• La Corse noire et ses ami(e)s font leur festival

    En littérature, le noir renvoie à des genres bien particuliers : le romantisme noir en Angleterre et en Allemagne à la fin du XVIIIème siècle, puis le roman noir, qui désignent des intrigues policières ou un suspense dans un récit dramatique, pessimiste, tragique. Chez les auteurs, comme dans son histoire, le noir est plus complexe et nuancé, ce qui explique les innombrables sous-genres avec leurs héros : flic, privé dur-à-cuire, journaliste,  voyou, espion, tueur en série...

    Polar, néo-polar, roman noir, thriller, roman policier... terminologie d’une même littérature: "la Noire " avec toute la symbolique de la couleur qui ouvre de nombreux horizons humains et sociaux. Les commentateurs du polar expliquent que le roman noir voit le mal dans la société alors que le roman policier le voit dans l’homme. Ne peut-on pas le voir dans les deux ?

    Le genre noir contient tous les ingrédients de la symbolique de la couleur : le mystère, l’inconnu (ce qui est caché), l’occulte, la menace, la révolte (l’anarchie), l’autorité, la puissance, la dignité, le pouvoir, l’austérité, le négatif, le néfaste, la tristesse, le désespoir, la peur… le mal, la mort et même jusqu’à l’élégance, la sobriété, le raffinement. Dans l’Egypte antique, on trouve la symbolique positive du mot " kem " dans la langue des Pharaons. Tiré du noir, ce mot se traduit par "mener à bien, s’élever à, accomplir, payer, compléter, servir à ", mais encore " être noir ". " Kem " signifie aussi " complet, parfait, obligation, devoir ".

    A chacun son noir car il n’appartient à personne. Le polar est sans consigne littéraire. Le noir est un symbole fort avec ses paradoxes, ses réalités et ses chimères…

    En Corse, le soleil est présent avec ses jaunes. Le jaune, encore une couleur qui s’associe au noir sur les couvertures de collections éditoriales noires. Sur les îles sanguinaires, le soleil couchant vire au rouge. Les thèmes imaginaires ou réels inspirent les auteurs corses dans une île noire et rouge sur fond de bleu marin et azuréen On peut en dresser un inventaire non exhaustif : la politique, les autonomistes, les barbouzes, les révoltes, la musique et les chants, l’écologie, la désertification, la pauvreté, le chômage, le huis clos, les mythes, les légendes, le banditisme, l’omerta, l’honneur, le clanisme, la cursita ( ce mal du pays qui rend l’exil, douloureux, cette nostalgie hors de l’île bien particulière apparentée à la "saudade " brésilienne et portugaise). Sur l’île, le tragique côtoie l’humour, comme dans le polar. L’hospitalité reste une constante culturelle.

    Le 12 juillet 2012, s’ouvrira à Ajaccio le 6ème festival du polar corse et méditerranéen. Chaque année, l’association  Corsicapolar invite des auteurs qui « s’abreuvent à des sources communes » aux quelles bien entendu, il convient d’ajouter celles de leurs origines et leurs parcours.  Près de quarante auteurs seront présents…

     

     


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