• L'édition corse

    UN EDITEUR EMBLEMATIQUE :

    Editions LA MARGE, maison créee par Jean-Jacques COLONNA D'ISTRIA. Si on devait parler d’un virus de l’édition, Jean-Jacques Colonna d’Istria l’a attrapé depuis de nombreuses années. Avec sa librairie La marge, il tenait une place importante dans l’édition corse. Il fait partie des membres historiques du Riacquistu et nombreux sont les auteurs corses de talent qui ont été publiés par cet éditeur cultivé, ouvert à tous les genres et à toutes les formes de l’Art. Tout le monde le sait en Corse, l’édition n’est pas une affaire d’argent mais surtout de cœur. Le label " La marge " est passé en d’autres mains, mais n’en doutons point, Jean-Jacques Colonna d’Istria a toujours le virus de l’édition et de la culture. Nous avons largement annoncé l’université d’été du Lazaret Ollandini où il exerce ses talents d’organisateur d’événements culturels. Le journal Le Point lui a consacré un article où, chose rare, ce " militant culturel " parle de lui. Extrait de l’article : " Il sait qu'il a contribué, avec la publication de plus de 300 ouvrages, au renouveau de l'édition contemporaine et des livres en langue corse. Se défendant de faire de la politique, " beaucoup plus pauvre et nu qu'il y a trente ans ", il emploie aujourd'hui ses connaissances et son savoir-faire à développer les échanges et organiser des événements originaux, consacrant tout aussi bien le livre napoléonien que le débat philosophique ou encore l'histoire du corail.

    Nous avons fait des recherches sur le virus de l’édition chez Monsieur Jean-Jacques Colonna d’Istria et nous avons trouvé qu’il s’agissait peut-être d’une maladie génétique qui lui viendrait d’un ancêtre prénommé Ottavio.Ottavio Colonna d’Istria, " un ben di babbu ", a écrit et édité au XVIIIème siècle, entre autres ouvrages, " Origine e discendenza della famiglia Colonna d’Istria ". Il disait : "Mon âme ne serait pas en paix et je n’aurais pas l’impression d’avoir mis la dernière main à l’entreprise commencée, si je ne donnais pas à mes coseigneurs une relation de toutes mes démarches et si je ne remettais pas à chacun d’eux en particulier un exemplaire de ce qui fut toujours et demeure leur éternel honneur. Pour réaliser plus aisément ce projet, j’ai jugé à propos d’éditer le présent livre… " " éditer ", le voilà le virus généalogique dont une souche est découverte et isolée !Jean-Jacques Colonna d’Istria est actuellement Directeur de publication de la maison Colonna Editions, toute récente, mais qui a déjà publié plusieurs ouvrages parmi lesquels un polar : " Molto Chic " dont l'auteur, Arlette Shleifer, avait déjà écrit "Luna ou le voyage d'une étincelle" ( 2002) et "Piège détaché" (2004) , publiés par La Marge.Jean-Jacques Colonna d'Istria a fait connaître Jean-Pierre ORSI avec son premier polar "La Chèvre de Coti Chiavari".Rappelons qu’il a aussi œuvré dans le domaine de l’art pictural en organisant de nombreuses expositions à " la marge " plus de 1000 ! Fait " Chevalier des Arts et Lettres " par Jack Lang, il est actuellement membre du Conseil Economique, Social et Culturel de la Région et du Fond Régional d’Art Contemporain, le FRAC, fonction que rappelle Maddalena Rodriguez - Antoniotti dans son très bel ouvrage " Comme un besoin d’ utopie ", publié chez Albiana. Un titre qui doit plaire à ce Corse contemporain, imprégné du passé mais tourné vers l’avenir…

    Editions ALBIANA:Editeur remarqué par le site NoirCommePolar

    Présentation par les Editions ALBIANA de sa série noire : " Nera ", créée en 2005. " Qui douterait encore que la Corse ne soit malheureusement, définitivement, une terre de polaret de romans noirs ? Banditisme, violence, vendetta, crimes crapuleux ou politiques, elle offre son lot d'affaires quasi quotidien.. La collection Nera ouvre les portes des bas-fonds du crime avec l'aide des auteurs insulaires… Elle propose de donner à lire cette profonde noirceur, ce goût pour le drame et la mort chevillés à l’âme, avec l’indispensable dimension littéraire qui seule peut rendre justice des mécanismes à l’oeuvre. Loin des clichés, jouant parfois avec eux, elle ouvre des espaces de pensée d’autant plus efficaces qu’ils viennent de l’intérieur de la société, des meurtrissures vécues enfin domptées par l’écriture. Nera est une jalousie précautionneusement ouverte sur la rue, sur la vie insulaire, ce que l’on voit et qui ne se dit pas. ".site : http://www.albiana.fr Extraits d’entretien :Bernard Biancarelli, Directeur de publication chez Albiana, répond à Joël Jegouzo sur le site Noircommepolar: http://www.noircommepolar.com

