• jpauldelfino

    Jean-Paul Delfino vit et travaille à Aix-en-Provence. Ce Méridional de naissance aime à se qualifier de « citoyen du monde ». « Depuis plus de 20 ans, le Brésil m'a nourri et m'a tout donné. Il m'a façonné et m'a offert parmi les plus grandes joies de mon existence. » Par la littérature, l'écrivain offre l'évasion. « Avec de l'encre et du papier, on peut chambouler l'existence de lecteurs inconnus et, subitement, avec la seule arme d'une simple histoire, les faire s'envoler à 12 000 kilomètres de chez eux, dans un pays qu'ils n'auraient vraisemblablement jamais connu sans cela ! »

    Citoyen du monde, brésilien de cœur, il a une bibliographie fournie.

    Il sera présent au festival du polar corse et méditerranéen qui se déroulera à Ajaccio les 12 et 13 juillet 2012 et le 14 juillet au CCAS de Porticcio.

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    Il a reçu le Prix des lecteurs angevins en 2012. Ses derniers ouvrages ont pour décor récurrent le Brésil. En 2011, est paru « Pour tout l’or du Bresil », un roman historique solidement documenté, dont le récit se déroule en parallèle dans deux pays différents : le Portugal et le Brésil. En rendant hommage à un pays au passé tourmenté, l'auteur livre une invitation à l'aventure. Tandis qu'un tremblement de terre ravage Lisbonne, Zumbi, fils d'esclave, quitte Rio de Janeiro pour faire fortune dans la quête de l'or et des diamants au Brésil. Sur fond de conspirations indépendantistes, on rencontre des personnages célèbres qui ont fait l'Histoire du Brésil et du Portugal. L'auteur dresse une peinture de ces pays en les opposant, tandis que la découverte de cette période historique mouvementée invite le lecteur à partager les péripéties vécues par deux héros.

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    Zumbi est le titre d’un précédent roman tout aussi historique. Ce roman que l’on peut qualifier d’historique nous ramène au 17ème siècle, d’abord en Afrique puis au Brésil. Certains personnages sont imaginaires, d’autres ont existé. C’est le cas de Zumbi, qui donne son nom au roman (Zumbi Dos Palmares fut le chef d’un groupe d’esclaves insurgés qui créa le royaume autonome des Palmares vers 1670.)

    Semba, le héros du roman, est capturé par un négrier portugais installé au Brésil où l’attend sa vie d’esclave. Commence alors un véritable enfer pour lui et ses compagnons d’infortune : battus, humiliés, travaillant sans relâche à des travaux exténuants… Jean-Paul Delfino ne nous épargne rien du traitement réservé aux esclaves et montre ce qu’était l’aristocratie brésilienne du XVII° siècle. De quoi peut rêver un esclave sinon de liberté. Dans cette aventure, il nous parle aussi d’amour et d'amitié. On tremble avec Samba, on souffre avec lui. On partage sa révolte …

    Zumbi est la quatrième fiction que Jean-Paul Delfino consacre au Brésil et la fin laisse entrevoir une suite. Les trois premiers opus sont « Samba triste», « Dans l’ombre du Condor» et « Corcovado(Prix Amérigo Vespucci). La fin de Zumbi laisse entrevoir l’écriture du cinquième « Pour tout l’or du Brésil »….

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    Un sixième vient de paraître : Pour l’amour de Rio.

    Lisbonne, novembre 1807. Les troupes de Napoléon, dirigées par le Général Junot, envahissent le Portugal. Sans armée digne de ce nom, Dom Joao VI, suivi par l'ensemble des membres de la cour royale et de la noblesse, est obligé de fuir en catastrophe, emportant avec lui, dans une cinquantaine de navires, toutes les richesses de son royaume. Leur seule destination possible: la lointaine colonie du Brésil. Au même moment, à Rio de Janeiro, Dona Josefina, une responsable du candomblé, l'un des cultes spirites issus de l'Afrique, accepte de collaborer avec un vieux médecin portugais à l'un des premiers ouvrages rendant compte de la condition des esclaves du Brésil. Tout d'abord jetée en prison, elle finira par mener à bien son projet et s'attirera les foudres de l'église. Dans un respect scrupuleux des faits historiques, Jean-Paul Delfino dépeint, avec violence et tendresse, la naissance du Brésil au monde moderne: une réalité composée d'intrigues royales, d'aventures tumultueuses et de déchirements amoureux. De la souffrance des gamins des rues à la passion de Jao VI pour cette colonie qui n'en sera bientôt plus une, de la déclaration d'indépendance du Brésil par Dom Pedro I à l'abolition de l'esclavage,

    Pour l'amour de Rio dresse un portrait haletant et méconnu d'une nation en marche vers son destin.


