• Bernard Vitiello, du divan à la forme blanche...

     

     Vitiello_portrait

    Bernard Vitiello est né en 1951 à Marseille. Il fait partie de ceux que les Marseillais purs pastis appelaient des Babis, entendez des Italiens de Marseille. Ses grands-parents ont franchi les Alpes en 1924 pour fuir l’Italie fasciste. Il ne faut pas croire que l’installation a été facile à une époque où la xénophobie était déjà plus fréquente que la solidarité.  Malgré quelques injures et pas mal d’ostracisme, les Vitiello, comme d’autres familles italiennes, se sont intégrés sans se désintégrer. Ils sont devenus des Français d’origine italienne. Son père; après une courte expérience comme prothésiste dentaire, devient journaliste au Provençal (aujourd'hui La Provence). Sans doute influencé par la plume paternel, Bernard Vitiello commence à écrire dès l'adolescence. Il a d’abord exercé divers  métiers dont celui de pion au sein de cette grosse machine qu'est l'Éducation nationale. Il est resté pendant sept ans dans un L.E.P.( Lycée d’enseignement professionnel) des quartiers Nord.  Il y a  crée un atelier de Jeu dramatique puis de photo. De pion, il est passé Conseiller d'orientation psychologue. On peut aujourd’hui lui dire ce qu’a écrit Michel Ficetola dans son opus « La tchache de Marseille » : « A une époque les Babis y zétaient considérés comme des crapauds ; Et maintenant y sont respectés comme Marcel Ruffo. ».

    Au début des années 1980, Bernard Vitiello devient un A.C.I. (auteur-compositeur-interprète). S'en suivra une série de concerts, notamment au Théâtre Toursky (Marseille) et à Châteauvallon. Derrière lui, sept musiciens aux talents confirmés, dont Philippe Troïsi, âme damnée du groupe rock Quartiers Nord. Bernard Vitiello composera pour la scène et, en 2009, il signe même un oratorio. Sa passion des arts ne s’arrête pas là. Du dessin pur à la gouache, via la linogravure, les papiers collés et le pastel, il s’adonne aux arts plastiques.  Il n'abandonne pas l’écriture. Là encore il se frotte à plusieurs genres : poésie (son domaine de prédilection),  romans (surtout le noir),  écrits sur la société et  théâtre. Une vie professionnelle, intellectuelle, artistique et littéraire déjà bien remplie.

    Bernard Vitiello est un des nouveaux invités du Festival du polar corse et méditerranéen qui se déroulera le 12 et le 13 juillet à Ajaccio. Il embarquera le mercredi 11 juillet prochain sur le Danielle Casanova qui part à 21 Heures.. Ce sera l’occasion de présenter et dédicacer  aux voyageurs ses deux romans noirs avant d’être présent sur la place Diamant à Ajaccio les jours suivants.

    roman_vitiello

    Noir divan

    Le divan est inséparable de la psychanalyse. C’est le lieu où le passé resurgit. Dans ce roman noir, il devient ce qui relit les deux premières victimes : une jeune psychanalyste assassinée et son dernier patient qui se suicide. La mort est un événement familial mais la famille de la jeune psychanalyste veut savoir ce qui s’est passé. C’est un ami avocat qui va enquêter en se rapprochant du commissaire de police chargé de l’affaire. Le suicide semble désigner comme coupable le dernier patient. Sans doute trop évident pour ne pas chercher ailleurs. C’est Didier Daeninckx qui a défini le roman policier en disant qu’il était «un type de roman dont l’objet se situe avant la première page ». C’est forcément une descente rétrospective dans le passé et l’auteur va nous amener à la période de Mai 1968, période ô combien historique et porteuse d’idéaux. Que reste-t-il de ces idéaux ?  La réponse est-elle la clé de l’enquête. Une enquête va chercher dans le passé de vieilles actions alors que la psychanalyse fait remonter de vieilles passions. Sont-ce les actions ou les passions qui peuvent être mortelles ? Pour le savoir qui sera le plus efficace, l’avocat ou le policier ? D’où sortira la vérité ? De l’enquête officielle, des techniques policières ou de l’enquête officieuse plus personnelle, moins factuelle et moins légaliste.  Les deux peuvent-elles finalement se compléter grâce à l’amitié partagée? Cette dualité fait penser à la théorie à la théorie de Kehlweiler dans un roman de Fred Varga. Le policier doit se servir de ses deux mains.…La main gauche imparfaite, malhabile, hésitante, et donc productrice salutaire du cafouillis et du doute, et la main droite, assurée, ferme, détentrice du savoir-faire. Avec elle, la maîtrise, la méthode et la logique. Dans le roman de Bernard Vitiello, la main droite serait le flic et la main gauche l’avocat qui joue le rôle du privé... Ce récit policier, puisqu’il y a meurtre et enquête, met en scène des personnages dont l’auteur a fignolé la psychologie. C’est aussi une psychanalyse soixante-huitarde et une histoire d’amitié.

