• Liens de sang, premier polar d'Edmond Zucchelli.

    LIENS DE SANG, Editions L'Ecailler du Sud
    site de l'Editeur: http://www.editionslecailler.com



    Edmond Zucchelli, né en 1960, a été journaliste à Europe 1 de 1985 à 1998. Présentateur de journaux, grand reporter, puis rédacteur en chef, il a été en charge des développements numériques au sein de la rédaction d'Europe 1. En 1997, il fut le concepteur de la première plate-forme éditoriale de diffusion pluri-média en Europe.
    Directeur éditorial du portail Club Internet, puis créateur et directeur-général de France Télévisions Interactive, jusqu'en 2002, il est un expert des nouveaux médias numériques et de leurs business models. Il est professeur à Euromed Marseille.
    Nous avons trouvé trace de sa participation au 2ème forum des industries culturelles, les 27 au 29 janvier 2005 à Arles  sur le thème "Les stratégies de l’indépendance", s’interrogeant sur la question de l’indépendance et ses enjeux dans le monde de la création de contenus et, en ce qui le concerne, plus précisément sur le Numérique : menaces et opportunités.

    Edmond Zucchelli est l'auteur de deux essais : La Peste Informatique ( co-auteur : Alain Acco 1988, Calmann-Lévy) et L'Enfance Violée ( co-auteure Danielle Bongibault -1989, Calmann-Lévy). Il est aujourd'hui romancier (Les Liens du Sang, 2007, l'Ecailler).


    Présentation de "Liens de Sang" par l’Editeur :
    Diego Le Matt a plusieurs vies. Ex-membre des services actifs, ex-gitan de la banlieue nord de Marseille, ex-beaucoup de choses, Diego aujourd’hui cherche sa vérité en la personne de celle qui pourrait être sa sœur, ou l’amour de sa vie, ou les deux, et qui a été enlevée par le parrain du milieu marseillais. Dans un bistrot en bord de mer, Diego fait la connaissance de Bébert, un homme plus âgé avec qui il semble partager bien des secrets et qui semble aussi doué que lui pour l’action, le maniement des armes et le retournement des hommes... De l’action encore de l’action, qui mènera le duo jusqu’en Floride avant un dénouement marseillais explosif.



    Notre avis sur Liens de sang, paru aux Editions L'Ecailler du sud en Mai 2007:

    Liens de sang apparaît comme un polar polymorphe, un thriller sur fond de tragédie grecque… mais nous sommes à Marseille, et la tragédie grecque aura-t-elle une fin de conte de fée pour " Alice au pays des gitans " et son héros ?…
    Lorsqu’Alice demande à Diégo : "  Et c’est quoi ton métier au juste ? ", il lui répond : "  Un métier de con, où tu récupères des princesses, où tu sauves le petit Poucet, et où tu attaques des châteaux avec un cheval et un seau d’eau ". Le petit Poucet se prénomme Ludo. Le grand seigneur du château est le cruel Tracchiani , ancien époux de la vraie mère de Diégo, père d’Alice et parrain de la maffia… Alice sauve Lido des griffes de son père, Diégo sauvent Lido et Alice qui tombe amoureuse de Diégo. Mais voilà !… Diégo serait le demi-frère d’Alice et contrarie une opération criminelle dirigée par celui qui serait donc son père ne pouvant ainsi devenir son beau-père, si nos deux tourtereaux devaient aller jusqu’au mariage. Roméo et Juliette, à côté de cela, c’est une bluette. Normal ! Je vous parle d’un polar.  Alice et Diégo ne sont pas Antigone et Polynice… Il ne s’agit pas de nobles héros. Normal ! Je vous parle d’un polar qui vous offrira, en bonus, une aventure  avec une mise en scène proche de celles de Steven Spielberg sans la série « Indiana Jones »... Les effets spéciaux sont à réaliser dans votre imaginaire.
    Bien sûr, il s’agit d’une fiction et d’aucuns y trouveront l’invraisemblance d’une épopée héroïque, mais la réalité y est humaine. Les personnages sont hauts en couleur, comme le père adoptif de Diégo Le Matt, ce gitan Zacharias, inséparable de la guitare qui, avec son épouse Amina, aurait pu figurer dans un film de Tony Gatlif…
    Jean-Claude Izzo disait "Par n'importe quel bout qu'on prenne les choses, on en revient toujours au même endroit. Là où on a les pieds. dans la merde"… C’est ce que fait Diégo Le Matt en revenant à Marseille… 

    A Marseille, des gitans se sont sédentarisés parce que c’est une ville nomade… " une plaie ouverte aux flancs des continents ",  un lieu de concentration, le point de départ vers des voyages imaginaires ou réels. Comme la méditerranée rythme les jours, elle marque l’équilibre entre immobilité et mouvement, sédentarité et nomadisme. C’est la ville de l’ici et des ailleurs…

    L’un des plus grands poètes de la cité phocéenne est Louis Brauquier dont nous reproduisons le texte intitulé " Et l’ au-delà de Suez "

    Et nous leur parlerons, nous, de la vieille Europe .
    Aux hommes des pays où nous aborderons,
    Aux sages d'Orient, qui voient couler les fleuves.
    Et ce sera comme un récit de petit-fils .
    Qui reviennent enfin au berceau de leurs âges
    Par le chemin des invasions, les croisements
    Des races emmêlées au creux des grandes routes
    Et les ports, plaies ouvertes aux flancs des continents.
     