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     Vitiello_portrait

    Bernard Vitiello est né en 1951 à Marseille. Il fait partie de ceux que les Marseillais purs pastis appelaient des Babis, entendez des Italiens de Marseille. Ses grands-parents ont franchi les Alpes en 1924 pour fuir l’Italie fasciste. Il ne faut pas croire que l’installation a été facile à une époque où la xénophobie était déjà plus fréquente que la solidarité.  Malgré quelques injures et pas mal d’ostracisme, les Vitiello, comme d’autres familles italiennes, se sont intégrés sans se désintégrer. Ils sont devenus des Français d’origine italienne. Son père; après une courte expérience comme prothésiste dentaire, devient journaliste au Provençal (aujourd'hui La Provence). Sans doute influencé par la plume paternel, Bernard Vitiello commence à écrire dès l'adolescence. Il a d’abord exercé divers  métiers dont celui de pion au sein de cette grosse machine qu'est l'Éducation nationale. Il est resté pendant sept ans dans un L.E.P.( Lycée d’enseignement professionnel) des quartiers Nord.  Il y a  crée un atelier de Jeu dramatique puis de photo. De pion, il est passé Conseiller d'orientation psychologue. On peut aujourd’hui lui dire ce qu’a écrit Michel Ficetola dans son opus « La tchache de Marseille » : « A une époque les Babis y zétaient considérés comme des crapauds ; Et maintenant y sont respectés comme Marcel Ruffo. ».

    Au début des années 1980, Bernard Vitiello devient un A.C.I. (auteur-compositeur-interprète). S'en suivra une série de concerts, notamment au Théâtre Toursky (Marseille) et à Châteauvallon. Derrière lui, sept musiciens aux talents confirmés, dont Philippe Troïsi, âme damnée du groupe rock Quartiers Nord. Bernard Vitiello composera pour la scène et, en 2009, il signe même un oratorio. Sa passion des arts ne s’arrête pas là. Du dessin pur à la gouache, via la linogravure, les papiers collés et le pastel, il s’adonne aux arts plastiques.  Il n'abandonne pas l’écriture. Là encore il se frotte à plusieurs genres : poésie (son domaine de prédilection),  romans (surtout le noir),  écrits sur la société et  théâtre. Une vie professionnelle, intellectuelle, artistique et littéraire déjà bien remplie.

    Bernard Vitiello est un des nouveaux invités du Festival du polar corse et méditerranéen qui se déroulera le 12 et le 13 juillet à Ajaccio. Il embarquera le mercredi 11 juillet prochain sur le Danielle Casanova qui part à 21 Heures.. Ce sera l’occasion de présenter et dédicacer  aux voyageurs ses deux romans noirs avant d’être présent sur la place Diamant à Ajaccio les jours suivants.

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    Noir divan

    Le divan est inséparable de la psychanalyse. C’est le lieu où le passé resurgit. Dans ce roman noir, il devient ce qui relit les deux premières victimes : une jeune psychanalyste assassinée et son dernier patient qui se suicide. La mort est un événement familial mais la famille de la jeune psychanalyste veut savoir ce qui s’est passé. C’est un ami avocat qui va enquêter en se rapprochant du commissaire de police chargé de l’affaire. Le suicide semble désigner comme coupable le dernier patient. Sans doute trop évident pour ne pas chercher ailleurs. C’est Didier Daeninckx qui a défini le roman policier en disant qu’il était «un type de roman dont l’objet se situe avant la première page ». C’est forcément une descente rétrospective dans le passé et l’auteur va nous amener à la période de Mai 1968, période ô combien historique et porteuse d’idéaux. Que reste-t-il de ces idéaux ?  La réponse est-elle la clé de l’enquête. Une enquête va chercher dans le passé de vieilles actions alors que la psychanalyse fait remonter de vieilles passions. Sont-ce les actions ou les passions qui peuvent être mortelles ? Pour le savoir qui sera le plus efficace, l’avocat ou le policier ? D’où sortira la vérité ? De l’enquête officielle, des techniques policières ou de l’enquête officieuse plus personnelle, moins factuelle et moins légaliste.  Les deux peuvent-elles finalement se compléter grâce à l’amitié partagée? Cette dualité fait penser à la théorie à la théorie de Kehlweiler dans un roman de Fred Varga. Le policier doit se servir de ses deux mains.…La main gauche imparfaite, malhabile, hésitante, et donc productrice salutaire du cafouillis et du doute, et la main droite, assurée, ferme, détentrice du savoir-faire. Avec elle, la maîtrise, la méthode et la logique. Dans le roman de Bernard Vitiello, la main droite serait le flic et la main gauche l’avocat qui joue le rôle du privé... Ce récit policier, puisqu’il y a meurtre et enquête, met en scène des personnages dont l’auteur a fignolé la psychologie. C’est aussi une psychanalyse soixante-huitarde et une histoire d’amitié.

