• Un catalan, un Avignonnais et un Aixois au festival du polar d'Ajaccio

    Gildas Girodeau, Jean-Pierre Petit et Jean-Paul Delfino au Festival du Polar corse et méditerranéen d'Ajaccio:


    Le 5 juillet 2007, à Marseille, des auteurs de polars embarqueront sur le car ferry Napoléon Bonaparte pour la traversée vers Ajaccio où se déroulera le festival du polar corse et méditerranéen du 6 au 8 juillet suivant. A bord se trouvera la Drômoise, Catherine Fradier dont nous avons parlé dans notre précédent article. Allons jusqu’à Perpignan à la rencontre de Gildas Girodeau, faisons un arrêt à Avignon où vit Jean-Pierre Petit et une dernière étape, avant Marseille, à Aix en Provence, ville de Jean-Paul Delfino. Tous les trois feront partie du voyage.






    Gildas Girodeau, passionné de mer et de voile, a participé à de nombreuses compétitions et traversées de l'Atlantique en voilier. Dirigeant d'entreprise, il mènera avec une bande de copains la franchise " Subchandlers ", spécialisée dans la plongée sous-marine, à la notoriété internationale. Mais c'est au lycée Arago, de Perpignan, que sa passion pour l'écriture prend ses sources, ainsi que dans le bouillonnement politique et culturel des années 70. Aujourd’hui oléiculteur, Il continue à aimer la mer au travers du patrimoine maritime catalan, dont il est l’un des spécialistes. Il a été édité pour la première fois en 2005, par Cap Béar Editions, à Perpignan.

    La Retirada, le vin, la peinture, les magouilles politiques, les révoltes des vignerons, la tauromachie, les serial killer, la prostitution, les barbouzes... autant de thèmes du polar catalan avec ses auteurs qui se sont réunis pour la première fois lors d'une conférence au festival Polar et BD à Port-Vendres 2 (le retour), le 14 mai 2006 : René Grando (Tapas bulgares pour Germinal Poco), Gildas Girodeau (Rouge tragique à Collioure), Claude Delmas (La vie va vite en août) et Gil Graff (Chronodrome), le Flamand Dirk de Vos (la trilogie Would-be dont Le lézard espagnol) et le Gascon-Catalan François Darnaudet (la trilogie noire dont Le dernier Talgo à Port-Bou), sans oublier Ward le Basque (Meurtre à Aimé Giral)…
    Voir l’article de François Biribi sur le polar catalan à l’adresse ci-desssous:
    En français : http://www.la-clau.net/fr/editos/2006/25_et_vint_le_polar.php
    En catalan : http://www.la-clau.net/cat/editos/2006/25_policiac_nord_catala.php



    Malaguanyat Terminus Béar Aux éditions Cap Béarn Edutions:

    La quatrième de couverture : " Paul Ferder était confortablement installé dans ses emmerdements, quand Nathalie remit les pieds dans sa vie. Un jour, il y a bien longtemps, Nath avait planté Paul sans dire autre chose que " perds pas ton temps à me suivre, tout est fini " et voilà qu'elle l'alertait de son retour en France à bord d'un cargo brésilien. Pourquoi revenait-elle et pourquoi l'en informait-elle ? Parce qu'elle était en fuite et avait un service à lui demander, " un vrai gros service. Est-ce par curiosité ou pas fidélité au passé que Paul honore le rendez-vous que lui a fixé Nath à Brest ? Qui sait et qu'importe… Gildas Girodeau signe un petit polar sous lequel semble se cacher l'ébauche d'un autre roman, celui d'une génération. Il fut un temps, il y a bien longtemps, des hommes et des femmes, en Espagne, en Grèce, au Nicaragua et ailleurs, combattaient les dictatures au nom de la liberté et du socialisme, peut-être inspirés par la lecture de " Matérialisme dialectique, matérialisme historique et psychanalyse ". Mais aujourd'hui, beaucoup ont déposé les " armes ". Certaines de ces reconversions ont été synonymes de passage à " l'ennemi "… Paul Ferder a été de cela, il n'est pas de ceux-ci… Voilà qui pourraient rebuter les amateurs de pur polar, qu'ils se rassurent, rien ne manque à " Malaguanyat terminus Béar " ni les cadavres, ni les tueurs, ni les femmes… ni le plaisir de lire une intrigue fort bien ficelée… ni celui de visiter le Pays Catalan…
    Extrait : " Le taxi avançait péniblement sous une pluie battante. La chaussée qui serpentait dans ce coin perdu était inondée, de grandes gerbes d'eau jaillissaient sous les roues impatientes. Enfin, il ralentit puis s'arrêta devant une auberge plantée au milieu de la lande. Le chauffeur se retourna :
    - Ça fait seize €
    L’homme tendit un billet de vingt et laissa la monnaie.
    - Merci Monsieur, attendez ! Je vais prendre un parapluie et vous accompagner à l'auberge, la pluie va vous…
    Mais déjà la portière claquait, l'homme était parti. Le chauffeur incrédule suivit du regard la silhouette qui s’éloignait sur le chemin menant à la Pointe Saint Matthieu.
    - Bin çui là, il n’a pas peur de l'eau au moins ! Bon Dieu ! Moi qui croyais qu'il allait à l'auberge, mais qu'est ce qu'il va foutre par là-bas? "



