• Jours tranquilles à AlgerAdlène Meddi était venu en Corse à l’occasion du 4ème Festival de polar corse et méditerranéen. Il y avait  présenté, en juillet 2010, son excellent roman « La Prière du Maure » (édité chez Jigal).

    La Prière du Maure est un récit au style incisif, avec son « départ dans l’affection et le bruit neufs »  selon l’expression rimbaldienne des « Illuminations ». Sans discours consensuel, l’écriture a du souffle et ne sombre jamais dans un continuum Jours tranquilles à Algergrammatical et psychologique ; elle s’échappe dans la poésie noire qui surgit et donne une vision onirique de la ville qui révèle sa nature sauvage, débridée, mystérieuse. Fermez les yeux sur Alger avec ses escaliers fleuris et ses lampions ! Une écriture volontiers poétique, sinon apocalyptique… écrivait Joël Jegouzo dans sa chronique du site K-Libre… Il ajoutait : « Un texte d'une audace immense, écrit par un journaliste – enfin un vrai journaliste d'investigation - servi par une plume pertinente et courageuse. Un journaliste livrant une œuvre littéraire ambitieuse tant sur le plan du fond que de la forme... Un événement. Un roman stupéfiant, d'une intensité inouïe. » 

    Jours tranquilles à AlgerAlger est le «personnage principal» d’un nouvel opus écrit à deux  par Adlène Meddi et Mélanie Matarese,  journalistes dans la capitale algérienne  qui n’est plus Alger la Blanche  et plus Alger la Noire lorsqu’on lit « Jours tranquilles à Alger » (aux éditions Riveneuve). Adlène Meddi et Mélanie Matarese nous livrent un « double je », masculin et féminin, algérien de naissance et algérienne de cœur, jeu subtil de deux visions contemporaines d’une ville mal connue et qui condense toute l’histoire de cette contemporanéité avec un passé tragique et un horizon incertain fait de défis. Alger la blanche n’est qu’une nostalgie.

    La ville n’est plus aussi celle des années noires du journalisme algérien décrites par Brahim Hadj Slimane, celle du traumatisme de la guerre civile des années 1990. Brahim Hadj Slimane avait refusé l’exil de l’intelligentsia algérienne et choisi de rester malgré les événements. Son livre parle du traumatisme de la guerre civile et de la violence multiforme des effets du libéralisme sauvage durant cette même décennie. Adlène Meddi et Mélanie Malatese s’inscrivent dans le présent précurseur d’un avenir qu’ils ont choisi de vivre en Algérie. Leurs textes courts sont datés de 2007 à nos jours. Si certaines chroniques nous parlent des traumas du peuple algérien, les auteurs ne tombent jamais dans le pathos. Nous sommes dans les années Bouteflika et les deux témoins, privilégiés par leur profession commune, racontent l’actualité algéroise et algérienne dans une série de chroniques riches en anecdotes, en personnages rencontrés et en descriptions bien écrites.

    Adlène et Mélanie sont des littéraires et leurs récits sont servis par des styles d’écriture qui ne laissent pas indifférents le lecteur. L’ensemble est cohérent. Il s’agit tout à la fois d’une œuvre journalistique et littéraire qui se lit comme un roman. La quatrième page de couverture décrit bien cet ouvrage : « Au jour le jour, ils retracent heures sombres et moments de grâce, et surtout leur tendresse pour cette nation jeune, riche d’histoire et, finalement, si méconnue ». De rencontres en aventures, ils nous promènent dans cette Algérie « fascinante comme une planète », ainsi perçue par Kamel Daoud qui a rédigé la préface et ajoute : « Elle manque d’exotisme mais pas de secrets, elle n’a pas de mystères mais des étrangetés, elle n’est pas un orient mais elle n’est pas un occident ». C’est vrai : Alger est un roman !

    Adlène et Mélanie nous servent de guides dans une cartographie journalière pour nous montrer l’essentiel qui n’est pas évident sous nos yeux, pour nous conduire dans un labyrinthe et faire surgir le réel de l’apparence. La vérité est dans l’ombre. D’Alger, nous faisons des incursions dans différents lieux : Tikdjda, Rélizane, Oran, Bou Saâda, Constantine, Annaba (d’où partent les harraga pour la Sardaigne), Tébessa ,  en descendant vers le sud, Ghardaïa, Ouargla, In Salah, Bord Badji Mokhtar, enfin Tamanrasset.  Ne vous y trompez pas, c’est le roman de deux humanistes qui s’interrogent aussi sur le passé et l’avenir de l’Algérie. A ce propos, nous citerons encore Kamel Daoud : « Alger est donc ce roman sous forme de plusieurs textes, dialogues, descriptions. L’intrigue y est celle : « Qui a tué ce pays ? ». On y a le cadavre, les présumés coupables, les témoins éparpillés, le verbe et le doute. Sous le soleil,  entre une plage et un désert ». 