    Au sujet de ce roman l’auteur a parlé d’amitié  dans un article : «  Ce roman est d’abord l’histoire d’une amitié indéfectible qui me lie depuis la fin des années 70 à Michel Bouilly, avocat, fin lettré et un remarquable musicien. Ensemble moi le Marseille, lui le Parisien, nous avons élaboré la trame de « Noir divan » et si je suis l’unique plume, une lumière fraternelle brûlait comme une lampe quand j’écrivais »

    Une auteure, Nathalie Lotiger-Chacornac a donné son avis : «  Chez Bernard Vitiello, ce qui m’a frappée, c’est la musique de l’écriture. Son livre, c’est de la poésie urbaine, c’est plein de rebondissements, avec des allers et retours entre Marseille, Paris, Lyon, avec une étude très fine de la psychologie des personnages, même s’il ne donne jamais de leçon de morale et assure détester la psychologie rampante. »

     

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    Léo prat et la forme blanche par Bernard Vitiello

    Bernard Vitiello explique sa démarche et parle de son deuxième roman noir : « Explorer toutes les déclinaisons de la littérature noire, tel est mon but et mon (bon) plaisir, moi qui viens de la poésie et qui y reste. Dans Noir Divan, je fais un clin d’œil à nos glorieux ancêtres du polar « urbain », Chase, Chandler and co. Avec mon tout dernier Léo Prat et la Forme blanche, vive le polar fantastique ! »

    La forme blanche ? Les neurobiologistes travailleraient sur un « phénomène », l’expérience la plus terrifiante que l’espèce humaine ait jamais vécue, nous dit l’auteur.  Il ne lui restait plus qu’à dérouler son « voyage » et notre « phénomène » sur une trame romanesque. Léo Prat et la Forme blanche est un récit entre réalité et fictions qui se croisent, se percutent, se parasitent  se nourrissant l’une de l’autre, une « sorte de banquet du diable ».

    Trois femmes, trois meurtres, l’abominable rituel d’un serial killer, Léo et Léa Prat, Ned le chat... voilà pour la réalité. L’intrusion d’un tueur en série apparaît surréaliste... Où commence la réalité et où finit la fiction ?

     « Souvenez-vous : La terre est bleue comme une orange écrivait Paul Éluard. Un paquet d’années plus tard, le premier homme expédié dans la lune témoignera que, vue de loin, notre petite boule est de facto bleue » lance malicieusement Bernard Vitiello et il conclue « La poésie, le polar, les techniques, la science, il n’existe pas de frontières pour l’esprit, pas de petites boîtes, la « pensée à tiroirs » est une invention d’insuffisants ! »  

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  • Gperrin_gaëlleaëlle Perrin-Guillet

    La vie, cette auteure lyonnaise ne peut l’apprécier sans les livres. « Ma bibliothèque compte 450 livre en rotation permanente (prêts, dons vite remplacés par de nouveaux achats) et une journée sans lecture, dit-elle,  est comme une tartine sans beurre : fade. »

    Au collège, la rencontre avec un professeur de français est l’occasion de la découverte d’une littérature hors des sentiers battus. Le goût de la lecture s’installe et fait naître l’envie d’écrire à son tour. La douleur de la première page et l’imagination à solliciter, vient ensuite le plaisir de devenir le ludi magister du jeu de l’écriture et de pouvoir déclencher des tempêtes sous le crâne où les idées sautent comme des puces et bousculent les mots. Un premier roman « Meurtres en négatif » en 2001 et elle ne s’arrêtera pas là.