    Rouge tragique à Collioure :

    L’auteur , un enfant de Collioure, amateur d'art, de vin du terroir et passionné de la Méditerranée, signe un polar dont l'histoire aux accents du sud se déroule sur la Côte Vermeille : Rouge tragique à Collioure. Ce qui semble l'oeuvre du destin cache souvent les machinations les plus terribles. Rouge tragique à Collioure annonce la couleur de l'intrigue...

    Le vin rouge Collioure (AOC 2004 cave banyuls) est un vin de caractère, équilibré et puissant. Il accompagne avantageusement les viandes rouges, gibiers et fromages de caractères.

    extrait : " Il faisait un vrai temps d’hiver dans le midi. Le vent du nord soufflait en tempête, dans un ciel cristallin ou aucun nuage ne parvenait plus à s’accrocher. Le petit cimetière était noir de monde. Paul frissonna, il avait oublié les morsures du vent. Le cercueil descendit au bout de ses cordages. Les fossoyeurs avaient du mal car son ami était lourd, lourd comme cette peine qui l’écrasait. C’était cette nuit. Dans l'appartement du 14 éme arrondissement de Paris, où Paul vivait depuis dix ans, un téléphone avait sonné. Au bout du fil, il ne reconnu pas la voix, tant elle était cassée, rompue. Cette voix venait d’ailleurs, d’un monde de tristesse lointain et monotone qu’il ignorait. "

    - La dernière fanfare, nouvelle Fantastique Editeur : Mare nostrum (2007)
    extrait : " Le cri s’éleva pendant que la mère s’écroulait, évanouie. Il se propagea dans les rues de Céret tel un météore. Boulevard Jaurès il réveilla la plupart des clients de l’hôtel Vidal. Boulevard Joffre, il fit sursauter le garde municipal en faction devant la mairie. Jean-Luc, le libraire du " Cheval dans l’Arbre ", tressaillit à son passage, laissant tomber la pile de livres qu’il dépoussiérait. Marx, Engels et Sartre s’étalèrent sur la moquette. Plus personne ne lisait ce genre de littérature et Jean-Luc les contempla avec désespoir. Finalement, le cri finit sa course rue de la République chez José, le toiletteur pour chien. Bouleversé par la violence de ce cri venu agoniser dans son échoppe, il en oublia le caniche nain qu’il tondait et se fit mordre jusqu’au sang. "






    Jean-Pierre Petit est né en 1949 à Avignon. Après des études de langue et littérature espagnoles à l’université de Montpellier, il a enseigné l’espagnol une paire d’années puis bifurque vers des activités commerciales avant de revenir à l’enseignement. Depuis 1990, il est journaliste de la presse quotidienne régionale, localier d’abord puis secrétaire de rédaction. . Pour échapper aux rigueurs et aux pesanteurs de l'information quotidienne, il écrit des fictions (nouvelles, contes, récits) qui ne sont pas toujours dénuées de connivence avec l'actualité. Il a publié son premier polar, " Serial Couleurs ", en 2005 aux éditions La Cardère. En 2006, il a participé à l’ouvrage " Mémoires du quotidien " publié par le club de la presse Marseille Paca et, en mars 2007, au recueil collectif de nouvelles noires, " Noirs venins ", éditions Reflets Noirs. Il traduit des articles d’auteurs espagnols sur le site Europolar.



