• Même pas morte! Un premier roman d'Anouk Langaney

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    Même pas morte ! Le titre interpelle et renvoie à l’enfance : le fameux «  Même pas mal ! » qui cache la douleur pour paraître fort et insensible dans une cour de récréation ou lors d’une fessée paternelle. C’est une bravade. Même pas morte ! L’expression amuse et intrigue. Le lecteur ne sera pas déçu par l’héroïne Minette Galandeau, une vielle dame au lourd passé délinquant. Elle vit avec les souvenirs de Maurice ( le mari) , Etienne (le Corse) et les autres membres de son gang décimé. Pour ce qui est du passé récent, sa mémoire est défaillante, conséquence de la maladie d’Alzheimer. A quatre-vingt huit  ans, sur les conseils de son médecin,  elle ouvre un pense-bête qui devient son  journal intime dans lequel elle met des pensées pas bêtes. Minette n’est pas franchement odieuse, mesquine ou menteuse… Elle l’a été voleuse de façon professionnelle : une sorte de Bonnie devenue Ma Dalton sans les enfants. Non, elle n’est pas une sorte de Tatie Danielle, héroïne d’un film  réalisé par  Etienne Chatiliez (sorti en 1990). Elle est Minette avec sa personnalité hors du commun et se comporte parfois comme un mec, jusqu’à lorgner sur une belle paire de nibards. Elle n’est pas antipathique et son neveu n’a rien à voir avec le gentil Jean-Pierre, celui de Tatie Danielle. Edouard se présente à elle comme le fils de son unique sœur morte aux Amériques. On comprend que la famille de Minette était  un nœud de vipères.

    Alors que Tatie Minette a projeté de quitter le Périgord et d’aller mourir au soleil avec un mojito à la main, son neveu  lui écrit, se pointe et s’installe chez elle. C’est le début du suspens. Qui est-il vraiment ? Son vrai neveu ou un imposteur mal intentionné ? Un flic ou un voyou ? Que veut-Il ? Est-il sincère ? Dit-il la vérité ? Même pas vrai ! pense-t-elle. Malgré ses soupçons et ses doutes, la vieille s’amuse de la situation. Même pas peur ! Elle en joue et ça l’émoustille. Toutes les supputations restent possibles et donc nous vous laissons supputer à partir de la page 11, d’autant plus que la maladie d’Alzheimer provoque parfois des crises de paranoïa. Cela peut perturber Minette mais aussi le lecteur inquiet du danger qu’elle court ou qu’elle imagine.  

    Le titre « Même pas morte ! » reste en filigrane de la lecture et participe au suspens dans ce récit où, même si la mort rode,  l’humour de bon aloi est toujours sous-jacent avec ses bouffées d’hilarité qui remontent souvent et activent les zygomatiques. Les vrais sujets sérieux sont la maladie d’Alzheimer et la vieillesse. L’auteur a choisi un point de vue qui laisse toute sa dignité humaine à son héroïne. Minette pose un regard lucide sur elle-même jusqu’à l’autodérision. La maladie d’Alzheimer n’atteint que sa mémoire et laisse intactes ses facultés mentales. Elle peut ainsi se montrer calculatrice et retorse. La dérision sans outrance fait de cette lecture un vrai plaisir. Sans aucun doute, Minette offre un témoignage humain et vaillamment combattif contre la vieillesse et la maladie d’Alzheimer.

    Nous nous associons à l’avis d’Hervé Sard sur le site « Polarmania » :

    Ce roman est remarquable, avec un humour omniprésent, des "petites phrases" à toutes les pages, des personnages tous attachants. Entre le neveu d'Amérique qui vient s'installer et le voisin bougon qui cache bien son jeu, Minette Galandeau brûle ses dernières cartouches à la manière d'un feu d'artifice et le spectacle est un régal. Un seul mot pour résumer ce premier roman tout juste sorti d'imprimerie (publié en Corse, il ne sera disponible "sur le continent" qu'à la rentrée) : formidable. Un festival d'humour et une écriture comme j'en trouve rarement, sorte de mélange de Donald Westlake, de Pierre Siniac et de Tito Topin. Un conseil, si je peux en glisser un : oublier les sempiternelles platitudes commerciales de la "rentrée littéraire" et se précipiter sur ce livre exceptionnel, c'est un bonheur de lecture.

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    Anouk Langaney aime lire et écouter de la bonne musique Elle est montée sur les planches pour des représentations de Macbeth avec la troupe ajaccienne de l’atelier théâtral « Le Thé à Trois »  (Paul Grenier).

    Son éditeur "Editions Albiana" écrit, sur la 4ème page de couverture, qu’elle s’est pas mal promenée en parlant des livres des autres. Elle est enseignante. « Même pas morte ! » est sa première publication dont elle parle elle-même dans une vidéo d’Alta-Frequenza … 


    2013.08.01 Anouk Langaney par ALTA-FREQUENZA


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