    « Jours tranquilles à Alger » ! Le titre pourrait être un clin d’œil au roman d’Henry Miller « Jours tranquilles à Clichy » mais vous n’y trouverez pas de scènes de sexe. On peut toutefois faire un petit rapprochement avec la première chronique « De l’autre côté de la nuit » en évoquant un Alger « qui promettait à tous ceux qui ne veulent pas dormir de passer de l’autre côté de la nuit », capitale semblable au Paris de Miller, un peu glauque dans les années 1930, sa foule de gens souvent étranges et ses femmes renversantes! Les promenades à pied, la fréquentation des cafés parisiens, mais aussi des gargotes sans noms de Clichy, d'Aubervilliers et de certaines banlieues du nord de Paris.  

    Chaque texte court de « Jours tranquille à Alger » porte un titre, parfois en clin d’œil. L’ouvrage contient les sédiments d’un pays qui se construit malgré les conservatismes politiques et économiques. Le plus grand défi est la sortie de la rente des hydrocarbures pour développer des savoir-faire et relancer les activités agro-pastorales.  Le dernier texte est d’Adlène Meddi. Il s’agit d’un rêve qui le projette en 2062 dans une vision utopique de l’Algérie à laquelle il aspire : une Algérie florissante, une identité algérienne ouverte sur le monde. La conclusion d’abord allégorique s’avère remplie de doute et commence par cette phrase « Si seulement scruter l’horizon pouvait apporter des réponses pour l’avenir ». Alors à Adlène Meddi et Mélanie Matarese, nous répétons ce qu’Albert Jacquart avait écrit : « Une utopie qui se borne à décrire un rêve irréalisable est plus néfaste qu'utile ; le fossé entre le réel vécu dans l'instant et le souhaitable imaginé pour plus tard apparaît définitivement infranchissable. Tous les abandons sont alors justifiés, tous les projets se heurtent à la lâcheté des À quoi bon ?. Elle peut être au contraire un facteur de renouveau, être à l'origine d'une dynamique, si elle est reçue en suscitant un Pourquoi pas ? »

    Oscar Wilde avait raison : « Une carte du monde sur laquelle ne figure pas le pays d'Utopie ne mérite pas le moindre coup d'œil ». L’Algérie mérite un coup d’œil sur les « Jours tranquilles à Alger », un ouvrage humaniste qui offre deux regards et un discours neuf contre les poncifs et les préjugés. Il ouvre aussi une espérance, un autre choix possible que l’émigration ou la misère,  pour ce peuple que l’Histoire n’a pas épargné.

     

     

    jpC  


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    Les éditions Nouvelles Lectures ont fait leur entrée dans le monde numérique qui renouvelle la conception de la littérature. L’éditeur vous propose « une petite piste dans la jungle du numérique ». Plusieurs journalistes ont déjà salué ses ambitions et sa ligne éditoriale, notamment avec la création de la collection Duetto inaugurée par une parution exceptionnelle : Marguerite Duras racontée sous la plume de Patrick Grainville, écrivain célèbre et célébré, professeur agrégé de Lettres,  critique littéraire, membre du jury du prix Médicis. Il a reçu en 2012 le Grand prix de littérature Paul-Morand décerné par l’Académie française pour l'ensemble de son œuvre. En 1976 il avait reçu le prix Goncourt pour son roman Les Flamboyants.

    Dominique Guiou, longtemps rédacteur en chef du Figaro littéraire, veut promouvoir des auteurs et des thématiques. Il est le créateur de cette édition et le concepteur la collection Duetto dont l’originalité réside dans la demande faite aux auteurs de se livrer à un double « Je » avec une figure de la littérature ou des arts. Nombreux sont les auteurs qui se sont déjà pris au jeu de l’écriture d’un court récit très personnel sur d’autres personnalités du monde culturel. Aussi, la collection vient de s'enrichir avec la sortie printanière de plusieurs ouvrages. Cette fournée annonce la multiplication des bons pains littéraires à déguster. Au menu, cinq ouvrages Duetto :

    Jean-Paul Ceccaldi : Jean-Paul Sartre

    Jean Chalon : Colette

    Françoise Dargent : Jules Verne

    Philippe Lacoche : Roger Vailland

    Myriam Thibault : Françoise Sagan.

    Dominique Guiou commente la collection Duetto en ces termes : « La littérature peut offrir une grande proximité, une vraie complicité avec un auteur. Qu’il s’agisse d’un « classique», d’un maître disparu depuis longtemps, ou d’un contemporain bien vivant. La collection Duetto invite écrivains et critiques à évoquer leur grande passion littéraire, à parler de ces auteurs qui les accompagnent pendant des années dans une relation profonde et stimulante. Chaque livre de la collection Duetto propose une approche vivante et brève des auteurs choisis, où la priorité est donnée aux souvenirs et aux moments d’émotion. Il s’agit de restituer dans leur vérité, par une approche personnelle et subjective, les grands écrivains d’hier et d’aujourd’hui ».