    Noirs venins Editions Reflets Noirs (2007)–
    Site de l’éditeur : 
    http://www.reflets-noirs.com.-

    Il s’agit un recueil de nouvelles écrites par Véronique Aumaître , Liza Lo Bartolo Bardin , Sylvain Pettinotti, et Jean-Pierre Petit. Ce serait réducteur de définir ces textes comme étant de la catégorie "policier", car chacun des écrivains a manié différemment l'art de l'intrigue, selon sa personnalité et son univers propre. Il s'agit d'un ouvrage permettant de s'évader, de s'offrir un moment d'émotions fortes en tout genre.
    Les récits de Jean-Pierre Petit s'avèrent tour à tour déroutants et surprenants. Qu'il s'agisse de "Toute la vérité, "Comme un chien", "C'est pas grave Monsieur Martin", "Sur le bord de la route", "Le piège" ou "La dernière course", l’auteur distille suspens et malaise, impossible pour les lecteurs de deviner où il va.
    Pour plus, aller à l’adresse : http://www.edition-cardere.fr/LivresDetail.aspx?ID=7&Cat=5

    4ème page de couverture : Je suis resté un long moment immobile sur le trottoir. J’ai failli me pincer pour être sûr que je ne venais pas de rêver. Mais non, c’était bien Lucas, pas de doute possible. Ou alors, la recherche génétique avait avancé à pas de géant au cours de ces dernières quarante-huit heures et je venais de tomber sur son clone. En vérité, j’ai pensé qu’il m’avait bien mené en bateau. La vérité, c’est que je m’étais fait avoir comme un bleu. Un détective piégé, un artiste déjanté, un auteur visité par ses créatures, un vendeur d’aspirateur qui tombe en enfer… Autant de personnages incongrus ou étonnants, de situations déroutantes ou cocasses que l’on découvre à travers quatre auteurs et quinze nouvelles.



    Serial couleurs, Editions La Cardere (2005)

    Un premier roman au sujet duquel l’auteur n’annonce pas la couleur : " Si on me demandait de définir la couleur de mon bouquin, j'hésiterais entre : roman noir, gris de gris ou chauffé à blanc. Du polar, il en a les traits reconnaissables entre mille, mais il s'en échappe par toutes les issues possibles. Wagner, le tueur misanthrope, n'est pas si inhumain que ça dans le fond. Je suis persuadé que c'est un timide, un mec coincé quelque part, ça vient sans doute de loin, de son enfance peut-être. Il y a chez lui une fêlure intime dont j'aimerais bien connaître la cause mais il m'échappe un peu. On ne maîtrise pas tout quand on écrit. Il y a des choses qui se créent malgré soi. Wagner, je le sens parfois étrangement proche de Laforet, comme un frère qui aurait mal tourné. Laforet, c'est le journaliste. Il mène l'enquête pour son canard, mais elle lui échappe un peu, à lui aussi. Il y a des jours où il s'en fout presque. Hélas pour lui, il y a d'autres journalistes, qui s'acharnent sur l'affaire. En plus, ils ont les moyens, à la téloche. Et puis, il y a les victimes, des jeunes femmes peinturlurées à la bombe. On se demande bien pourquoi. C'est justement la question que se posent Laforet et les autres. Une question de couleurs dans un roman noir... "

