• Un dieu un animal, dernier roman de Jérôme Ferrari

     

    Jérôme Ferrari  est un auteur prolifique. Lorsqu’il n’écrit pas et n’enseigne pas la philo, il traduit du corse au français notamment les textes de  Marcu Biancarelli. En Corse, il est un des auteurs des Editions Albiana.

    Chez Acte Sud, on lui doit  Dans le secret (2007) Balco atlantico (2008) et " Un dieu un animal " qui vient de paraître en 2009



    Un dieu un animal...  titre énigmatique : pas de virgule entre dieu et animal, entre le créateur et la créature, mais juste un espace, un vide qui attend un homme et une femme.

    L’homme se fond dans l’armée, dans un bataillon en marche. Il traverse les guerres avec sa propre mission : "  Courir jusqu’à ce que l’air ait la consistance et la couleur du sang ".

    La femme est un maillon d’une hiérarchie dans une entreprise privée et participe à des séminaires où " l’émotion se répand comme un gaz toxique ". Dans sa solitude et les angoisses nocturnes, elle se sent enfermée dans un moule sans pouvoir y trouver des fissures qui pourraient la faire sortir de ce moi étriqué dans une vie " si minuscule ".

    L’homme et la femme se sont connus à l’adolescence dans un village et la vie les avait séparés. Ils végétaient dans l’ennui, rongés par l’oubli. Après les retrouvailles, ils vont faire des efforts de mémoire dans leurs cerveaux qui se vident des souvenirs…

    La roue tourne, en laissant des traces, mais elle n'arrête pas de tourner... Bizarrerie des traces, mémoire qui s’efface, excentricité du temps, le passé qui fait des vagues, le présent qui divague… Quelle trace laissons-nous ? Traces indéchiffrables, riens émiettés, semences du passé, traces immémoriales, mémoires fissurées, accumulations de riens nulle part ou ailleurs, ici ou là- bas... Les traces racontent les fêlures de l’ici-bas. Elles fissurent le silence.

    Quelle place donne-t-on en soi au passé ? Alors que, pour exister, on cherche dans l’autre son propre reflet, la vie n’est-elle qu’une mort lente faite d’angoisses dans un monde qui  humilie en nous faisant prendre conscience de notre impuissance à être libre ? Des questions que l’on se pose à la lecture de ce livre au fluide glacial qui, dans une écriture concise, assène d’emblée une certitude : Bien sûr, les choses tournent mal.

    " Un homme et une femme, égarés dans l’ennui du monde, se retrouvent. Perdu d’avance. Le roman se ferme sur une confirmation. Entre-temps, les trouées d’oxygène offertes par Jérôme Ferrari ont distribué leurs forces, et ce roman ressemble à l’enfant blessé que le héros rencontre … Si léger que sa chute ne fait aucun bruit " (article Les passagers de l’angoisse  (Télérama n°3078 – janvier 2009)

    Note de l’éditeur : Requiem pour une civilisation contemporaine médusée par les sombres mirages de la guerre comme par les formes de la violence inouïe qui se déchaîne au sein du monde de l'entreprise, un roman aux accents mystiques où l'impossible avènement de l'amour entre deux êtres signe la bouleversante faillite de la souveraineté de l'individu dans l'exercice de sa liberté.
     




    Balco Atlantico
    , roman de Jérôme Ferrari (2008)

    " Il est des romans qui se jouent du hasard comme des rencontres impromptues : ils parviennent toujours à se retrouver sur le sommet de la pile, au centre de la table, dans la première chemise que l’on ouvrira au petit matin … Ils scintillent déjà de leur beauté et s’imposent. Celui-ci fait partie de cette lignée-là, ceux que l’on nomme incontournable, indispensable, entrant dans la toute petite famille des livres "utiles" pour le bien être de notre esprit … " (Article du journal Le Mague)

    Résumé : Sur la place d'un village de Corse, Stéphane Campana, ardent nationaliste connu de tous, vient de s'effondrer, fauché par deux balles tirées à bout portant. Sur son corps inanimé est venue se jeter Virginie, la jeune fille qui n'a cessé de vivre dans la vénération de cet homme que, tout enfant déjà, elle s'était choisi comme héros au point de s'abandonner, corps et âme, à ses plus étranges désirs. De l'engagement politique de celui qui baigne à présent dans son sang, le roman reconstitue alors la genèse erratique jusqu'au point, périlleux, où la trajectoire insulaire rencontre celle de deux jeunes Marocains - Khaled et sa sœur Hayet - échoués en Corse à la recherche d'un improbable monde meilleur celui que, sur la corniche de leur ville natale, près de Tanger, faisait miroiter à leurs yeux l'inoubliable et merveilleuse promenade connue sous le nom de "Balco Atlantico"... D'une rive à l'autre, de mémoires qui ne passent ni ne se partagent, entre les âpres routes de l'exil et l'esprit d'un lieu singulier, Jérôme Ferrari jette le pont d'un roman solaire, érigé dans une langue ouverte sur toutes les mers où, de naufrages en éblouissements, passé et avenir naviguent de concert dans le rêve des hommes.

