• Sur les chemins de Char roi...

    Fin des expos du centenaire de la naissance de René Char le 30 septembre 2007… Hâte-toi! Hâte-toi!...



    Tu es pressé d'écrire,
    Comme si tu étais en retard sur la vie.
    S'il en est ainsi fais cortège à tes sources.
    Hâte-toi.
    Hâte-toi de transmettre
    Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance. […/…]
    Extrait de « Commune présence » poème de René Char

    « L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant. »
    aphorisme de René Char.

    Les expos du centenaire de la naissance de René Char se terminent le 30 septembre 2007…
    Hâte-toi.
    Hâte-toi d’aller à l’Isles-sur-Sorgue
    Car tu es en retard … prends les chemins de Char-roi longeant la Sorgue.
    Il te reste quelques jours jusqu’au 30 septembre prochain à la Maison René Char - L'Isle-sur-la-Sorgue -

    En 2007, centenaire de sa naissance ( le 14 juin ), René Char est redevenu l'hôte de l'hôtel de Campredon où il avait eu lui-même le projet d'installer de son vivant un Musée Bibliothèque autour de son œuvre. Précieux manuscrits prêtés par la bibliothèque Jacques Doucet, documents photographiques, éditions originales ou dédicacées, correspondances, permettront de suivre le parcours de l'homme et de l'écrivain, de remonter du texte à ces 'paysages premiers'. Parallèlement, les grands thèmes de l’œuvre trouveront dans le travail des peintres, ceux que le poète nommait ses 'alliés substantiels', ce prolongement auquel René Char était particulièrement sensible comme en témoignent manuscrits enluminés et éditions de bibliophilie ornées de gravure.



    Hôtel de Campredon
    20 rue du Docteur Tallet
    84800 L’Isle-sur-la-Sorgue
    Tél : 04 90 38 17 41
    Tarif : 6 euros, réduit : 5 euros (moins de 25 ans, seniors et adhérents Fnac), groupes 4 euros (10 personnes minimum). Gratuit pour les L’Islois, les moins de 14 ans et accès libre pour les adhérents des Amis de Campredon.

    René Char, né le 14 juin 1907 , une parole disséminée « en archipel » selon son expression dont chaque atoll est doté d'une force volcanique. « Dans le tissu du poème doit se trouver un nombre égal de tunnels dérobés, de chambres d'harmonie, ainsi que d'éléments futurs, de havres au soleil, de pistes captieuses et d'existants s'entr’appelant. Le poète est le passeur de tout cela qui forme un ordre. Et un ordre insurgé. »



    René Char a toujours aimé vivre en marge de la société. Enfant, il se lie d'amitiés avec les "matinaux" sortes de vagabonds vivant au rythme des jours et des saisons. Le 20 février 1928 paraissent ses premiers poèmes aux Editions Le Rouge et Le Noir (il aimait d'ailleurs beaucoup ce roman de Stendhal) sous le titre "Les cloches sur le coeur", poèmes écrits entre 15 et 20 ans.

    Pendant l’Occupation, René Char, sous le nom de Capitaine Alexandre, participe, les armes à la main, à la Résistance, « école de douleur et d’espérance ». Il commande le Service Action Parachutage de la zone Durance. Son QG est installé à Céreste (Alpes de Haute Provence). Le recueil qu'il en tire Feuillets d’Hypnos peut se lire comme des « notes du maquis ».

    René Char meurt d'une crise cardiaque le 19 février 1988. En mai de la même année, paraîtra un recueil posthume "L'éloge d'une soupçonnée ".

    Le Centenaire de la naissance de René Char a été marqué par plusieurs grandes manifestations ponctuées de mises en voix des textes de Char et de poésie contemporaine. Cette année festive a été lancée avec ce texte inaugural de Daniel Mesguich sur le rôle de l'acteur dans la médiation poétique...



    A propos de la lecture d’un texte par un acteur, les Propos de Daniel Mesguich ont été recueillis par Hélène Boudin, le 19 juin 2006 – site Educnet – section Théâtre. Nous vous les rapportons pour leur valeur pédagogique:



    "Pour tout texte, quel qu’il soit, au fond de l’encrier, ou de l’ordinateur, il y avait d’abord une voix. Une lecture rend la voix à la voix : ce qui est venu d’une voix retourne donc à la voix. La voix d’un autre. Aucun livre, aucun imprimeur au monde ne rendra cette voix si quelqu’un d’autre ne s’en mêle pas. Voilà ce qui justifie une lecture, ce qui en constitue le statut et l’autorisation.

