et merci à Monsieur Claeys. Il a laissé libre cours à son imagination. Quant à moi, j’imaginais une femme tout aussi belle, mais plus âgée !

    Parmi les personnages noirs, Lucas porte seul l’espérance en la nature humaine. Penses-tu que la prison soit l’école du crime qui contrarie toujours la réinsertion sociale des jeunes semblables à  Lucas?

    Réponse :

    La prison telle qu’elle existe à l’heure actuelle n’est pas une réponse adaptée aux problèmes de notre société, bien au contraire. Les gens y sont jetés sans distinction, les petites frappes côtoient les vrais bandits, ces derniers y font la loi, enfin LEUR loi. Cela favorise l’expansion du crime et de la violence. Sans parler de l’absence de politique de réinsertion sociale.

    Tu as choisi un lieutenant de gendarmerie dont l’identité trahit son origine corse. Bien que sa corsité n’ait aucune importance dans ton roman, pourquoi un Corse ?

    Réponse :

    Dès le début de l’histoire, je voulais que le lecteur ressente de l’empathie envers le lieutenant Antoine Santucci. J’ai donc créé un personnage à l’allure bonhomme, un peu rond, un peu grognon, qui possède quelques tics… Tout cela le rend sympathique. J’ai choisi un Corse parce que je trouvais que cela le rendrait encore plus sympa… (Voilà, ça y est, maintenant tout le monde sait que je trouve les Corses sympas !)

    De façon générale, comment profiles-tu tes personnages ? Tu peux prendre des exemples…

    Réponse :

    Je rédige des fiches très détaillées pour chacun des personnages. Cela va de la date de naissance à la couleur des yeux, je m’attarde également sur le contexte familial, le caractère, la façon de s’exprimer, les goûts (vestimentaires, culinaires…) Je n’utilise en général que la moitié de ces informations dans le roman, mais j’ai besoin de ça pour visualiser les personnages dans ma tête et ensuite les faire vivre sur le papier.

     « Moins vous êtes, plus vous avez... Ainsi, toutes les passions et toutes les activités sont englouties dans la cupidité . » Est-ce que cette citation de Karl Marx pourrait annoncer en dédicace l’intrigue de ton roman « Dérives » ?

    Réponse :

    Avoir ou Être… Oui, je suis tout à fait d’accord. J’avais également pensé à une citation qui illustre une autre facette du roman : « Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage » (Périclès)

    Une originalité de « Dérives » est la mise en avant du point de vue de la victime. Par ailleurs on y trouve une satire sociale de la bourgeoisie provinciale en opposition aux quartiers pauvres. A ton  avis, ton premier polar est-il un roman social traité à la façon d’un roman policier ou un roman policier s’attardant sur la  psychologique des personnages? 

    Réponse :

    DÉRIVES est un peu le contraire du « Canada Dry » : de prime abord, il semble doux et sucré : inoffensif. Mais lorsqu’on le goûte, il révèle des saveurs fortes... destinées à faire réfléchir le lecteur. C’est selon moi un roman social « déguisé » en roman policier classique.

    Tu tisses des intrigues amoureuses qui alimentent l’imaginaire de la lectrice de plus de quarante ans. Le sujet du roman n’est-il pas aussi « les feux de l’amour »?

    Réponse :

    Je pensais plutôt à « Dallas » (et son univers impitoya-a-a-ble…) En fait, je crois que je prends un malin plaisir à mélanger les genres. Pourquoi se cantonner à un seul genre  alors que tout co-existe dans la vraie vie ? L’amour et la haine, la violence et la douceur, le sexe, la passion, l’amitié… Je veux pouvoir aborder tous les sujets.

    Nous ne dévoilerons pas la fin mais elle nous est apparue à la fois noire dans sa chute et romanesque dans son épilogue elliptique. C’est une fin qui me semble conforme à l’atmosphère de ton opus qui traite de façon légère (par ses intrigues amoureuses) une histoire noire. Doit-on penser que tu es une auteure  pessimiste optimiste qui scrute l’âme humaine avec une pensée plutôt positive?

    Réponse :

    Pour être tout à fait honnête, je suis assez pessimiste sur l’avenir de l’humanité : certes, l’homme n’est pas forcément « mauvais » au départ, mais la société actuelle contribue largement à le corrompre. Si on continue comme ça, on fonce droit dans le mur. Mais il y a aussi de très belles choses sur terre, alors pourquoi ne pas profiter de la vie ? Tu as bien résumé mon état d’esprit : je suis une pessimiste positive !

    J’ai lu que tu es diplômée en management. Sans révéler la chute de ton roman, en tant qu’auteure, conseillerais-tu la méthode Coué aux victimes pour sortir d’un kidnapping ?

    Réponse :

    Surtout pas ! Il faut se battre et être à l’affût des failles de l’adversaire pour le faire tomber. Les personnes victimes d’enlèvement devraient toutes avoir la phrase de Thucydide en tête :  « Il faut choisir : être libre ou se reposer. »

    Tu es une lectrice de polars et  tu as été libraire. En dehors d’Agatha, de façon non exhaustive, quelles sont les lectures qui t’ont donné l’envie d’écrire des polars ?

    Réponse :

    Je suis très éclectique dans mes lectures. J’admire la maîtrise technique des auteurs de romans policiers américains, comme Stephen King, Dennis Lehane ou Elizabeth George. En revanche, je trouve que la dimension sociale est rarement abordée. Pour cela, rien ne vaut un bon polar français… Mais ne compte pas sur moi pour citer des noms ! Il y a beaucoup d’auteurs talentueux en France. Pour ce qui est du style, je préfère les auteurs qui manient l’humour, voire l’auto dérision : je reste par exemple toujours scotchée par l’écriture de René Belletto.

