• Salon du roman policier, sous le parrainage de Marcus Malte

    Vendredi 7 septembre - Théâtre Jules Verne
    18h - Concert littéraire "Les harmoniques" par Marcus Malte (entrée libre)

    Vendredi 14 septembre - Médiathèque
    17h - Conférence "Mais que fait la police scientifique ?" par Bruno Sera (entrée libre)
    18h30 - Remise des prix du concours Jacques Robichon

    Samedi 15 septembre - Théâtre Pagnol, rue Gabriel Péri
    20h30 - Conférence "Agatha Christie, jeu de pistes" par Jean Terensier (tarif unique : 6 €)

    Samedi 15 et dimanche 16 septembre - Quai du Port, devant l'Office de tourisme
    10h30 à 17h30 - Dédicaces par 40 auteurs de polars

    ORGANISATEUR

    BANDOL POLAR CONNECTION

    Cercle des auteurs bandolais
    31 allée Alfred Vivien
    83150 BANDOL

    06.34.48.22.86

    jmschneider@orange.fr


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  • "Histoire d'un assassin" , roman de Marie Ferranti, est un titre plutôt noir paru en janvier 2018 dans la collection Blanche des Editions Gallimard. 

    La 4ème page de couverture confirme le côté littérature noire par ce texte : "Dominique Zincoli vit dans un village non loin de Bastia, en 1913, avec son épouse Teresa et son fils Petru. Il ne s’est jamais remis de la mort précoce de sa mère, Françoise, qui avait été rejetée de la famille par son père, le patriarche Jean Bonifazzi, pour être tombée amoureuse d’un paysan pauvre. Dominique a grandi dans la haine de son grand-père, qu’il juge responsable de la mort de Françoise, et dans la détestation de Marcus, son frère cadet, proche de Jean. Le roman s’ouvre sur une tragédie. Dans le village, on chuchote, on prend parti, les médisances et les rumeurs circulent…

    "... Histoire d’un assassin décrit avec une ironie souvent cruelle les relations à l’intérieur d’une société villageoise minée par les jalousies, les mesquineries, les superstitions et les désirs inavoués. Un monde clos où les tyrannies secrètes sont exercées aussi bien par les hommes que par certaines femmes".

    Les dernières lignes de cette page mettent l'accent (corse) sur le côté satire de la société villageoise dans un huis-clos sartrien où l'enfer c'est les autres... peut-être parce qu'ils sont le miroir de nous-mêmes. Sartre avait écrit, à propos de sa pièce de théâtre: "Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l’autre ne peut être que l’enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont, au fond, ce qu’il y a de plus important en nous, même pour la propre connaissance de nous-mêmes". C'est de la nature humaine qu'il s'agit.

    Ce court roman est écrit par Marie Ferranti, écrivaine que l'on ne présente plus en Corse et qui est publiée chez Gallimard. On trouve dans sa bibliographie de nombreux ouvrages parmi lesquels La princesse de Mantoue, Grand Prix du roman de l’Académie française 2002, Une haine de Corse, Marguerite et les grenouilles et La passion de Maria Gentile.

    Revenons au roman "Histoire d'un assassin" qui est, sans surprise, très bien écrit avec un style captivant où les descriptions et les actions se mêlent dans une belle prose toujours juste pour faire ressentir et imaginer. L'histoire, la 4ème de couverture la résume très bien mais, lorsque l'on vous raconte une histoire, l'essentiel est en partie ailleurs. Cet ailleurs est en Corse, là où Marie Ferranti vit et travaille. On trouve dans le récit une partie proche du roman policier avec  procureur et gendarmes. Comment pourrait-on imaginer un assassinat sans enquête ?  Toutefois le héros n'est pas un gendarme ou un magistrat mais bien l'assassin. Comme les polars de Jean-Claude Izzo sont marseillais, ceux de Manuel Vázquez Montalbán barcelonais et ceux d'Andrea Camilleri siciliens, ce roman de Marie Ferranti est ancré au cœur villageois de la Corse.  Toutes les enquêtes se ressemblent dans la réalité comme dans la fiction. C'est l'humain qui fait la différence.  Simenon l'avait bien compris dans ses romans policiers.