    Le lecteur silencieux est seul. Bien sûr, il dialogue avec son livre, il entre dans le texte… mais ceci est insuffisant. Une lecture, grâce à la voix et, peut-être aussi, à l’apparence du lecteur/acteur, se saisit du texte, sans mise en scène, sans maquillage, sans mouvement, sans costume, sans effet de lumière particulier - une lecture suppose simplement une table, une chaise, peut-être un micro et un livre avec un lecteur qui lit - et, avec ce minimum-là qui n’est pas du théâtre, montre au lecteur un autre lecteur, autrement dit lui-même. Tout à coup le lecteur devient la mesure de toute chose. Ce qui se donne à lire n’est pas le livre mais le livre lu. C’est un pont, le livre fait la moitié du chemin, est apprivoisé. Le lecteur/acteur dans le texte, faisant corps au texte, change le goût du livre et efface une grande partie de l’intimidation de la lettre, littéralement. Se voir soi-même lire le livre ne remplace pas la lecture silencieuse et intime, mais constitue un acte très fort, d’une égale légitimité. J’imagine une société où les citoyens se liraient sans cesse des livres et où cet acte serait naturel et normal.

    Ne pas confondre lecture et théâtre.
    Aujourd’hui nous assistons à une floraison de lectures, " ça lit " de tous les côtés. Pour des raisons économiques, les lectures remplacent le théâtre : cela coûte bien moins cher d’avoir un seul acteur qui lit un livre que dix acteurs qui l’ont appris par cœur et répété deux mois, qui ont besoin de lumière, de costumes… L’inflation des lectures à laquelle nous assistons menace le théâtre... si toutefois la place respective de chacun n’est pas repensée.
    Je lis moi-même beaucoup en public, par plaisir, et parce que j’aimerais être de ceux qui, un peu comme les gens de théâtre d’avant-guerre (Cocteau, Guitry...), avaient un pied dans la littérature et un autre dans le théâtre, le cinéma ou la danse … Je trouve tout à fait normal pour moi de fréquenter autant d’écrivains que d’acteurs. Après la guerre, les arts se sont spécialisés. Peu à peu la mouvance du théâtre populaire a fermé la porte aux poètes, aux peintres. De son côté le cinéma a subi positivement, mais aussi négativement, la Nouvelle Vague : théâtre, peinture, textes, ont tendu à disparaître au cinéma.

    Lecture régressive ?
    Nous sommes en train de réinventer l’hypocrites du pré- théâtre grec. Le théâtre a commencé avec Eschyle décidant de placer non plus une seule personne devant le chœur, mais deux acteurs entrant en dialogue. Cet écart entre les hypocrites a fait naître la scène.
    Trop souvent, les lectures pratiquées aujourd’hui restent en amont du théâtre ; elles sont le signe d’une réelle régression car elles suscitent souvent une ferveur presque religieuse : l’acteur/lecteur est pris pour un pasteur, un passeur lisant La Parole. L’auteur importe peu. Ecriture et parole sont confondues : le prêtre ne parle pas, il est parlé par l’écriture. Tout à coup, la parole semble devenir pleine. Alors que la poésie doit, au contraire, nous faire suspecter la langue, nous faire entendre d’autres mondes. Sa lecture devrait provoquer un " dé-collage " de la parole et de l’écriture, un " dé-tatouage ".

    Poésie et lecture
    La poésie contemporaine appelle la lecture : les poèmes sont des voix glacées dans l’encre qui doivent être libérées du livre-objet par de la voix. La poésie est un appel, tout simplement. Même la poésie très écrite de Mallarmé se lit et se dit : il y a une voix derrière elle. Dans les textes d ’Hélène Cixous, l’indécidable (entre le féminin et le masculin par exemple) prend une large place et leur lecture suscite d’autres formes d’indécidable, de pluriels… pourtant rien ne peut échapper à la voix. Les phrases ou les vers les plus abstraits sont encore de la voix parce que la poésie suppose rythme, longues et brèves, jeu des assonances et des allitérations, ce qu’un lecteur " à l’œil ", tenant le livre à la main ne lit pas, n’entend pas.