    Nous, dont le sang brûlant ne connaît que sa force
    Nous les hommes des ports,
    Nous qui avons compté les visages des races,
    Nous qui tournons les yeux
    Vers d'autres ports dont les noms sont beaux d'aventures,
    Chauds et mystérieux,
    Peut -être, cherchons-nous à travers les mâtures,
    A retrouver nos dieux.
    Qu'importe? nous dirons aux races immuables
    Ce que nous avons fait.
    Nous dirons la montée des villes, la puissance
    Assise au bord de mer.
     
    Nous dirons qu'en dix jours, de Londres ou de Marseille,
    On va jusqu'à Bagdad,
    Qu'on parle à haute voix par dessus l' Atlantique,
    Et que New York répond.
    Nous dirons que la mer entoure de ses algues,
    Les câbles sous-marins,
    Et qu'on a mis des noms de ville sur le sable,
    Jusqu'au centre africain.
     
    Et chacun vantera son port parmi les villes ;
    Tu parleras d'Anvers,
    Et toi de Gênes, toi de Liverpool et moi,
    Je leur parlerai de Marseille.
    Ils nous demanderont alors si le bonheur
    Est parmi nos conquêtes,
    Les sages méditant les préceptes antiques,
    Qui ne sont pas pastis.
    Ceci se passera dans un bazar de l'Inde
    Ou dans un café de Stamboul.
    Pourquoi, nous diront-ils, chercher, la vie est brève,
    Et Allah seul est grand.
     
    Nous ne répondrons pas, car nous, nous ne parlons plus
    La même langue,
    Adieu amis, vieillards adieu, notre vie est
    Celle du monde.
     

    Ce poème est d’abord paru dans un recueil portant le même titre et publié dans la Revue Le Feu… On le trouve dans un recueil récent intitulé " Je connais des îles lointaines " ( Dernière parution en 2000 aux Editions La table ronde )..







    Bonus :

    - Interview « Le journal du Net » d’Edmond Zuchelli lorsqu’il a  pris ses fonctions de directeur général de FTVI en février 2000. Voir à l’adresse ci-dessous :
          http://www.journaldunet.com/itws/it_zucchelli2.shtml

    - Biographie de Louis Brauquier sur site « Marseillais du monde », à l’asdresse ci-dessous :
    http://www.marseillais-du-monde.org/iles_lointaines.php3



    Né le14 août 1900, Louis Brauquier passe son enfance à Saint-Mitre-les-Remparts et fait ses études au "Grand Lycée"(actuel Lycée Thiers) de Marseille. Embauché en 1918 comme commis des Douanes chez Madame Moreau, il est ensuite journaliste au Radical en 1920. Il rencontre Gabriel Audisio et participe à la fondation de la revue La Coupo, une publication d'inspiration provençale, puis rejoint Fortunio de Marcel Pagnol et Jean Ballard qui deviendra entre les deux guerres Les Cahiers du Sud. À vingt-deux ans, il est déjà le poète reconnu de Marseille et de la vie portuaire auxquels il consacre son premier recueil Et l'au-delà de Suez. Ses premiers écrits lui valent en 1923 le prix de poésie Catulle-Mendès.
    Muni d’une licence de droit, il réussi le concours du commissariat de la Marine Marchande et entre aux Messageries Maritimes, naviguant sur les lignes de Méditerranée et d'Extrême-Orient. Tour à tour en poste à Sydney, puis à Nouméa, il publie en 1931 une série de poèmes Eau douce pour navires. puis en 1932 un drame Pythéas. A partir de 1934, il réside à Alexandrie où il écrit Le Pilote. Mobilisé comme caporal dans le Génie en 1939, il devient interprète auprès de l'armée anglaise. A son retour, il publie Liberté des Mers. De 1941 à 1947, il est en poste à Shanghaï sous l'occupation japonaise, puis en 1948 à Diego-Suarez. Agent général des Messageries Maritimes de 1952 à 1955, il séjourne à Saïgon, Colombo, Sydney et Alexandrie dont il est expulsé lors de l'expédition franco-anglaise de Suez avant de repartir pour Sydney et Nouméa. Faisant valoir ses droits à la retraite, il se retire à Marseille en 1960. En 1962, le Grand Prix Littéraire de Provence lui est décerné. Il devient Membre de l'Académie Ronsard en 1963. Il publie encore Feux d'Epaves en 1970, avant d’obtenir en 1971 le Grand Prix de poésie de l'Académie française et la Grande Médaille de la ville de Marseille. Il décède le 7 septembre 1976 d'une congestion cérébrale, alors qu’il se rendait à Paris au chevet de son ami Gabriel Audisio, hospitalisé.

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