• Début du roman noir américain

    Le roman noir américain :<o:p></o:p>

     
    Il se développe, au début des années 20 (temps de la prohibition), dans des magazines à bon marché, les dime-novels au début des années 20 puis avec les Pulps dont le plus célèbre est Pulp Black Mask.  Joseph Shaw, directeur du Black Mask, définit l’origine de ce nouveau genre qui va s’appeler le « Hard boiled » lorsqu’il a déclaré : «  Mes collaborateurs et moi-même décidâmes de créer un nouveau genre d’histoires policières, différent de celui en usage au temps des Chaldéens et plus récemment adopté par Gaboriau, Poe, Conan Doyle et tous les autres, à savoir le genre déductif du type mots croisés ou puzzle qui, délibérément, manque de toute émotion humaine ». Ainsi à la place du raffinement et d’un manichéisme trop propre, les auteurs du Hard boiled vont proposer des romans criminels réalistes dont Privés et gangsters sont les héros « durs à cuire », violents, cyniques, adeptes de sexe et de l’alcool.

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    Dashiel Hammet en est  le père fondateur avec une première nouvelle « L’incendiaire ». Avec lui, naissent les personnages de détectives cyniques et désenchantés qui évoluent dans des milieux glauques sur fond de violence, de corruption et de misère sociale. Le sang appelle le sang et le coupable meurt par où il a péché. Dans ses écrits,   Hammet fait aussi une critique acide des institutions américaines, ce qui lui vaudra un emprisonnement sous Mac Carthy. On peut citer parmi ses ouvrages : La moisson rouge et La sang maudit écrits en 1929 , mais aussi le faucon de Malte ( titre en coup de chapeau au Faucon Maltais) avec le privé Sam Spade, et encore La clé de verre (1930) et L’introuvable (1934).

    Hammet va fasciner un autre auteur américain, Raymond Chandler qui publie son premier roman en 1939 « Le grand sommeil » avec l’apparition de Philip Marlowe qui traînera sa dégaine dans 6 autres titres qui suivront  dont le dernier « The Pencil » écrit en 1958 et édité en 1960 après la mort de l’auteur qui survient en 1959. Chandler s’est voulu aussi théoricien du nouveau roman criminel avec son opus : »L’art d’assassiner ou la moindre chose » (1944). Son œuvre noire est parmi les plus violentes de son époque, avec des descriptions très visuelles et des atmosphères dans des récits facilement adaptables au cinéma.



    Entre 1935 et 1939, un certain William Irish écrivait une centaine de nouvelles dans les Dime Détective et Black Mask. Il publie son premier roman, en 1940,  sous le pseudonyme de Woolrich Cornell : « La mariée était tout en noir » , avant sa suite noire de cinq titres : Retour à Tillary street, Alibi noir, Ange, Une peur noire, Rendez-vous en noir, mais, à la même période,  c’est William Irish qui signera Lady Fantôme, L’heure blafarde, la sirène du Mississipi et enfin j’ai épousé une ombre (1948). Il vivait avec sa mère malade et quand celle-ci décède, il se retire dans la solitude et l’alcoolisme. Après l’amputation d’une jambe à cause de la gangrène, il meurt d’une attaque dans l’oubli, tout en restant le maître du roman à suspens avec ses récits qui machiavéliques.

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    Il faut citer ensuite William Riley Burnett qui se fait connaître en 1929 avec la parution de « Le petit césar » , vie d’un truand inspiré de celle d’Al Capone, suivie d’une trilogie urbaine avec Quand la ville dort, Rien dans les manches et  Donnant -donnant. Il a obtenu l’Oscar du meilleur scénario pour La grande évasion en 1962. James Cain décrit un monde qui a pour métaphysique le sexe et de l’argent, notamment avec « Le facteur sonne toujours trois fois » (1934) et Assurance sur la mort (1936). Celui qui se dit l’écrivain maudit du roman noir,  Horace MC Coy  et qui est journaliste sportif, écrit « On achève bien les chevaux », en 1935, mais aussi « Un linceul n’a pas de poches » en 1937 et  publié qu’en 1948. 

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    Un arrêt sur Jim Thomson, un des plus noirs avec une galerie de personnages désespérés et désespérants, en passant par le shérif de « 1275 âmes »  ( en France n° 1000 de la série noire), le représentant de commerce parano dans Des cliques et des claques) , le journaliste alcoolo dans M. Zéro, le garçon de café complètement névrosé dans La mort viendra, petite ou encore le nervi tueur dans Nuit de fureur. Une équipe de dessinateurs et scénaristes ont réalisé les deux premiers tomes d’une trilogie « Sans pitié » en rendant hommage à cet auteur. La premier page du premier tome, montre un ballez en train de lire : « Deuil dans le coton » (titre original : Cropper’s Cabin). Ce roman est sorti en  1952. Le premier roman de Jim Thomson  est  Now et Earth  (1942), traduction littérale « Maintenant et ici-bas » ayant donné le titre français  « Ici et maintenant ».