    1°/ Sur les Editions Albiana :"Albiana existe depuis plus de vingt ans, c'est dire qu'elle est née en plein coeur du mouvement culturel appelé en Corse U Riacquistu (la ré-appropriation). Elle a d'ailleurs signé son entrée dans le monde éditorial par un monumental dictionnaire Corse/français en quatre volumes (suivi par de la poésie en langue corse !). Cette participation proclamée et assumée à un fort mouvement culturel - caractérisé dans les esprits par l'éclat soudain mondial des fameuses polyphonies - a procédé en quelque sorte de la même approche : inventorier le patrimoine, ré-étayer les fondements et puis enfin ouvrir les champs de la création. Dans un cadre où la langue par exemple avait été très peu écrite jusqu'à présent - pour des raisons historiques et politiques que tout le monde désormais connaît - c'était une vraie gageure que de se mettre soudainement à écrire, à créer et, évidemment, à publier en corse. En ce sens, les éditeurs historiques dont font partie les éditions Albiana, ont grandement aidé à l'expression telle qu'on la connaît aujourd'hui. Ils ont fait non seulement oeuvre utile mais aussi, et surtout, oeuvre nécessaire et dans des conditions politiques qui ne furent pas les meilleures. Je le dis d'autant plus librement qu'à l'époque je n'étais pas concerné, sauf en tant que lecteur. Il est évident que les conditions ont évolué et que nous serions bien en peine de dire si celles d'aujourd'hui sont vraiment meilleures.Albiana, au bout d'un parcours de vingt ans, c'est une quarantaine de livres par an, un catalogue de plus de trois cent titres. C'est dire que le pourquoi de son existence aujourd'hui est devenu beaucoup plus simple à définir : une présence essentielle dans le panorama culturel insulaire à la fois comme médiateur de culture, passeur si l'on préfère, espace de création et d'invention, lieu de soutien à l'expression (notamment en langue corse). Tout cela adossé bien sûr à une structure d'entreprise importante à l'échelle insulaire (un secteur distribution, un secteur commercial, un atelier graphique et maintenant la grande librairie La Marge, forment un ensemble dont le secteur édition est le noyau de départ).

    2°/ Sur la création de la collection " Nera "La collection noire, j'en rêvais depuis mon arrivée aux éditions Albiana (en 1998). Mais il existait déjà un éditeur à Ajaccio quasiment spécialisé dans le noir (Méditorial) et plutôt bon dans ses choix (il fut l'éditeur de Thomazeau par exemple, qui a ensuite fondé " L'écaillers du Sud ", une petite maison du Noir qui monte, qui monte,…). Sa collection était bien implantée et puis on ne marche pas sur les plates-bandes de quelqu'un que l'on connaît et que l'on respecte. Bref, nous étions restés en retrait. Son arrêt et notre envie toujours présente ont permis d'ouvrir le chantier. La collection Nera permettait aussi de dynamiser notre ligne éditoriale, de signaler au public que nous étions toujours en évolution et prêts pour les aventures. Nous avions au cours des années précédentes pris des risques éditoriaux chaque année, en publiant notamment pas mal de premiers romans ou des recueils de nouvelles, en dépit des préventions largement répandues dans la profession à ce sujet. Nombreux sont assez durs et violents, sans concession souvent pour le petit monde dans lequel nous vivons, mais ce qui selon moi les caractérise, c'est qu'ils ont laissé de côté le victimisme et le désir de justification, le pamphlet ou l'explication de texte, notamment du " problème corse " qui sont autant de pertes de temps et qui éloignent fatalement de la littérature. Il s'agit d'un vrai mouvement qui est la mutation du "Riacquistu " dont je parlais précédemment. Une attention soudaine pour la Corse d'aujourd'hui (ni celle d'hier, ni celle que désire l'Autre - ou que nous croyons qu'il désire - ni celle des cartes postales, ni celle des chromos) s'est manifestée et il nous a juste fallu aider à l'éclosion. La collection noire est évidemment pour nous un des outils qui nous manquaient pour aider à cet avènement. Et je peux certifier que son apparition a donné un coup de fouet qui s'est traduit par l'arrivée d'un grand nombre de manuscrits. Non seulement la collection Nera était profondément désirée chez nous, mais elle était probablement attendue par les auteurs - et certainement aussi par les lecteurs qui lui ont réservé un très bon accueilCollection Nera "MADE IN CORSICA"  et bientôt de nouveaux polars...