    Au sujet de ce roman l’auteur a parlé d’amitié  dans un article : «  Ce roman est d’abord l’histoire d’une amitié indéfectible qui me lie depuis la fin des années 70 à Michel Bouilly, avocat, fin lettré et un remarquable musicien. Ensemble moi le Marseille, lui le Parisien, nous avons élaboré la trame de « Noir divan » et si je suis l’unique plume, une lumière fraternelle brûlait comme une lampe quand j’écrivais »

    Une auteure, Nathalie Lotiger-Chacornac a donné son avis : «  Chez Bernard Vitiello, ce qui m’a frappée, c’est la musique de l’écriture. Son livre, c’est de la poésie urbaine, c’est plein de rebondissements, avec des allers et retours entre Marseille, Paris, Lyon, avec une étude très fine de la psychologie des personnages, même s’il ne donne jamais de leçon de morale et assure détester la psychologie rampante. »

     

    Vitiello Noir Divan 4 de couv

     

    Vitiello Léo Prat 1 de couv (2)

    Léo prat et la forme blanche par Bernard Vitiello

    Bernard Vitiello explique sa démarche et parle de son deuxième roman noir : « Explorer toutes les déclinaisons de la littérature noire, tel est mon but et mon (bon) plaisir, moi qui viens de la poésie et qui y reste. Dans Noir Divan, je fais un clin d’œil à nos glorieux ancêtres du polar « urbain », Chase, Chandler and co. Avec mon tout dernier Léo Prat et la Forme blanche, vive le polar fantastique ! »

    La forme blanche ? Les neurobiologistes travailleraient sur un « phénomène », l’expérience la plus terrifiante que l’espèce humaine ait jamais vécue, nous dit l’auteur.  Il ne lui restait plus qu’à dérouler son « voyage » et notre « phénomène » sur une trame romanesque. Léo Prat et la Forme blanche est un récit entre réalité et fictions qui se croisent, se percutent, se parasitent  se nourrissant l’une de l’autre, une « sorte de banquet du diable ».

    Trois femmes, trois meurtres, l’abominable rituel d’un serial killer, Léo et Léa Prat, Ned le chat... voilà pour la réalité. L’intrusion d’un tueur en série apparaît surréaliste... Où commence la réalité et où finit la fiction ?

     « Souvenez-vous : La terre est bleue comme une orange écrivait Paul Éluard. Un paquet d’années plus tard, le premier homme expédié dans la lune témoignera que, vue de loin, notre petite boule est de facto bleue » lance malicieusement Bernard Vitiello et il conclue « La poésie, le polar, les techniques, la science, il n’existe pas de frontières pour l’esprit, pas de petites boîtes, la « pensée à tiroirs » est une invention d’insuffisants ! »  

    Vitiello Léo Prat et la Forme blanche 4 de couv

     

     


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  • Commentaires

    1
    deedee
    Mardi 22 Mai 2012 à 09:22

    Noir divant, Léo Prat et la forme blanche, du vrai polar!


    Bernard, la Corse t'attend! Tu peux même t'en inspirer, qui sait? 


    Amitiés Deedee


     

    2
    pigala
    Mardi 22 Mai 2012 à 09:56

    Bravo Bernard, je suis fier de toi et de ton travail.Je te souhaite tout le succès que tu mérites.


    Amitiés.


    Lucien Vassal.

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