    Après Marguerite Duras, arrivent Jean-Paul Sartre, Colette, Jules Vernes, Roger Vailland et Françoise Sagan.

     

    Jean Chalon a voué sa vie à la littérature. Cet aimable et subtil lettré a déjà publié un bon nombre de biographies de personnages féminins dont Colette qu’il considère comme sa « deuxième mère ». Il s’agit même d’une addiction puisqu’il explique : « Je me vois toujours en train de lire un livre de Colette. C’est ma drogue dont je prends, chaque matin, une dose en ouvrant, au hasard, un volume des œuvres complètes de mon idole qui m’a aussi servi de guide pour explorer Lesbos ». Jean Chalon aime aussi la nature et peut s’éprendre d’une rose. Il s’est même questionné : « Peut-on tomber amoureux d'une rose ? Oui ! Sinon, à quoi servirait que fleurissent les roses en été ? ».

    A rebours, cela nous amène à Jean-Paul Ceccaldi, auteur du polar « La rose est sans pourquoi », publié aux Editions Nouvelles Lectures, où il  apparaît aussi dans la collection Duetto, avec Jean-Paul Sartre. L’auteur de polar nous dit : «  Dans La Nausée », je me suis intéressé aux hommes, lorsqu’ils jouent les imbéciles ou les salauds. Pour moi, le Roquentin et l’Erostrate de Sartre côtoient Maigret et Gabriel Lecouvreur alias « Le Poulpe ». Au cours d’une conversation avec l’Autodidacte, Roquentin est soudainement frappé par la réalité d’un couteau à dessert; je serais tenté d’imaginer une suite tragique bien différente de celle philosophique donnée par Sartre. Pourquoi Roquentin n’endosserait-il pas les habits d’un assassin ? » Sartre était un lecteur de polar, considéré comme un roman social. Il  avait  aussi pour héros Pardaillan, inventé par Michel Zevaco (1860-1928), écrivain d’origine corse dont on peut considérer qu’il a écrit des romans sociaux de cape et d’épée.

    Un autre héros du jeune lecteur Jean-Paul Sartre était Michel Strogoff et,  lorsque l’on cite « Les Mots », on pense à la bibliothèque du Grand-père de Jean-Paul Sartre qui a, sans doute, rêvé de la bibliothèque de capitaine Nemo, personnage inventé, comme Strogoff, par Jules Vernes, évoqué, dans la collection Duetto,  par Françoise Dargent, journaliste, critique littéraire et écrivaine. Elle a expliqué à Dominique Guiou son admiration, intact, pour Jules Verne : « Nos rêves d’enfance découle tout le reste. Et Jules Verne m’a imposé sa manière : de l’ambition et pas de frontières. Il est celui qui fait cavaler l’imagination. Il la débride. Il la ventile. Il la disperse aux quatre coins du monde et au-delà. Les voyages extraordinaires, un thème inépuisable associé à un adjectif jamais galvaudé chez lui… On ne quitte jamais Jules Verne. On lui reste fidèle ».

    Quant à Roger Vailland, qui avait du panache comme Pardaillan et dont Philippe Lacoche se sent proche, il n’a pas fait le tour du monde en quatre-vingts jours mais fut grand reporter et correspondant de guerre, un aventurier comme Strogoff. Son ouvrage « un jeune homme seul » et son engagement politique de jeunesse le rapprochent de Sartre… Interviewé par Nicolas Giorgi le 22 février 2013 sur sa proximité avec Roger Vailland, Philippe Lacoche répondait : « Je me sens proche de Roger Vailland c'est vrai. Nous sommes d'ailleurs quelques-uns en France, qui avons en commun cette détestation de l'argent, des pouvoirs affairistes, d'une certaine manière de frilosité bourgeoise, et qui avons cette sorte de panache aristocratique, qui peut être de gauche, et qui me plaît beaucoup ». Avec Roger Vailland, écrivain engagé surnommé le « hussard rouge » ou le « hussard marxiste », on peut revenir à Sartre, bien qu’ils soient quelques uns à se sentir proche de lui en France.