    Le sourire du diable : auto-édition (2010)
    Au fil des morts : auto-édition (2011)
    L'exquise nouvelle (collectif) : Editions la Madolière (2011)
    Les auteurs du noir face à la différence (Collectif) Editions Jigal (2012)

    A 37 ans, Gaëlle Perrin-Guillet a publié trois romans noirs et quelques nouvelles parmi lesquels « Un handicapé victime ou assassin ? » publiée dans un recueil « Les auteurs du Noir face à la différences » aux Editions Jigal.

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    Comment naît une bonne idée de récit ? Gaëlle explique en prenant l’exemple de son opus « Le sourire du diable :  « L’idée dans laquelle je pourrais user ma plume. Le Sourire du diable est né d’une discussion entre amis. Autour d’une table, la bière côtoie les curlys et un débat s’engage sur un sujet tout ce qu’il y a de plus sérieux : les sectes. Avec un témoignage de premier ordre : une ancienne recrue qui en est sortie et qui trinque avec nous. J’écoute son histoire, pas banale, mon cerveau s’emballe (alcool ou lueur de lucidité, je ne saurais dire…) et la trame de mon futur roman se dessine toute seule. J’y ajoute, dans les jours suivants, une pointe de culture américaine et, au bout de trois années de travail plus ou moins acharné selon les périodes, j’accouche de mon bébé. Une héroïne amnésique, un duo de flics que tout oppose mais qui s’entendent comme larrons en foire, un soupçon d’hémoglobine et de suspens et voilà Le sourire du Diable couché sur papier ». Un proverbe nous dit : « Le Diable n’apparaît qu’à celui qui le craint »… Craindrez-vous son sourire?

    Le sourire du diable est aussi une œuvre picturale de René Magritte qui a représenté une clé vue à travers le trou d’une serrure. Titre énigmatique et surréaliste chez le peintre qui disait "Mon titre n'explique pas mon tableau, comme mon tableau n'explique pas mon titre". Ainsi, non content de bouleverser notre rapport traditionnel de l'image à la réalité, Magritte rompt le rapport entre le titre et l'œuvre. Toutes ces distorsions entre réalités créent un nouveau lien entre l'artiste et le spectateur… En est-il de même avec le polar de Gaëlle ? Va-t-elle bouleverser votre rapport traditionnel entre fiction et réalité ? Pour le savoir, le mieux est de lire ce qui se cache derrière ce sourire démoniaque…

    Un lecteur Christophe répond : « J’ai un peu tremblé en ouvrant le livre pour la première fois, car j’avais peur de devoir dire, avec ma franchise légendaire, « Bon Gaëlle, essaie autre chose ». Mais passé le deuxième chapitre, j’ai eu un effet d’accoutumance. Je l’ai passé à des voisins, qui ne connaissent pas l’auteure, et ils m’ont dit : c’est vachement bien, tu l’as acheté où ? Pas de doute, nous avons affaire à un talent, qui va sans doute confirmer bientôt avec son prochain roman. Elle sera attendue au tournant, mais nul doute qu’elle se montrera à la hauteur ! »

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    Et le  roman attendu est arrivé en 2011 : « Au fil des morts ».

    Mike et Allan Carpenter sont deux frères. Allan est policier. Quant à Mike, il vient de publier un livre au titre évocateur : 'Comment devient-on tueur en série' ? Un véritable succès. Il est également professeur de criminologie à l'université de Boston. La vie de Mike est agréable. Une femme charmante. Deux enfants adorables.

    Mike connaît bien la noirceur de l'âme humaine pour l'avoir côtoyée pendant de longs mois. Son livre au titre évocateur, est un succès lors de sa sortie en librairie. Mais il ne se doute pas que dans l'ombre, on étudie ses écrits avec minutie.

    Mais le cauchemar va commencer le jour où une femme est découverte sur la plage. Morte. Un bout de papier jauni écrit nerveusement sur lequel figure le texte suivant :

    "Interactions familiales et délires psychotiques : comment devient-on tueur en série?...

    A votre avis, Monsieur Carpenter, comment le suis-je devenu ?

    Votre dévoué : Casper". 