    Est-ce que ton troisième opus est en cours d’écriture ? Un roman ou un polar ?

    Réponse :

    Oui, je suis en train d’écrire un troisième roman, mais dans quelle catégorie le classer ? Je n’aime pas beaucoup les étiquettes. Il y a des cadavres, mais ni policier, ni gendarme. Alors disons que ce sera un « roman noir », dans lequel j’aborde plusieurs thèmes : les relations filiales, la manipulation mentale, la soif de pouvoir et la cupidité des hommes.

    Quelles sont tes prochaines dédicaces ?

    Réponse :

    Beaucoup de dédicaces sont prévues jusqu’à la fin de l’année (dates sur la page Facebook de DÉRIVES). Je serai notamment au salon des Écrivains de Provence de Fuveau le 3 septembre et aux Terrasses du Polar de Marseille les 24 et 25 septembre.

    Au plaisir de s’y rencontrer !

    Agenda de Nathalie :

    22eSalon des Ecrivains en Provence, Fuveau (13)  samedi 3 septembre

    Librairie Thieblemont, La Destrousse (13)  samedi 10 septembre

    Histoire de l’œil, Marseille (13)   samedi 17 septembre

    Les Terrasses du Polar, Marseille et Septèmes (13)  24-25 septembre

    Château de l’Aumérade, Pierrefeu (83)  samedi 1er octobre

    Librairie Fontange, Marseille (13)  samedi 8 octobre

    Salon du livre, Noves (84)  15-16 octobre

    Salon du livre, La Destrousse (13)  samedi 26 novembre

     


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  • Libri Aperti in Capicorsu

    LURI

    (Cunfraternità)

    Vendredi 19 août 2011

     

    15h-17h: Rencontre auteurs lecteurs,

    Vente de livres et dédicaces

    17-18h: Présentation de la démarche de l'Operata Culturale.

    Débat : un second souffle pour le riacquistu ?

    18h-19h: Lecture de poèmes par les auteurs présents à partir de l'ouvrage collectif "Pierres anonymes" ou de leur œuvre. Accompagnement musical au violon : Sylvie Biaggioni.

    Expositions

    - LE GOUVERNEMENT  affichera en plusieurs points de la commune de Luri.

    - Photos : Marie-Claude Cervoni

     

    19h-20h: vin d'honneur

     

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    operata%20culturale%20icone

    Présentation à Luri le 19 août 2011 Pierres anonymes – Petre senza nome

    A l’initiative de l’Operata  culturale, 32 auteurs se sont prêtés au jeu du cadavre exquis auquel les surréalistes ont donné ses lettres de noblesse. Résultat aussi surprenant qu’inattendu, où les voix en français ou en corse se fondent les unes dans les autres, au point de confondre le lecteur. Et pourtant, suivant la règle du jeu, nul n’avait connaissance de ce qu’avait écrit l’autre, à l’exception des deux derniers vers, sur lesquels il devait enchaîner son propre poème, et ainsi de suite pour chacun. Ce poème collectif achevé, il a été édité en 2010 par A Fior di Carta et a été présenté officiellement au Printemps des Poètes 2011.Pour cette nouvelle rencontre du 19 août à Luri, la lecture en sera faite par Béatrice Castoriano, Elisabeth Dominici, Franck Dzikowski, Jacques Filippi, Jean-Claude Gassmann, Ivia Medori, Cécile Trojani…avec la complicité musicale deSylvie Biaggioni.

    Comment est né le mouvement « OPERATA CULTURALE ».

    Un soir de l’été 2009, animés par l’enthousiasmante volonté de favoriser la promotion de la littérature corse, nous, écrivains et artistes, nous nous sommes rassemblés, à Luri, pour en débattre, et, par delà nos expressions et voix singulières, unir nos énergies dans un combat commun sous le signe emblématique de la si bien nommée in lingua nustrale : « Operata culturale ». Un Manifeste a concrétisé notre ardent appel à une littérature inspirée par l’esprit du Lieu et ouverte sur le monde. L’Autre, Ici comme Ailleurs, est notre désir. Refusant la tentation mortifère d’un régionalisme dépassé, les clichés d’une production folklorisante imposée par la tyrannie d’un marché qui, hier comme aujourd’hui, stérilise la véritable création, nous incitons les écrivains et les artistes à libérer les forces vivifiantes de leur imaginaire.

    Le recueil que nous offrons à nos lecteurs veut témoigner de cette ambition. Il se présente comme le blason paradoxal et poétique d’une démarche révolutionnaire, illustrée par un jeu auquel les surréalistes ont donné ses lettres de noblesse : Le cadavre exquis. Au-delà de son aspect ludique, cet exercice se révèle hautement spirituel. Chaque voix originale se fond dans une symphonie. De cette nébuleuse, scintillante sous ses masques, sourd un monde authentique.

    Il y a les moments du doute et le temps de la résurrection. Les surréalistes s’opposaient au primat oppressif d’une raison totalitaire. Nous crions, nous chantons contre toutes les oppressions. La culture que l’on a voulu momifier se délivre de ses bandelettes. Le cadavre se dresse, arrache son bâillon pour dire les secrets scellés dans la pierre. Ce thème n’est pas innocent : Le poème-symbole, comme une fronde, lance ses pierres, non pour une lapidation, mais pour marquer les lieux de notre mémoire, y graver notre rêve de liberté. Comme dans la fable, cailloux et galets tracent le chemin.

     

    Ce texte est extrait de la préface de Marie-Jean Vinciguerra pour le recueil "Pierres anonymes"

     


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