    Extrait : "On était dans la soirée du 2 au 3 mai et les étoiles se comptaient sur les doigts d'une main, des deux peut-être en cherchant bien. Il y a des signes qui ne trompent pas, c'était une nuit de mauvaise lune : le temps était maussade et Wagner d'humeur massacrante. Il avait lutté un moment avant de se résoudre à franchir le seuil du Toutankhamon. Rien ne l'y obligeait - il avait même toutes les raisons pour ne pas y mettre les pieds - mais il veillait régulièrement à s'imposer un petit bain de foule. Un acte d'hygiène mentale pour ainsi dire, juste pour s'assurer que l'humanité méritait encore l'aversion qu'il éprouvait à son égard. Il appelait ça une immersion en eaux profondes..."
    Que l'on découvre une jeune coiffeuse assassinée dans son garage, quartier Champfleury à Avignon, c'est en soi une terrible nouvelle mais pour José Laforet, " fait-diversier " dans un des canards locaux, c'est presque la routine. Des morts tragiques, il y en a plein les colonnes du journal. Que l'on apprenne que le cadavre de la jeune fille était recouvert de peinture rouge, voilà qui est plus troublant. Que deux meurtres à peu près identiques aient été commis au cours des mois précédents dans le sud de la France, voilà enfin de quoi ameuter tous les médias de l'Hexagone. Et susciter l'intérêt de José Laforet, plutôt blasé et revenu de tout, pour une enquête journalistique qui va prendre des allures de course médiatique et révéler quelques surprises de taille.
    Un extrait disponible à l’adresse :
    http://www.edition-cardere.fr/extraits/EXTRAIT-SERIAL.PDF






    Jean-Paul Delfino, journaliste, auteur de plusieurs ouvrages et de scénarios de téléfilms, vit à Aix-en-Provence. La bibliographie complète de l'auteur de L'Île aux femmes (1999) est consultable sur le site des éditions Métailié.
    Il est né l'été 1964 à Aix-en-Provence. Petit-fils d'un chanteur de Bel Canto, il saura vite donner de la voix dans de nombreux domaines. Voyez plutôt... Membre de l'équipe de France de football, minimes et cadets, il est convoité par le club de Rennes mais hélas, une blessure grave l'oblige à raccrocher ses crampons. Déçu, Jean-Paul Delfino pense que son nouvel avenir est ailleurs. Il a onze ans - autre choix de carrière - il sera romancier ! Adolescent, il devient auteur de lettres d'amour pour les petites amies de ses copains, au risque d'écrire, pour un autre, à celle qu'il aime ( y aurait-il du Cyrano en Delfino). Adulte, il devient journaliste et se découvre une nouvelle passion : la musique brésilienne. Pour écrire sur le sujet, il décide d'aller interwiever sur place les maîtres de la bossa et de la samba. Sans connaissance aucune de la langue, il débarque un jour à Rio de Janeiro et la chance lui sourit. Dans l'aéroport, un peu perdu, il rencontre un prof' français qui connaît bien le milieu de la musique brésilienne. L'aventure commence, les entretiens s'enchaînent les uns après les autres, la barrière de la langue s'efface par magie et, de retour en France, un livre sort. Nous sommes en 1988. Mais, rappelez-vous : Son grand-père est chanteur d'opéra. Ce que vous ne savez pas, c'est qu'à la Scala de Milan il est le partenaire d'un chanteur toulousain : le père de Claude Nougaro ! Revenu du Brésil, Jean-Paul Delfino, veut compléter ses entretiens par celui qui connaît le mieux en France "Jazz et Bossa". Pas facile de rentrer à Paris chez "La Noug' ". Après plusieurs échecs, il ne se démoralise pas et retourne rue Junot. A la fenêtre, une jeune fille. Le coup du charme à Cécile, la petite anecdote concernant leurs deux grands-pères, et hop ! Claude Nougaro, le reçoit at home, et après l'avoir testé, lui dit avec son phrasé syncopé : "Ne t'inquiète pas petit, suit ton étoile parce qu'elle brille, la réalité invente plus que la fiction". La renommée venue fait qu'à chaque fois qu'un brésilien ou qu'une brésilienne se trouve en Provence, Jean-Paul Delfino est contacté pour le meilleur ou pour le pire. C'est ainsi qu'il découvre le trafic des enfants footballeurs - brésiliens et africains - enlevés à leurs parents, contre une somme dérisoire, par des managers véreux et maffieux. Localier dans un journal, son rédac' en chef lui fait comprendre qu'il vaut mieux éviter d'en parler. Le foot, sur la Canebière, c'est sacré. Devenu romancier à temps complet depuis deux ans, Jean-Paul Delfino, en fait le sujet de son quatrième livre de la série du Vieux Switch qui vient de paraître. Son titre : "Embrouilles au vélodrome". Une chaîne de télévision s'intéresse au sujet et le ministère de la jeunesse et du sport semble se pencher sur ce scandale. Il y aurait en France actuellement cinq mille jeunes - sans papiers, sans ressources - issus de ce trafic d'enfants footballeurs. La plupart de ces mineurs tombent dans la prostitution, intègrent les réseaux de pédophilie ou rejoignent la délinquance. Pour se détendre un peu, l'homme sort pour la rentrée un livre luxueux sur le "Kâma-Sûtra", le traité de l'art d'aimer, revisité par ses soins dans une version "Brassenssienne" et illustré de photographies sur lesquelles les amateurs du Hard reconnaîtront Clara Morgan la présentatrice du journal du même nom.