    De Sartre à Françoise Sagan, la liaison est plus réelle lorsque l’on revient sur la lettre d’amour écrite en 1979 par la romancière au philosophe, dans les derniers moments de son existence, alors qu'il devenait aveugle. Elle s’adresse à lui en ces termes : Cher Monsieur, Je vous dis "cher Monsieur" en pensant à l'interprétation enfantine de ce mot dans le dictionnaire: "un homme quel qu'il soit". Je ne vais pas vous dire "Cher Jean-Paul Sartre", c'est trop journalistique, ni "Cher Maître", c'est tout ce que vous détestez, ni "Cher Confrère", c'est trop écrasant. Il y a des années que je voulais vous écrire cette lettre, presque trente ans, en fait, depuis que j'ai commencé à vous lire, et dix ans ou douze ans surtout, depuis que l'admiration à force de ridicule est devenue assez rare pour que l'on se félicite presque du ridicule. Peut-être moi-même ai-je assez vieilli ou assez rajeuni pour me moquer aujourd'hui de ce ridicule dont vous ne vous êtes, toujours superbement, jamais soucié vous-même. Seulement, je voulais que vous receviez cette lettre le 21 juin, jour faste pour la France qui vit naître, à quelques lustres d'intervalle, vous, moi, et plus récemment Platini, trois excellentes personnes portées en triomphe ou piétinées sauvagement - vous et moi uniquement au figuré, Dieu merci - pour des excès d'honneur ou des indignités qu'elles ne s'expliquent pas. Mais les étés sont courts, agités et se fanent. J'ai fini par renoncer à cette ode d'anniversaire, et pourtant il fallait bien que je vous dise ce que je vais vous dire et qui justifie ce titre sentimental. En 1950, donc, j'ai commencé à tout lire, et depuis, Dieu ou la littérature savent combien j'ai aimé ou admiré d'écrivains, notamment parmi les écrivains vivants, de France ou d'ailleurs. Depuis, j'en ai connu certains, j'ai suivi la carrière des autres aussi, et s'il en reste encore beaucoup que j'admire en tant qu'écrivains, vous êtes bien le seul que je continue à admirer en tant qu'homme... » Nous nous arrêtons là mais la lettre est longue. Elle a été publiée dans le quotidien Le Matin et dans la revue L’Egoïste. Un extrait de cette lettre a paru sous le titre “Sartre est né le 21 juin 1905, moi le 21 juin 1935”. Vous pouvez la lire en entier en cliquant ICI.

    Après lui avoir déclaré son admiration, Sagan a beaucoup fréquenté Sartre. Ils déjeunaient en tête à tête; elle lui coupait sa viande, car il devenait aveugle. Elle s’en est expliquée : “J’aimais le tenir par la main et qu’il me tînt par l’esprit. J’aimais faire ce qu’il me disait, je me fichais de ses maladresses d’aveugle, j’admirais qu’il ait pu survivre à la littérature.”

    Sans aucun doute, Françoise Sagan aurait pu écrire un Duetto sur Jean-Paul Sartre et sa lettre est conforme à l’esprit de la collection. Elle n’est plus là pour le faire et c’est elle qui sera l’héroïne du double « je » avec Myriam Thibault, écrivaine. Myriam Thibault  l’annonce sur son carnet numérique : « … Je m’imprègne de l’œuvre de Françoise Sagan, avant d’écrire ce texte qu’une nouvelle maison d’édition numérique, Nouvelles lectures, me propose d’écrire. Je relis Bonjour tristesse. Je relis Château en Suède. Je relis tous ces romans que j’aime, et lis tous ceux dont seuls les titres m’étaient connus jusqu’à présent. Les idées viennent, les premières phrases se posent sur les pages blanches de ce carnet que je traîne partout. »

    Au-delà des liens que l’on peut tisser entre des personnalités du monde littéraire, la collection Duetto rassemble des ouvrages courts (l’équivalent de 15 à 20 feuillets, soit la longueur d’un article de revue) et très bon marché, qui sont des exercices d’admiration, des hommages d’écrivains à d’autres écrivains. C’est encore la démonstration que la lecture et l’écriture sont consubstantielles.

    En tous lieux,  Vous lirez les Duetto sur tous vos écrans : votre smartphone, votre tablette ou votre liseuse. Dans le métro, à la terrasse d’un café, dans une salle d’attente… Chez vous, le soir, si vous en avez marre des séries télé. Et même sur les plages, cet été, pour épater les baigneurs.

    Ne vous privez pas d’un Duetto à 1,99€. Vous allez peut-être découvrir un écrivain qui vous fera voir le monde différemment. Ça sert à ça la littérature, ça doit bousculer, ça doit bouleverser. Changer de vie en trente minutes et pour moins de deux euros, qui dit mieux ?

    Les éditions Nouvelles Lectures, selon Dominique Guiou, vont multiplier les collections en permettant notamment de proposer en format numérique des textes confiés par des écrivains et journalistes, ainsi que des auteurs débutants. Il envisage aussi d’éditer des textes du domaine public pour leur donner une nouvelle vie, ou de rééditer des textes oubliés d’auteurs vivants. Ainsi, l’un de ces premiers textes est une nouvelle de Jean Giraudoux, « La Grande Bourgeoise ». Une rareté.

    Dans les formats plus longs au petit prix de 3,99 € et sans DRM, trois romans sont déjà en ligne :

    Dolorès et les filigranes, Gilberte Declarth

    La rose est sans pourquoi, Jean-Paul Ceccaldi

    D’une femme inconnue, Patrice Haffner

    Pour en savoir plus, vous pouvez visiter le blog des Editions Nouvelles Lectures et y naviguer en quelques clics. Il suffit de cliquer ICI.