    Hommage à un éditeur corse; Collection " Misteri " de MEDITORIAL : Paul-André BUNGELMI, ancien éditeur :Un pionnier de la Noire made in corsica.

    Il y avait Misteri dans l’édition corse. Il s’agissait d’une collection de l’Editeur Méditorial qui a publié des polars corses dans les années 1990, d’excellents polars commis par des auteurs ayant pour la plupart fait leur chemin. J’ai lu huit de ces bouquins que j’ai le plaisir de citer :
    Comme un chien dans la vigne et caveau de famille , écrits par Elisabeth Milleliri
    La moisson ardente et raison d’état, écrits par Archange Morelli
    Trois jours d’engatze, écrit par Philippe Carrese
    La faute à Déguin, Qui a tué l'homme-grenouille, et Qui a tué monsieur cul, écrits par Philippe Thomazeau.

    Si nous connaissons les carrières poursuivies par ces auteurs découverts par l’Editeur Méditorial, nous ignorons le parcours de l’Editeur inspiré, après sa cessation d’activité. Voilà, ce que deux auteurs en ont dit :Philippe CarreseA l’époque (1992), j’ai envoyé le manuscrit à plus de trente maisons d’édition, y compris "Fleuve Noir". Tous l’ont refusé. J’ai croisé Paul André Bungelmi, en corse, un type adorable qui me l’a pris mais qui a été dépassé par le succès du livre. Fleuve Noir a repris la suite en moins de quinze jours. Paul André est un vrai méditerranéen, il a tout de suite tout compris, tout mon coté "sudiste" que pas mal de parisiens ont encore beaucoup de mal à cerner.
    François Thomazeau :Je ne connaissais Carrese que de nom et j'ai atterri chez Méditorial parce que ma mère avait vu un reportage sur "Trois jours d'engatse" sur France 3 Marseille. C'est elle qui m'a forcé à envoyer le manuscrit de Dégun à Méditorial. Comme Carrese, je ne rendrai jamais assez hommage au patron de cette maison, Paul-André Bungelmi, un honnête homme comme on n'en fait plus. Il a arrêté l'édition faute d'argent et tient un bar de nuit extrêmement sympa à Ajaccio. On amène sa bouffe, y a une cheminée au fond pour faire cuire le rata, et lui fait payer le vin. . 

    Un mémoire " perspectives des nouvelles technologies pour l’essor de l’édition littéraire corse " a été soutenu publiquement par Élodie Charbonnier UNIVERSITÉ PARIS III SORBONNE NOUVELLE    en Juin 2004