    Bibliographie succincte: Brasil bossa nova, Edisud, 1988 -Brasil : a musica, Parenthèses, 1998 - La faction, Atout éditions, 2000- Chair de lune, Métailié, 2001- Série "Vieux Switch"- L'île aux femmes, Métailié, 1999 - Tu touches pas à Marseille, Métailié, 2000 - De l'eau dans le grisou, Métailié, 2001- Embrouilles au vélodrome, Métailié, 2002, Chair de lune…



    Nous venons de relire La faction. " Les faits relatés dans cette fiction sont imaginaires. Qu’ils le restent ", annonce l’auteur. En 2002, " les vrais opposants avaient été vaincus. Par la force ou de patientes tortures... Une chape de peur et de désillusion avait enlaidi le pays. Une grande vague de fond, portée par la majorité silencieuse. Puisque les démocrates n'avaient rien pu faire en cinquante ans de pouvoir contre la misère, le chômage, la violence, peut-être que cette Faction, elle, le pourrait... Un vote de désespoir ". Hugo Riccordi, journaliste, revient à Aix-en-Provence, après une longue absence. Il ne porte qu’un sac de marin en toile bleue, sans oublier son Mulberry (agenda anglais), Sa bible, Sa RAM… Quel lourd secret le ramène vers la ville du Roi René ? Qu’est-ce qui le pousse à fréquenter les élus de la Faction et à vouloir s’envoyer les " bourgeoises accouplées à des notables importants "? Dès son arrivée, une gamine est retrouvée morte et violée dans une cave de La pinète, une cité diabolisée sur les hauteurs d’Aix… Que fait la police ? Elle se choisit des coupables… Que fait Hugo Riccordi ? Il attend son heure… Que fait le lecteur ? Il ne voit pas le temps passer… Du Hardboiled à la limite entre Cain (ou Goodis) et Jim Thompson : la solitude, l’alcool, la violence, la baise, un passé tragique et un sombre destin… mais aussi un roman noir contre le fascisme et le racisme sur fond d’une réalité aixoise qui ne se limite pas au cours Mirabeau en haut duquel le Roi René, statufié, invite à une fête dionysiaque en vous tendant éternellement une grappe de raisin.

    Vient de paraître aux Editions Métailié le dernier opus de Jean-Paul Delfino : Samba triste, 3ème tome d’une trilogie brésilienne :



    " Au Brésil, la danse se dit samba. Comme le blues, le samba est une "invention" des Noirs Africains déportés dans les grandes plantations sud-Américaines, les fameuses latifùndias. Mais, si le blues est triste comme un champ de coton, la samba est gaie, endiablée, ensoleillée. L'environnement hispanique et une forme d'esclavage moins féroce ont donc favorisé une tout autre expression Négro-Américaine, issue des mêmes raisons mais dans de tout autres conditions. Le samba se développa, bien entendu, dans les régions les plus colonisées, en premier lieu, Rio de Janeiro mais également São Paulo et Bahia. Plus proche du blues est la Saudade, chant plus nostalgique que triste et dont Césaria Evora est une émouvante ambassadrice. Dès 1920, l'Europe s'intéressera à la samba. Darius Milhaud intégra Saudade et samba au sein de quelques-unes de ses compositions. Au demeurant, Villa-Lobos écrivit aussi une samba classique au début des années 50. Cependant la prédominance des figures rythmiques et leur accentuation semble ne pas avoir facilement été adoptées par la culture académique sauf à l'occasion de citations exotiques (notamment dans Scaramouche de Milhaud)...