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  • YEREVAN 2010 438Dans sa collection « L’âme des peuples », les éditions Névicata ont fait le bon choix avec Tigrane Yégovian qui a écrit « Arménie, à l’ombre de la montagne sacrée », entendez l’Ararat, ô combien symbolique du peuple arménien !  Il existe un en-de-ça et un au-delà du Mont Ararat, un occident et un orient arméniens,  un avant et un après le génocide. L’Ararat est le lieu biblique  où Noé débarqua et repeupla la Terre.

    Le titre de la collection et sa ligne éditoriale définissent le travail d’écriture réalisé par les auteurs. Tigrane Yégavian fait partie de la troisième génération de la diaspora arménienne. Versé dans le journalisme  et l’écriture, ce jeune intellectuel diplômé se promène partout où il rencontre cette âme arménienne devenue une fractale dont le centre reste l’Ararat et la petite république issue de l’URSS, cette Arménie orientale qui ne représente plus que le dixième de la grande Arménie historique. Il s’inscrit dans sa généalogie. Son père est né à Alep (Syrie), sa mère en Belgique et lui-même à Paris. Il a grandi à Lisbonne. Il est représentatif d’une diaspora « qui a essaimé au quatre coins du monde, dans la foulée du génocide de 1915 ».

    Yemen, Paris, les Arménies, les Ibéries, les Levants… C’est la configuration géographique et spatiale de la sélection des poèmes rassemblés par Tigrane Yegovian  dans son précédent recueil « Insolations ». Aden, Paris, Lisbonne, Ankara, Alep… y sont des étapes d’un voyage poétique fait de confidences, de sensations et d’émotions dans une langue musicale qui va parfois jusqu’à l’incantation avec des images fortes, fulgurantes.

    Mais, dans son ouvrage « Arménie, A l’ombre de la montagne sacrée », Tigrane Yégavian n’offre ni un recueil de poésie ni un simple guide touristique. Il nous fournit des clés pour mieux connaître l’âme arménienne. Il déroule une synthèse de différentes approches,  historique, sociologique, religieuse et culturelle sans laquelle un voyage d’agrément  passe à côte de l’essentiel. C’est toujours lisible, jamais ennuyeux. Pourtant, il rassemble et harmonise une masse importante d’éléments à approfondir, avant de poser des questions  pointues à trois intervenants choisis pour leur implication dans le fait arménien d’hier et d’aujourd’hui.

    Un travail d’écriture, de journalisme culturel et d’investigation. Ecrit avec soins et ponctué d’entretiens  avec des intellectuels qui font références, son récit de voyage sera le compagnon idéal du lecteur désireux  de dépasser les clichés et de se faire une idée documentée sur ce pays, ultime refuge d’un peuple que la tragédie a rendu « furieusement humain ». Ce peuple a survécu à une histoire guerrière entre des empires, romain et sparte, puis perse et ottoman, enfin ottoman et russe. Il s’est civilisé, alphabétisé et cultivé plus vite et plus haut que ses oppresseurs.

    Tigrane Yégavian donne des éléments d’analyse du fait arménien d’hier et d’aujourd’hui avant de questionner avec une grande pertinence trois intellectuels reconnus chacun dans leur domaine : Jean-Pierre Mahè, orientaliste, philologue et historien du Caucase – Levon Abrahamian, ethnologue arménien, explorateur de la complexité arménienne – et Liudmila Harutunian, sociologue arménienne et figure de proue de l’élite intellectuelle issue du monde académique soviétique. Chacune de ces personnalités apporte des réponses éclairantes.

    L’opuscule « L’Arménie, à l’ombre de la montagne sacrée » est concis et riche par sa synthèse de tous les éléments de compréhension d’un peuple issu d’un pays à la croisée des chemins entre l’Orient et l’Occident, le Caucase et l’Asie, l’Islam et la Chrétienté. Vous y trouverez aussi des anecdotes personnelles. Pour le côté mythique, on peut citer que, après la création du Monde, Dieu aurait déversé son excédent de roches dans ce « pays de pierre ».

    On ne reste pas dans le mythe et on n’entre pas dans un discours mystificateur.  Tigrane Yégavian ne s’est pas cantonné dans un passé aussi prestigieux et tragique qu’il soit.  Un voyage en Arménie s’effectue dans sa réalité présente. Les clés qu’il nous fournit ouvrent les portes à l’analyse  socio-économique, ethnographique et politique de l’Arménie contemporaine pour sortir de l’Arménie spirituelle, vaste territoire de l’âme et du cœur.

    Nous avons demandé à une lectrice son avis. Voici ce qu’elle écrit :

    « Tigrane Yégavin a su condenser une somme de connaissances pour constituer ce petit livre que je qualifierais de passeport efficace pour néophytes s'intéressant à l'Arménie. Mais pas seulement ...

    Dès l'avant- propos,  le problème fondamental émerge à travers l'incipit par une anecdote renvoyant à l'enfance. « Où se trouve la frontière ? » Les illustrations personnelles éclairent et étayent les sous-chapitres de manière vivante dans un style métaphorique où l’auteur excelle. Ainsi cette présentation habile et alerte aborde les points clés, donne des renseignements essentiels concernant l'histoire , les intellectuels et les artistes passés ou présents.