    Vidéo : Au travers le meurtre d’un nationaliste corse, Jérôme Ferrari explore les égarements des mémoires réécrites. Des nostalgies sublimées qui mènent invariablement les héros de son dernier roman, Balco Atlantico (Actes sud), à la solitude, la folie ou la mort.


    http://www.dailymotion.com/video/x4gq31_jerome-ferrari-et-les-dangereuses-n_news


    Jerome ferrari et les dangereuses nostalgies en terre corse
    envoyé par Marianne2fr







    Dans le secret, roman de Jérôme Ferrari (2007)

    4ème de couverture :
    Il y a bien longtemps que, toutes les nuits, Antoine, la quarantaine, se défait de son costume d'époux et de père de famille modèles pour succomber, dans le bar dont il est propriétaire en Corse, à la tentation de l'alcool et, bien souvent, du sexe - au plus loin de l'amour.
    Prononcée par sa femme, "l'immaculée" Lucille, au beau milieu d'une étreinte conjugale à laquelle il l'a forcée, une phrase énigmatique va, un matin, faire exploser tout l'hypocrite dispositif sur lequel repose son existence, et le contraindre à un impossible examen de conscience. Dans son désarroi, Antoine se tourne alors vers Paul, son frère cadet, qui vit, clochardisé, dans la maison de village familiale où il s'est retiré après avoir naufragé lors d'une expérience parisienne calamiteuse...
    Frères de sang et désormais frères en désastre, tous deux s'interrogent, chacun à sa façon, sur la nature du destin qui leur a été fait - peut-être par la "maladie insulaire" qui enfièvre les puissances de la mémoire, substituant le délire de ses images à la prise en compte des catastrophes bien réelles qui, au présent, menacent...
    Sur les murs que la filiation érige entre les êtres, sur la toxicité des obsessions qui s'entretiennent sous le dangereux gouvernement de l'esprit d'un lieu - l'île aux sombres secrets enfouis dans la splendeur des paysages -, sur la rémanence du sacré et les tentations du mysticisme, sur l'impossible choix entre sexualité païenne et vénération amoureuse, sur les noces, enfin, à jamais contrariées, entre l'esprit de l'homme et le monde qu'il habite, Jérôme Ferrari propose, avec ce roman ardent et rebelle, une variation somptueuse.




  • Commentaires

    1
    PP
    Mardi 3 Février 2009 à 14:44
    Je ne peux pas r?ster au plaisir de vous citer cet article du dernier n°: le 25 de Philosophie magazine d'Alexandre LACROIX :
    "il est un autre romancier ??uvrir absolument, d'autant plus qu'il est inconnu et qu'il a une ?ncelle de g?e : J?me FERRARI. (?uivre)"
    Pour nous ajacciens qui le c?ons c'est une personnalit?ttachante et ses ?ves du lyc?Fesch en philosophie ont bien de la chance de profiter de son enseignement.
    Il anime tous les vendredis un caf?hilo avec brio et passion au bistrot du cours ?artir de 21H..........d? des habitu?et une tr?agr?le convivialit? Bient?es ?ves auront droit ?ne approche du philosophe insulaire Jean-Toussaint Desanti dont J?me a ? lui-m? l'?ve, et dans cette philia qui nous anime, au sein de notre association Isula Viva "effacer la mer", nous entendons participer ?a reconnaissance de l'homme et du philosophe, de son travail, de sa transmission, il aura ? le ma?e de nombreux penseurs dans le monde, un homme honn?, discret, et si courtois, Monsieur DESANTI... nous pensons bien souvent ?ous !
    Venez nous rejoindre en visitant notre site web : www.isulaviva.net
    2
    Isle noire
    Mardi 14 Avril 2009 à 13:54
    Il nous a ? signal?n article int?ssant sur le dernier opus de J?me Ferrari, avec un autre ?airage sur sa lecture...
    voir ?'adresse: http://l-or-des-livres-blog-de-critique-litteraire.over-blog.com/article-29629289.html
    jpC
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