    Non, le rejeton le plus brillant de la samba et du Saudade fut la bossa nova. On en attribue la paternité à Antônio Carlos Jobim et João Gilberto, au début des années 50, quand le Brésil entama une révolution économique et culturelle qui méritait bien un nouveau nom : la nouvelle vague (nova bossa). Le film Orpheo Negro (palme d'Or du Festival de Cannes) et le saxophoniste de jazz Stan Getz ont popularisé la bossa au-delà de toutes ses espérances ".

    Pour plus, aller chez Fred : http://www.chez-fred.net/bossa/800/jobim_fr.htm
    Samba triste est aussi un titre de Baden Powell.
    Pour l’écouter, aller à l’adresse
    ci-dessous :
    http://www.dailymotion.com/visited/search/baden%20powell/video/xopxh_baden-powell-samba-triste




    Samba Triste 2007:

    Après avoir écouté Baden Powell, vous pouvez vous plonger dans le dernier tome de la trilogie carioca de Jean-Paul Delfino, polardeux spécialiste de la musique brésilienne (Il a publié également une Histoire de la musique brésilienne aux Editions Parenthèses). Les deux ouvrages précédents étaient " Corcovado "( titre d’un morceau musical célèbre de Jobim) et " Dans l’ombre du Condor ". Lucina , réfugiée politique à Marseille depuis six ans, retourne au pays du foot-ball, de la samba et caïpirinha à siroter sur les grandes plages de sable fin… mais il ne s’agit là que des ingrédients des affiches pour les touristes. Lorsqu’elle revient à Rio, il s’agit de la mégapole d’un pays étouffé par la corruption et la répression, en proie à la misère et à la violence : favelas surpeuplées qui s’étendent comme une gangrène, escadrons de la mort, dictature liée à l’affairisme… L’héroïne exerce le métier de journaliste politique et elle suit la montée de l’opposition démocratique avec son leader, Inacio Da Silva dit " Lula ". Le récit recèle des anecdotes savoureuses dont la rencontre entre Baden Powell et le chanteur français ( d’origine corse) Antoine.



    Corcovado, trilogie brésilienne (2ème tome): 2005 Prix Amerigo Vespucci - 2005 Prix Gabrielle d'Estrées.
    Au pied de la Colline du Corcovado où trône la statut du Christ Rédempteur, s’étale Rio de Janeiro… Lorsque Jean Dimare débarque à Rio de Janeiro après avoir fui Marseille, le 1er janvier 1921, il découvre une ville extraordinaire qui le séduit par le foisonnement des sensations qu'elle éveille tandis que le regard d'un Indien croisé au hasard le met en garde. Recueilli par un oncle providentiel, il va s'inventer un passé et se créer un avenir. Devenu Joao Domar, il découvre l'innocente passion de sa tendre cousine, avant de conquérir la femme fatale qui lui fera oublier toute morale. Il grimpe jusqu'au sommet de ses rêves pour en dégringoler et devenir tour à tour bicheiro, chef de gang, trafiquant d'alcool, maquereau, avant que l'édification de la statue du Christ au sommet du Corcovado et l'amitié de l'Indien ne le mettent sur la voie de la rédemption. Naissance du samba, cérémonies de macumba, palais présidentiels ou favelas, Joao assistera et participera à la construction d'un Brésil métis au sein duquel il croisera les grands fondateurs de la musique brésilienne, l'architecte Landowski ou encore Blaise Cendrars, mais, surtout, le peuple de Rio, dans toute sa vitalité, ses cultures blanches, noires ou indiennes, sa saudade et son humanité. Avec le premier tome de cette trilogie brésilienne, Jean-Paul Delfino nous offre une saga enlevée et flamboyante, fidèle à l'Histoire à travers des personnages attachants et hauts en couleur qui nous transmettent le souffle d'un Brésil vivant et chaleureux. Une invitation à l'aventure, au rêve et à la découverte.