    La deuxième partie accentue l'originalité de ce petit livre grâce aux trois entretiens axés sur trois thématiques spécifiques qui abordent le passé et l'avenir de l'Arménie, se déclinant à partir de questions pointues, pertinentes. Les réponses y sont concises et j'ai trouvé particulièrement intéressantes celles de Levon Abrahamian ainsi que celles de Liudmila Harutunian car elles nous donnent un point de vue interne, avec des idées allant à l'encontre de pas mal d'Arméniens de la diaspora .Ces deux spécialistes nous éclairent avec beaucoup de lucidité et de façon critique sur la situation actuelle.

    Pour résumer "À l'ombre de la montagne sacrée " est un petit livre écrit avec pertinence et concision. Il a le mérite de faire le tour de questions clés sur l'Arménie historique, contemporaine, actuelle. Il s'adresse ainsi à un large lectorat. Personnellement, je vais le conseiller à mes amis .Une belle découverte! Un bon moment de lecture !

    Nous partageons cet avis. Sans aucun doute le peuple arménien, riche d’une culture plusieurs fois millénaire, mérite qu’on s’intéresse à lui, à son présent et son avenir  autant qu’aux paysages et aux vestiges de sa petite république. Par exemple, prendre un taxi à Erevan permet bien sûr une balade touristique de tout ce que son office du tourisme vous propose. Toutefois, prêter une oreille au chauffeur de taxi peut vous faire entendre une part de l’humanité arménienne. L’Arménie offre un tourisme de qualité dans lequel les rapports humains tiennent leur place et constituent un réel enrichissement.

    Auprès de lecteurs arméniens, l’ouvrage de Tigrane Yégavian a recueilli des éloges dont celui averti de Denis Donikian, écrivain et plasticien français d’origine arménienne :

    « Les petits livres obligent à la concision dans la crainte du raccourci. Alors que la grande cavalerie des mastodontes galope déjà depuis bientôt quatre mois sur le parcours du centenaire du génocide arménien, l’ouvrage de Tigrane Yegavian la joue discrète, sans pour autant céder à la complaisance. En effet, s’il est justifié de crier haut et fort que les Arméniens ont été victimes d’un génocide il y a cent ans et que depuis, la Turquie se mure dans son crime de silence (voir le livre de Gérard Chaliand, chez l’Archipel), encore faut-il présenter aux profanes qui sont ces Arméniens d’hier et d’aujourd’hui qui fon tant parler d’eux. Or cette monographie, (que devrait bientôt compléter celle de Séta Mavian), publiée dans la collection L’âme des peuples, aux éditions NEVICATA, est un véritable bijou d’intelligence et de savoir-faire. Pour avoir rencontré Tigrane Yegavian, je peux assurer que le jeune homme sait garder toute sa lucidité tout en nourrissant une réelle passion pour le peuple arménien. Une jeune homme qui vient de loin pour avoir parcouru non seulement l’Arménie actuelle, mais aussi l’ancienne avec les yeux d’un esprit hanté par l’inquiétude sombre du passé et les merveilles de sa culture » - Denis Donikian sur son blog Ecrittératures.

    Présentation par l’éditeur ICI

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  • sanguine_uneNous avons lu le roman « Sanguine » de Jean-Pierre Santini et nous avons trouvé un commentaire pertinent d’une lectrice. Nous vous le livrons : « Oui! le personnage du dernier roman de JP Santini est bien un cérébral! En effet, la tête, y tient une place fondamentale mais pas que...sans jeu de mot grivois car il s'agit d'un récit érotique "crépusculaire" (voire policier dans les dernières pages) dans lequel le narrateur fait un grand ménage allégorique afin de se retrouver in fine avec sa solitude et surtout son amour premier , celui qu'il porte pour celle qui l'a conçu. Les plus belles pages de ce roman sont à mes yeux celles qui concernent sa mère avec le petit carnet bleu ainsi que la page finale dans laquelle l'auteur qui maitrise avec aisance l'art de la métaphore nous offre deux magnifiques images d'amour maternel, dans l'excipit. Ses derniers mots, comme une injonction que l'on pourrait/ devrait faire sienne.... Auparavant JP Santini nous traîne dans une aventure amoureuse charnelle mais aussi duelle, le duo féminin Nathalie-Suzanne n'étant à mes yeux que son propre reflet dans un miroir virtuel où il se condamne à une sorte de no life alors que " Dehors, il faisait beau"... On pourrait développer encore de nombreuses symboliques et philosopher sur l'être et l'avoir à partir de "Sanguine", comme nous invite d'emblée le titre lui- même. Ainsi, avec ses différents niveaux de lecture, ce récit se lit avec intérêt de la première à la dernière page. Les pages de capture de la souris ainsi que celles sur les objets usuels et le ménage devraient faire date ! »

    Pour les lectrices et lecteurs (de JP Santini) qui ont lu Nimu, Ultimu et Commando FNLC, il semble qu’il y ait un fil entre ces romans et « Le sentier lumineux » signé par Andria Costa. Le fil visible est le personnage d’un Corse qui, de passion politique en passion amoureuse, entre peu à peu en solitude dans une Corse crépusculaire. Et il y a un autre fil invisible entre « Le sentier lumineux » et « Sanguine » : les amours clandestines.