    Jim Thomson a été découvert en France avec la parution de son roman « 1275 âmes », n°1000 de la Série noire (titre original : Pop 1280 et adaptation cinématographique de Tavernier dans « coup de torchon »).Plusieurs de ses romans, alors qu’il est mort dans l’indifférence aux Etats Unis, ont été adaptés au cinéma.  En France, on peut citer aussi  « Série noire »  d’Alain Corneau. 

    Cet auteur texan  a été comparé à Céline et avait une vision apocalyptique du monde.  Il a raconté sa vie dans Bad boy (1953).  Il a travaillé avec Stanley Kubrick pour « Ultime razzia »  et pour « Les sentiers de la gloire » (1955). On le voit apparaître dans le film « Farewell My Lovely » de Dick Richard qui lui a donné le rôle d’un juge trompé par son épouse.  Il a écrit dans les Pulps d’où ont émergé les premiers auteurs du hard boiled qui ont inspiré le genre noire en France et « les arpenteurs du réel » auxquels fait allusion Daeninckx, qu’ils soient de Marseille ou d’ailleurs.

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    David Goodis était reporter et explorer les bas-fonds urbains, se déguisant même en clodo. Il a mis en scène des anti-héros, galériens urbains qui se révoltent dans un sursaut de dignité humaine avant de sombrer définitivement dans le néant. Pour exemples quelques titres évocateurs: La nuit tombe, Epaves, Sans espoir de retour.. Il est l’auteur de  « Ne tirez pas sur le pianiste adapté au cinéma par Truffaut en 1957.

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    Un écrivain noir dans la Noire,  Chester Himes qui, après avoir purgé sept ans de pénitencier aux USA pour braquage,  s’installe en France où il rencontre Marcel Duhamel et écrit « La reine des pommes » en 1958 et  « Fossoyeur Jones et Ed Cercueil », deux flics violents qui séviront dans une série de 9 romans. On peut citer aussi L’aveugle au pistolet, Affaire de viol et Fin du primitif. Aujourd’hui, un autre écrivain américain et noir vit en France.  Il s’agit de Jake Lamar dont deux ouvrages sont publiés chez Payot et Rivages Nous avions un rêve (Thriller) et  « Le caméléon noir » (noir). Il est né et a grandi à Now York dans le Bronx. Il est journaliste diplômé de Harvard. Il était venu visité la France en 1993 et s’y est établi. Le Caméléon noir est l’histoire d’un journaliste noir américain, Clay Robinette, épinglé pour une histoire de falsification de source d’information et recyclé dans l’enseignement. Son ami Reggie Brogus, obèse et ancien militant de la cause noire,  trouve le cadavre nu d’une jeune femme blanche, une étudiante avec laquelle Clay a une liaison. Malgré les soupçons qui pèsent sur Brogus, Clay va se fourrer dans les ennuis pour couvrir son ami. L’autre roman est une anticipation de l’avenir policier et judiciaire de l’Amérique avec camps de rééducation des toxicos, exécutions télévisées des condamnés à mort de plus en plus nombreux, rétablissement de la pendaison par souci d’économie… et tou cela sous la houlette d’un attorney en passe de devenir le premier vice-président noir des Etats-Unis.

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    Il y a en d’autres écrivains américains comme Mickey Spillane, inventeur de Mike Hammer, Erie Stanley Gardner, père de Perry Mason, Ed Mc Cain et son commissariat du 87ème district ou encore James Hadley Chase et ses 89 romans dont « Pas d’orchidées pour Miss Blandish, adapté au théâtre. On ne peut tous les citer. Il existe des dictionnaires du polar. Il y a aussi de bons libraires qui mettent même des fiches de lecture dans leurs livres.

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    Toutefois, on ne peut éviter le contemporain Donald Elwin Westlake, recordman prolifique  des pseudonymes qui, depuis son premier roman « Le  Zèbre » édité en 1960, a constitué des bibliographie et filmographie impressionnantes.  Il a écrit ses premiers romans dans la veine de Hammet et Irish . Avec son sixième roman « Le pigeon d’Argile », il va changer de style pour adopter la dérision et l’humour jusqu’au grotesque, avec, par exemple son héros John Dortmunder, chef de gang. Parmi sa filmographie européenne, on peut citer « Mise à sac » d’Alain Cavalier d’après le roman « The Score »,   « Je suis un assassin de Thomas Vincent d’après le roman « Le contrat » ( roman inspiré du mythe de Faust), mais aussi « Le couperet » de Costa Gavras d’après un roman éponyme de 2005.


    Prochainement l'évolution du roman noir en France ... à suivre!

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