    Dans l’ombre du Condor , trilogie brésilienne (1er tome) : 2006 Prix Intramuros du Festival Polar&Co de Cognac
    Un roman construit sur une solide documentation historique. L’auteur nous entraîne dans une saga pleine de rebondissements à travers des personnages attachants et hauts en couleurs . Du palais présidentiels aux favélas , est mise en scène toute l’histoire et la réalité d’un Brésil métis avec ses cultures blanches , noires ou indiennes ; la musique , les croyances , mais aussi la violence d’un Brésil vivant et chaleureux . Une formidable invitation à l’aventure , au rêve , à la découverte . Delfino rend un chaleureux hommage aux combattants de la liberté, Brésiliens qui durent s’exiler pour survivre. C’était au temps où, pour reprendre les mots de Stefan Zweig, le Brésil était " terre d’avenir ". Brasilia venait de sortir de terre. Le président Juscelino Kubitschek donnait aux Brésiliens l’espoir d’une vie meilleure. Et Rio de Janeiro connaissait son âge d’or : João Gilberto et Anton Jobim inventaient la bossa nova… C’était au début des années 1960. Lucina, seize ans, a deux passions : la musique et la politique. Paulinho, vingt ans, rêve de richesse et de femmes. La vie est douce, à Rio de Janeiro, au rythme de la bossa-nova naissante et du football qui fait rêver tout un peuple… La CIA met sur pied le " Plan Condor " et la mise en place de dictatures à la solde de l’Oncle Sam. En ce début des années 1960, le plan Condor élaboré par la CIA pour mettre au pas les démocraties d’Amérique du Sud va étendre son ombre sur le Brésil, et changer à jamais la destinée des deux jeunes gens...

    L'opération Condor s’est poursuivie par une campagne d'assassinats et de contre-terrorisme conduite conjointement par les services secrets du Chili, de l'Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay au milieu des années 1970. Les dictatures militaires alors en place en Amérique latine — dirigées à Santiago par Pinochet, à Asunción par Stroessner, à Buenos Aires par Videla, à Montevideo par Bordaberry, à Sucre par Banzer et à Brasilia par Geisel —, ont envoyé des agents secrets poursuivre et assassiner les dissidents politiques jusqu'en Europe (France, Italie, Portugal, Espagne...) et aux États-Unis (phase 3 de l'opération Condor, qui culmina avec l'assassinat de l'ancien ministre d'Allende, Orlando Letelier, en septembre 1976 en plein Washington D.C.). A l’époque, il s'avère qu’Henry Kissinger, secrétaire d'État dans l'administration Nixon a été étroitement impliqué diplomatiquement aux gouvernements d’Amérique latine.




    Le Bresil évoque aussi l’érotisme jamais absent dans les romans de Jean-Paul Delfino qui a participé à une œuvre collective avec Clara Morgane et Patrice Perchery : Kama Sutra : Plaisirs et Positions Amoureuses (Broché)
    Présentation de l'éditeur : Cet ouvrage propose une vision résolument moderne de l'un des plus grands textes de l'humanité : le Kâma Sûtra. De la préparation jusqu'à l'acte d'amour, sans oublier l'importance des préliminaires et des enlacements érotiques, ce livre d'art somptueusement illustré vous permettra de faire vos premiers pas dans un univers envoûtant. De plus, de nombreuses informations et anecdotes contemporaines permettront aux lecteurs plus avertis d'aborder ce traité de l'amour d'une manière différente. Clara Morgane apporte, par sa plastique et sa spontanéité, une touche tout à la fois sensuelle et tendre, érotique et délicieusement troublante.


    FESTIVAL DU POLAR CORSE ET MEDITERRANEEN - EMBARQUEMENT LE 5 JUILLET 2007...


      
    A SUIVRE...




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