    Mlle Elodie Charbonnier a fait un travail sérieux et documenté dans ce mémoire sur l’édition corse. Elle explique l’évolution de l’édition littéraire corse par un survol historique, sociologique et topographique de l’île, en évoquant la " corsitude ", cette appartenance à la culture corse faite d’insularité, de méditerranéité et de francité. Elle rappelle la tradition littéraire d’abord orale et que récemment écrite. Enfin, elle constate le travail fait par les éditeurs corses qui se sont sentis investis d’une mission : faire vivre notre culture et notre langue, avec l’ambition d’un rayonnement qui passe la mer.Pour l’auteur du mémoire, les nouvelles technologies de l’édition devraient favoriser ce rayonnement et rompre l’isolement des villages qui ont perdu leur librairie et leur bibliothèque.Elle rappelle aussi l’importance en nombre des Corses de la diaspora, qui représentent une clientèle déjà existante. Cette diaspora peut être l’ambassadrice des éditeurs et des auteurs corses, partout où elle se trouve. Cette idée a fait son chemin avec la création récente d’une l’association " Corsica diaspora " sous le présidence du Docteur Edmond Siméoni.Extraits du mémoire : - Plusieurs études scientifiques récentes, dont les travaux des deux universitaires que sont Anne Meistersheim et Nadine Levratto, ont démontré que l’insularité est bien en soi un facteur de particularisme et ce, qu’il s’agisse d’économie, de sociologie, de culture, d’environnement ou encore de la relation liant l’insulaire à sa terre et à son histoire.- La tradition littéraire a ainsi fait de la Corse une terre mystique et mystifiée ; aujourd’hui, l’édition régionale reprend grâce à ces diverses publications les filons qui ont contribué à rendre cette petite île si célèbre. Cette catégorie littéraire est attrayante et peut même aider à augmenter les ventes ; mais la préoccupation principale des éditeurs insulaires est à présent de faire connaître et reconnaître leurs écrivains sur le continent français pour leurs qualités littéraires et non pas au nom d’un folklore déjà bien usé. Pour réaliser un tel pari, il me semble qu’il faudrait alléger quelque peu l’héritage historique et culturel de cette édition et ce, au profit d’une littérature touchant à tous les genres….- La Corse est une petite île méditerranéenne comptant une faible population. Urbanisation et diaspora ont achevé de vider les campagnes au profit des deux grandes villes que sont Ajaccio et Bastia. La répartition des différentes maisons d’édition dans l’île suit donc à peu près le même schéma. La commune d’Ajaccio abrite les éditions Albiana, Alain Piazzola, DCL, Lettres Sud, La Marge et Matina Latina ; quant à la région bastiaise, on y retrouve les éditions Mediterranea, Anima Corsa et Patrice Marzocchi. Seule exception à cette règle, les éditions Le Signet ont choisi de s’établir à Corte, ancienne capitale historique située au beau milieu des terres. Précédemment, nous avions constaté que Bastia était, au XIXe siècle, la ville corse où la production littéraire était la plus active ; mais aujourd’hui, il semble que cette palme revienne de peu à la baie d’Ajaccio….-Et sur l’association des éditeurs corses, Mlle Charbonnier écrit :Ayant pour but initial la promotion et la diffusion de l’édition corse, elle regroupait un grand nombre d’éditeurs qui éditait chacun selon sa propre politique éditoriale. Scindée à la fin de l’été 2003 suite à diverses mésententes, l’association s’est donc divisée en deux groupes...
    -Sur la maison DCL:Les éditions DCL (Distributeur Corse du Livre) ont, comme leur nom l’indique, pour activité principale la distribution du livre dans l’île. Didier Thueux, le Président Directeur Général de DCL, m’a expliqué lors d’un entretien[1] que l’activité édition s’était développée à la fin des années 1990, suite au projet de réédition d’un ouvrage épuisé de Gabriel-Xavier Culioli. Depuis, DCL édite une douzaine de livres par an, majoritairement dans les domaines de la littérature et des beaux-livres. Malgré tout, cette production ne représente qu’une infime part du chiffre d’affaire global car la distribution demeure leur activité principale. Pour en lire l’intégralité du mémoire de Mlle Elodie Charbonnier, aller sur site :http://www.chicha1.free.fr Suite du cursus universitaire de l'auteur:
    Par la suite, Mlle Charbonnier a présenté, en septembre 2005, son mémoire de DEA sur "Les perpspectives du Web pour l'essor de l'édition littéraire régionale en France métropolitaine". Elle y relève l'existence, en région, d'une forte activité littéraire dans ce secteur dynamique mais mal connu du grand public. Elle met l'accent sur le rôle essentiel des éditeurs régionaux pour la conservation et la diffusion du patrimoine culturel. Nous saluons son travail très documenté et son enquête sérieuse.Elodie Charbonnier.

    L’édition corse est vivante, riche et diversifiée, peut-être au prix de dissensions. Une chose est sure : les éditeurs corses méritent tous notre soutien pour qu’ils continuent à exister en Corse et ailleurs.Nous avons parlé de trois éditeurs corses qui se sont intéréssés au polar. Il y en a un quatrième, les Editions DCL dont nous avons, dans un article précédent, présenté un ouvrage " Quand j'étais Bandit" . Nous pourrions aussi cité un cinquième : Edition Journal de la Corse qui a édité le deuxième livre de Jean-Pierre ORSI ,"Sous le regard de Napoléon", avec le commissaire Agostini et ses coéquipiers Léonetti, Lanteri et Mariani.      


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