    Dans « Le sentier lumineux », Samuel Romani, personnage récurrent présent dans l’Ultimu et commando FNLC, évolue entre les amours cachées et les opérations politiques secrètes. Les amours cachées, c’est Jade, personnage d’une passion amoureuse en marge de l’engagement politique et d’une lutte nationaliste toujours larvée dans une Corse en proie à ses démons. Dans « Sanguine », le militantisme politique est mis de côté. Nathalie est le personnage central de la narration. Elle vient à la peinture après avoir essayé d’autres occupations salutaires pour cette femme qui veut vivre intensément. Artiste dans l’âme, elle choisit d’apprendre la technique des Sanguines et son apprentissage se fait sur le nu. Le couple, nous le découvrons par le narrateur dans le rôle de l’amant qui, contrairement à Samuel, ne parle que d’amour. Il s’agit donc de son vécu d’homme ayant dépassé la soixantaine et qui entretient  une passion avec la belle Nathalie  qui sait se faire désirer. Elle est mariée et, comme Jade, ne se décide jamais à quitter son mari. On se demande, au fil de notre lecture, si le narrateur croit en cette passion ou fait semblant d’y croire, s’il y a cru et fini par ne plus y croire, ou encore feint de ne plus y croire mais veut encore y croire. Il donne l’impression d’évaluer la valeur sentimentale qu’il peut encore donner aux choses et aux êtres. S’agit-il d’une attirance purement charnelle et du réel projet d’un bonheur à deux ? Est-il réellement jaloux du mari ? Ses soupçons sont-ils fondés en ce qui concerne le professeur de dessin qui enseigne les Sanguines à Nathalie ? Un jour, il décide de faire un grand ménage dans sa maison et c’est de cela dont parle la lectrice dans son commentaire. Il a commencé par la cuisine et  nous avons pensé à un ouvrage de François Dagognet : « Les Dieux sont dans la cuisine : philosophie des objets et objets de la philosophie »  (Le Plessis-Robinson : Synthélabo, 1996. - Les empêcheurs de penser en rond).

    Des couverts, des assiettes, des verres, une louche, une passoire, des torchons, des serviettes, trois casseroles, une poêle, un seau en plastique bleu, une serpillère… Jean-Pierre Santini nous dresse un inventaire à la Prévert des accumulations que l’on trouve dans toutes les cuisines. Il en arrive ensuite à une brosse à dent électrique que le narrateur n’utilise plus, faute de brossettes adéquates qu’il n’a plus commandées. Il se dit alors et nous dit : «  Certes le sourire est plus éclatant qu’avec un brossage à la main, mais, comme je suis seul la plupart du temps, je ne souris presque jamais, sauf là, imperceptiblement quand j’ai déposé l’objet futile au fond d’un sac-poubelle. Pris d’une sorte de frénésie, je me suis aussi débarrassé de la louche (je ne consomme jamais de soupe), de sept couverts sur dix, de cinq assiettes sur huit et de huit verres sur douze (Je ne reçois jamais personne)… » Solitude et organisation du quotidien, mais aussi l’occasion de remettre en ordre le passé lorsque le rangement concerne des photographies. Inévitablement le spectre de la mort règne dans « ce monde immobile, baroque et poussiéreux ».

    Les objets ont, pour point commun, de répondre à un usage, généralement humain et de ne pas être vivants. Ils ont une valeur financière et parfois affective, voire esthétique comme les photos et les Sanguines. Le narrateur, contrairement à un roman de Georges Perec (Les Choses) ne veut pas, semble-t-il, que les objets prennent trop d’importance.  « L’ennui vient de l’excès d’attention qu’on leur porte », dit-il lorsqu’il s’interroge sur l’être et l’avoir. En serait-il de même pour Nathalie ? Prend-elle trop d’importance comme lui suggère une amie bonifacienne, Suzanne, avec qui il entretient une relation platonique à distance ou du moins « inaboutie ».

    Peut-on faire le ménage dans sa vie amoureuse comme dans sa cuisine ? L’amour serait  un jeu « à qui supplantera l’autre » ? Qui serait alors l’objet sexuel ? La femme ou l’homme ? Les deux ? Le narrateur doit se poser toutes ces questions lorsque Nathalie le dessine par morceaux avec un gros plan sur son sexe, pièce maîtresse du puzzle corporel qu’elle emporte chez elle. Elle ne lui laisse que sa tête, à Lui, le cérébral en conflit avec son âme d’esthète qui veut profiter du simple et du beau. Jean-Pierre Santini ne boude pas l’allégorie et la métaphore dans « Sanguine » et c’est tant mieux pour que la lecture ne soit pas passive. L’auteur force le lecteur à pendre partie en interprétant des dires mais aussi des signes et des non-dits.