    Vont s'ensuivre d'autres meurtres. Un mail, une pièce jointe: la photo d'une femme recroquevillée dans le coin d'une pièce sombre. Toujours des femmes. Et les deux frères devront faire bien vite s'ils ne veulent pas que la partie devienne encore plus sanglante.

    Le professeur va se retrouver au centre d'un jeu et le récit s'égrène chapitre après chapitre au fil des morts. Le jeu mortel a commencé...

    Jacques Saussey, auteur, donne son avis :

    Je suis très rapidement et très agréablement entré dans l'écriture vive de ce thriller. Les personnages sont attachants, parfois un peu décalés (Lilith, Mary), mais tous parfaitement crédibles. L'action reste soutenue tout le long du roman, et je dois avouer que je me suis pressuré les méninges pour tenter d'identifier le criminel jusqu'au tout dernier chapitre, mais sans y parvenir! J'ai eu un méchant doute, à un moment de l'intrigue, mais le gros malin que je suis s'est complètement planté, drivé comme il faut dans les pâquerettes par l'auteur!

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    Les auteurs du Noir face à la différence est un recueil de 15 nouvelles plus ou moins courtes. Pas de « consigne particulière ». Juste un thème commun : la différence, les limites, les tabous et le regard, regard discriminatoire. 15 nouvelles qui  permettront à chacun d’y trouver son compte et peut-être, éventuellement, de se reconnaître au travers de ces lignes.Les bénéfices sont reversés à une association qui œuvre pour les handicapés.

    Trois des auteurs (dont Gaëlle Perrin-Guillet) participeront au festival du polar corse et méditerranéen qui se déroulera à Ajaccio du 12 eu 14 juillet 2012.

    Un handicapé victime ou assassin ? Gaëlle Perrin Guillet.

    Le départ de Gabrielle. La solitude de celui qui reste. Hervé Sard.

    Une bête noire tueuse et la détresse d’un homme. Elena Piacentini.


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  • roman1_Vindy

    Une année est finie et l’autre commence. A l’Ermitage, le matin vient de se lever. Des chevaux font leurs premiers galops de la journée. Il y a les canassons et ceux qui les montent… Ne vous y trompez pas ! Il ne s’agit pas d’un roman à l’eau de rose autour d'un haras ou de la préparation du prix d'Amérique. Une jeune femme est morte. Il s’agit visiblement d’un meurtre. Qui est-elle ? Est-ce la femme seule du titre de ce polar ? Joel, le vétérinaire a fait cette macabre découverte et va cogner à la porte d’une belle demeure isolée dans la campagne. C’est la maison de la femme seule, une amie romancière bien vivante qui fut rockeuse autrefois… L’enquête est ouverte et c’est un gendarme qui est en charge du dossier criminel. Francis Humbert travaille à la brigade de recherches de Chaumont. C’est un pandore au cœur tendre mais aussi mal dans sa peau d’homme divorcé et de militaire encaserné. Et certains ne vont pas me croire : il est intelligent et pas que finaud. Une enquête, c’est souvent une descente rétrospective dans le passé et un douloureux effort de mémoire. Quel mystère allons-nous découvrir? Celui de la morte peut-être. Mais les vivants ont aussi leur secret. Quel est celui de la femme seule dont la fragilité et la beauté sauvage émeuvent notre porteur d’uniforme? Est-elle aussi menacée ? Rassurez-vous notre bon gendarme est sur le coup et sa mission n’est-elle pas de trouver les coupables et de protéger la prochaine victime si belle lorsque le crime pourrait être parfait. Le décor est planté dans ce que l’on appelle la France profonde, une grande propriété plantée dans le vert de la Haute-Marne, département pluvieux. Le milieu social est celui de la bourgeoisie provinciale avec ses secrets de famille et ses non-dits. Marie Vindy a écrit un roman d’atmosphère dans lequel la psychologie des personnages prend toute sa place et notamment celle de la belle romancière solitaire. Elle parle aussi de séduction puisqu’il s’agit de la rencontre d’un homme et d’une femme dans des conditions particulières d'un assassinat; Une femme seule est le dernier roman écrit par Marie Vindy et paru en mars 2012. Il ne vous reste plus qu'à vous plonger dedans...