    On entend souvent dire qu'on est seul dans la mort. On s'en fout quand on est mort. La mort n'existe que pour ceux qui restent. Ils font alors leur conversation de la mort des autres. Et lorsqu'il s'agit d'assassinat, on ne parle pas de silence de mort  mais de bruits qui courent, de chuchotements et de papotages. Roland  Barthes a écrit quelque part : "Tout refus de langage est une mort ". Dans le roman de Marie Ferranti, c'est la mort qui délie les langues. Comme chez Simenon, c'est l'humain qui est l'essentiel. Ce n'est pas un roman déclaré comme policier ou noir. L'enquête n'a pas lieu d'en être l'axe. Les crimes sont l'aboutissement de la chronique d'une mort annoncée pour reprendre le titre d'un célèbre roman de Gabriel García Márquez. L'assassin est connu. Il était fatal qu'il passât à l'acte comme dans la tragédie grecque, même si le récit se déroule au début du XXème siècle en Corse.

    Un excellent petit roman ! Cela devrait suffire pour le classer. On pourrait reprendre les paroles de Paul Gauguin : "Rejetez le noir, et ce mélange de blanc et de noir qu'on nomme le gris. Rien n'est noir, rien n'est gris. Ce qui semble gris est un composé de nuances claires qu'un œil exercé devine". Noir, gris ou blanc ? Histoire d'un assassin est avant tout de la bonne littérature avec les nuances qu'un œil littéraire devine et qu'un œil corse reconnaît.

    L'assassin, retenu dans une cave par son frère et son grand-père,  est mystérieusement libéré. Il va les tuer dans une scène d'action réaliste. Il retourne ensuite chez lui... Un extrait: "Il était couvert de sang. Son pantalon était maculé de taches foncées de la ceinture à la cheville. La chemise en était tout éclaboussée. Quand elle s’approcha de lui, elle vit des petites croûtes de sang, sur ses mains et sur ses ongles. Elle alla à la cuisine et en rapporta une bassine pleine d’eau. Il plongea ses mains dedans. Elle les savonna et les frotta avec vigueur. L’eau rougit, devint noire. Elle sentit le souffle de Dominique dans son cou. Elle frissonna. Elle déplia une serviette blanche et l’essuya avec beaucoup de soin. Le sang laissa sur le tissu des auréoles légères et fumeuses. Elle jeta l’eau de la bassine dans le jardin. Au fond, il restait des filaments et des petits grains qui ressemblaient à des pierres rougeâtres. Elle versa un peu d’eau de la cruche, rinça la bassine et l’emplit de nouveau..." Ensuite, elle continue sa toilette puis le rase. Que s'est-il passé avant ? Vous pouvez feuilleter les premières pages en cliquant ICI

    JpC

    Autres articles:

     La Cause littéraire : "« Insister sur l’écart entre le roman et la réalité est troublant. Cela démontre la puissance de la fiction à dévoiler, par des voies détournées, la vérité profonde des événements et des êtres ».

    Tout a été inventé dans cette Histoire d’un assassin dans laquelle Marie Ferranti montre comment un sordide fait divers familial voit sa vérité faussée et est porté au rang mythique de la tragédie et de l’épopée... cliquer ICI.

     Poétique .Eu : "« Histoire d’un Assassin » est un récit homérique ou comme un texte du Kojiki, On comprend que la Conca d’Oru, comme nous l’avait fait déjà pressentir « Marguerite et les Grenouilles », est lieu de transcendance où se rencontrent les forces les plus fondamentales de la Nature et les forces de l’esprit..." cliquer ICI

     

     


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  • Le festival du polar corse et méditerranéen réunit des auteurs et des éditeurs. Ce sera l'occasion de nouvelles parutions dont celle de "La Corse après la Corse" de Cazzetu et Muzzeta, traduit du Grouikko-Corsien de la basse vallée de la Gravone par Charlie Galibert. Le  ton est donné et l'ouvrage fait la part à la dérision tout en parlant d'un sujet sérieux qui est celui de la Corse actuelle et de son devenir... 

    La Corse après la Corse

     

    La Corse après la Corse

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