    L’univers tient assemblé alors que tout en lui est disparate. On se demande comment les choses tiennent entre elles. Il en est de même pour les humains. Comment deux êtres peuvent-ils s’assembler, se mêler alors que tout les sépare et les en empêche, en premier lieu eux-mêmes ? Le narrateur n’a pas de colle ontologique pour assembler son univers avec Nathalie qui a organisé le sien et qui est « sans doute un peu volage ». Il souffre de cet amour tronqué, vécu par intermittence. Il veut rester lucide, même si, comme le dit la 4ème de couverture, l’amour constitue un point de fuite inespéré dans sa solitude.  Dans un moment de ménage sentimental, il ne veut garder que le corps de Nathalie sur une photo découpée. Le souvenir d’un grand amour, pour lui, serait charnel, voire esthétique mais aurait perdu sa valeur sentimentale. Parfois, qui trop embrasse mal étreint, comme le dit le proverbe. Nous ne raconterons pas l’épisode de la souris et la référence à Steinbeck.  Nous vous le laissons découvrir. En filagramme dans le récit, le narrateur a sans aucun doute une souffrance qui le ramène à sa mère et à la mort de son père. « Les plus belles pages de ce roman sont à mes yeux celles qui concernent sa mère avec le petit carnet bleu ainsi que la page finale dans laquelle l'auteur qui maitrise avec aisance l'art de la métaphore nous offre deux magnifiques images d'amour maternel, dans l'excipit ». C’est aussi notre avis.

    Comme l’a compris la lectrice évoquée, Sanguine est un ouvrage à plusieurs niveaux de lecture, y compris celui philosophique. Jean-Pierre Santini doit se souvenir avec émotion d’un lecteur assidu, professeur de philosophie.  Jean-Claude Loueilh est décédé le 19 novembre 2011 mais, vivant, aurait-il sans doute commenté son roman comme il l’a fait dans le passé ? Il aurait su résumer le récit et peut-être lui trouver un prolongement prophétique vers un chaos guidé par l'Amour Fou et une passion effrénée pour la Vie.

    Dans « Sanguine », on trouve aussi une part d’imaginaire, de magie qui échappe à la raison et aux sciences pour ceux qui croient aux envoutements plutôt qu’aux coïncidences. Peut-il y avoir une correspondance secrète entre les objets et la vie ? La fin laisse cette part au lecteur lorsque le modèle nu dessiné par Nathalie, un SDF, est découvert mort. Nous n’irons pas plus loin pour ne pas déflorer l’histoire et empêcher le futur lecteur de faire librement son propre commentaire. On peut rajouter que, dans le roman précédent « Le Sentier lumineux »,  Samuel Romani, cet homme sans espérance, arrivé en fin de jeunesse car il ne croit plus au renouveau des jours, prépare et rumine sa fin, qui coïncide avec la fin de son aventure avec Jade, son dernier amour. Revenu à Imiza, l’endroit où il a sa maison et ses racines, Samuel tente de retrouver les souvenirs du bonheur, mais en vain. Jade, une femme mariée, n’a pu se libérer des chaînes conjugales, elle lui a laissé, dérisoire signe de présence, ou preuve irréfutable de l’absence, un numéro de téléphone portable qui ne répond plus. En est-il de même pour le narrateur dans Sanguine ? Renoncera-t-il à son point de fuite qu’est l’Amour ?

    Jean-Pierre Santini aime mêler les genres littéraires, Il nous a livré un « journal intime » érotique, psychanalytique, philosophique et surtout humain. Comme il le termine dans l’atmosphère noir du polar, nous citerons Simenon en disant que « reste la matière vivante, reste l’homme tout nu et tout habillé, l’homme de partout ou l’homme de quelque part ».

    Voici la 4ème de couverture, qui vous propose une présentation officielle mais courte d’un ouvrage dense…

    sanguibn_4Dans la solitude d’un village de Corse, alors que l’heure de la retraite a sonné et que la vie, nonchalante, se partage entre activités intellectuelles, remise en ordre du passé et organisation du quotidien, l’amour constitue un point de fuite inespéré. La femme qui l’a suscité incarne une dernière chance de bonheur dans l’existence du narrateur. Elle est son «â€¯beau souci » et sait se faire désirer.

    Nathalie a une âme d’artiste. Lui, d’esthète.

    Elle veut vivre intensément, de tous ses pores, quitte à tromper son mari. Lui, lucide plus que désabusé, veut désormais profiter du simple et du beau… et l’ambiguïté de leur relation lui pèse.

    Sanguine, elle l’est. Désirante et obstinée. Sans doute un peu volage. Lui, le cérébral, sait bien que le destin des amours clandestines est de finir un jour… Cinq ans déjà ont passé depuis leur première rencontre. Rien ne poudroie plus au loin, il l’a compris.

    Mais l’amour…?

    Difrade


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