     

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    Elle est née en 1972 à Dijon. Après le collège, le lycée, après le lycée les Beaux-arts, à Besançon et puis un master à Nantes. De belles années. Et ensuite un premier enfant, la vie change et l’écriture naît. Comment est-elle passée de la peinture à l’écriture ? Un mystère ? Elle n’en sait rien finalement. Un grand vide qu’il fallait remplir. Des histoires plein la tête et un premier manuscrit. Une nouvelle aventure. « Écrire n’a pas été simple, mais plus simple que je ne l’avais imaginé… » dit-elle.  "Je voulais juste écrire un roman dans lequel je mettrais tout ce qui me plait. Un assassin, des flics et des chevaux. Je l’ai fait, cela m'a pris moins d'un an…" et elle ne s'est pas arrêtée là.

    Artiste plasticienne et professeur d’arts plastiques en collège pendant quelques années, elle délaisse assez vite ces activités pour se consacrer à la littérature noire.

    Son premier roman, Mektoub, publié en 2004, inaugure ses sujets de prédilection : l’univers du crime et de l’investigation. Le Sceau de l’ombre est publié en 2008. Les personnages, dont le héros, un commandant de police, sont ancrés dans le réel ; les victimes comme les bourreaux n’en sont que plus humains. Le second opus, Nirvana transfert, met en scène le quotidien d’une brigade de protection des mineurs. Il est question de criminalité internationale, mais avant tout, ce roman explore les souffrances d’un jeune homme victime dans son enfance d’un pédophile, et sa passion obsessionnelle pour Kurt Cobain. Onzième Parano est son quatrième livre. Le cinquième est sorti dans la collection Fayard noir et devrait avoir une suite avec le gendarme Humbert comme personnage récurrent.

    Elle est invitée par l’association Corsicapolar au 6ème festival du polar corse et méditerranéen qui se tiendra les 12 et 13 juillet 2012 sur la place du Diamant à Ajaccio (et non pas sur la place Foch comme pour les cinq précédentes éditions) avec un prolongement au CCAS de Porticcio le Samedi 14 juillet. Le mercredi 11 juillet 2012, elle sera à bord du Danielle Casanova, avec d’autres auteurs. Le grand car-ferry quitte le port de Marseille à 21 Heures et des dédicaces seront organisées pendant la traversée.

    Les romans de Marie Vindy en cliquant ICI et ensuite sur les couvertures.


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  • crépuscule_une

     

    Le titre est, semble-t-il, un clin d’œil à l’œuvre de Wagner « Le crépuscule des dieux », cette tragédie lyrique noire qui dénonce tout ce qu'a d'inhumain l'humanité moderne. Hervé Sard a écrit un roman crépusculaire. Des meurtres en série ont été commis par un dingue. Luigi le balafré apparaît suspect, une évidence basée sur son passé criminel et sa condition de SDF. L’auteur nous fait découvrir un lieu qui apparaitra pour certains exotique et qui se trouve pourtant dans la région parisienne : « Cinq cents mètres carrés de friches appartenant à la SNCF, en bordure C du RER… Un sous-monde, une sorte de kolkhoze à la sauce va-nu-pieds ». A l’heure où le jour chasse le crépuscule, on aperçoit parfois, le long d’une ligne de train régional, ces îlots de refuges insalubres. Nous préfèrons le plus souvent ne pas attarder notre regard sur les êtres fantomatiques qui les habitent.

    Sur le Quai des Gueux, quelques citoyens d’un sous-monde ont mis en commun leur misère. « C’était l’enfer et le paradis ». Le paradis pour ces exclus, tombés du train social sur ce quai abandonné, parce qu’il est devenu leur radeau de la méduse. Toutefois galère rime avec enfer surtout lorsque la mort rode… « Les trois mortes, c’est sûr, elles n’étaient pas inventées ».

    Evariste Blond, flic maniaco-dépressif, ne croit pas aux suicides. Pour enquêter, il est assisté de Christelle, jeune stagiaire effrontée qui, à la demande de son chef, envoie son colocataire, une jeune Gothique, infiltrer le Quai des Gueux. Bocuse, Capo, Krishna, Betty Boop et Môme y survivent. Trois mortes moins deux têtes, le compte n’y est pas et ce drame perturbe leur cour des miracles. Luigi soupçonné est parti en empruntant le Bois des Tantes, lieu de perdition. Est-il le dingue ? S’agit-il vraiment de meurtres ou bien est-ce  une succession de suicides ? Loi des séries ou meurtres en série ? Soupçons et doutes alimentent le suspens jusqu’à l’épilogue. 

    Le style est alerte et plaisant. Le parler vrai offre sa dose jargonneuse. Le suspens est maintenu jusqu’au bout même si l’énigme apparaît comme le surfilage dramatique de la trame sociale. Les anecdotes y prennent toute leur place, fragments de vies faites de bouts de ficelles.

    Dans cet ouvrage bien construit, vous aimerez les personnages attachants, leur humanisme et celui de l’auteur qui ne nous donne pas la mort en spectacle. L’énigme du thriller sous-tend le récit mais le schéma romanesque se complique dans une peinture de mœurs et d’atmosphère. Le narrateur accompagne les événements. Il témoigne. Il est en empathie avec les personnages. Notre caméra intérieure peut alors enregistrer, imaginer et projeter ses propres images, celles que nos yeux ne voulaient pas regarder. Hervé Sard tend le miroir à cette humanité en souffrance. Il en explore les zones d’ombre. Fracture sociale. Il nous tend aussi le miroir… Vous avez dit culpabilité ?

    Ce roman noir ne se réduit pas à l’histoire qu’il raconte. Il est aussi « la vraie histoire de la vie réelle », pour reprendre une expression de Claude. Roy. Même si le romancier reste juge et partie, il est ici l’historien du présent. Tout en romançant, il ne nous  parle pas d’un monde qui n’existe pas. Les personnages sont ces oubliés, invisibles parce qu’on ne les regarde plus. Vous ne trouverez pas chez eux des héros parfaits ou d’autres héros de papier à classer dans une typologie policière. Ce sont des êtres humains, de chair et d’os.  L’humour n’étant pas exclu dans le drame humain (Sur ce point le test de la page 99 est réussi ainsi que les titres de chapitres), les SDF n’en sont pas dépourvus et restent des Humains. Ils sont simplement plus vulnérables, peut-être trop humains, surement pas inhumains. Quant à nous, lecteurs,  sans aucun doute devrions-nous nous montrer plus humains à leur égard pour que le jour chasse le crépuscule. Hervé Sard prend souvent cette ligne C du RER et, lorsqu’il le pouvait, s’arrêtait et allait à leur rencontre. Imaginé à partir de divers lieux squattés, le Quai des Gueux est devenu le Quai des gueux, ce décor habité par des personnages nés de contacts humains. L’auteur pousse à la réflexion nourrie par le regard de ces « gueux » sur la société, sur leurs semblables et sur eux-mêmes. Cet opus vise l’homme, la société.

    Encore un excellent roman noir aux Editions Krakoën…  Hervé Sard a su faire, vers les SDF,  le pas qu’il nous fait emboîter. «Au loin brillent les étoiles, qui nous attendent depuis le commencement de l’univers. Il est minuit, Dr Faust! » Nous évoluerons à travers la lecture, la discussion, l’éducation et l’art… et personne ne nous en empêchera.

    Après la lecture du Crépuscule des Gueux, nous avons eu une idée de dédicace. Nous avons choisi l’auteur des Misérables et un extrait de son poème « L’aube s’allume » (recueil Les chants du crépuscule) …

    Livre salutaire
    Où le cœur s’emplit !
    Où tout sage austère
    Travaille et pâlit !
    Dont le sens rebelle
    Parfois se révèle !
    Pythagore épèle
    Et Moïse lit !

    Hervé Sard parle de son roman à l’adresse ci-dessous :

    http://www.enviedecrire.com/sinspirer-du-reel-pour-ecrire-herve-sard/

    Hervé Sard est né en 1961. Ingénieur diplômé de l’Ecole Centrale de Lyon, il a débuté dans la coopération en Algérie. De retour en France, il a travaillé dans l’informatique avant de s’expatrier à nouveau en Hongrie. Ses séjours à l’Etranger ne lui ont laissé que de bons souvenirs.  Actuellement cadre dans une banque française (domaine de la sécurité), il vit en région parisienne. Auteur de romans et de nouvelles, il écrit depuis 2001. Il navigue entre polar et science fiction. Il aime toutefois le calme et les grands espaces des Alpes et des Pyrénées où il peut s’adonner aux joies de la randonnée. Le crépuscule des Gueux est son cinquième roman. Il administre un blog Polarmania.

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