    Lire René Char…
    René Char est dans la phrase définitive, la formule. Une formule chiffrée, à méditer. Chaque phrase est comme la première ou la dernière écrite. C’est le propre de toute écriture poétique. … Comment lire Char ?
    Dès que l’on est attentif au signifiant, même si le lecteur/acteur n’est pas assez fin, n’entend pas assez loin (il faut des oreilles de chauve-souris pour entendre la poésie), dès que ses lèvres s’appliquent à prononcer les longues, les brèves, dès que sa lecture est juteuse, en bouche, elle fonctionne. Il m’est arrivé, je l’avoue, de lire une phrase sans la comprendre sur le moment…trop tard je l’avais lue en public…Mais je l’avais prononcée le mieux possible et elle avait fait son chemin. On lit la poésie en chérissant le signifiant, la lettre même du texte, et sans imposer un écran interprétatif abusif devant le texte.
    Cela ne signifie pas pour autant lire de manière atone et neutre, car ce mode-là est déjà une interprétation… Au théâtre : le fameux espace vide de Peter Brook est toujours un décor, et quand Claude Régy demande à ses acteurs de donner le texte sans bouger, c’est aussi une mise en scène et un écran interprétatif, qui se croit léger mais qui est, en fait, bien plus lourd qu’une surcharge de mouvements ou de gesticulations…Vous aurez compris que je ne partage pas cet ascétisme, un peu " protestant " à mes yeux.
    Bref il ne faut pas maintenir une distance qui ait l’air de ne pas se mêler de la profondeur du texte. Il faut s’en mêler, avec humilité, en donnant cette impression que " c’était cette fois-ci, ce jour-là " et que " ce sera une autre fois autrement ". Si cette " dramatisation " se fait à bon escient, avec tact et doigté, avec délicatesse, alors on peut appuyer sur un mot, mais en montrant toujours à quel point c’est une intention d’acteur, comme une note de traducteur en bas de page… Un lecteur devrait toujours laisser entendre cette " note de l’acteur ".

    Sur des vers de René Char
    "L’homme fuit l’asphyxie.
    L’homme dont l’appétit hors de l’imagination se calfeutre sans finir de s’approvisionner, se délivrera par les mains, rivières soudainement grossies.
    L’homme qui s’épointe dans la prémonition, qui déboise son silence intérieur et le répartit en théâtres, ce second c’est le faiseur de pain." (René Char, Seuls demeurent, " Argument ".)
    Voilà une métaphore effilochée à l’infini jusqu’au moment où elle s’épuise … " s’épointe ", " déboise son silence intérieur et le répartit en théâtres " : la poésie-nourriture… On pourrait dire, avec Derrida, que la langue est métaphore, même quand elle croit être la plus littérale et la plus plate. Mais si Char n’avait pas été content de " s’épointe ", il n’aurait pas écrit cette phrase.

    La forme-sens poétique, ou le mot avec l’idée
    Je demande à mes élèves du Conservatoire, en travaillant Racine, d’abandonner cette idéologie lamentable qui consiste à traduire le texte d’abord avec leurs propres mots avant d’aborder les mots du poète. Ce
    " avec vos mots d’abord " n’a aucun sens : ce n’est pas le personnage d’Hermione qui compte mais l’aventure de la langue travaillée par Jean Racine. Hermione ne préexiste pas à son texte, de même, la phrase ne préexiste pas au choix de tel ou tel mot. Si je dis : " s’épointe " [Daniel Mesguich prononce lentement le mot en soulignant légèrement le " p ", le " t " et le " e " atone] alors cette phrase est autorisée. Si je la lis rapidement et sans travail [Daniel Mesguich relit le texte en l’ " avalant "] alors cette phrase n’a plus de sens et ne correspond pas à ce que le poète a écrit. C’est pour cette raison que la lecture est nécessaire, la lecture d’un acteur, qui lira avec humilité mais avec couleur et chair. Pour moi ce que Char appelle " théâtres " ce sont ses phrases. Ses aphorismes sont des théâtres.

    "Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir."
    René Char, Seuls demeurent, " Partage formel "
    En poésie, le référent s’invente dans le temps même de son écriture. Le référent n’existe pas en dehors de la phrase. De manière diffuse, lointaine et assourdie, il se fait entendre, mais le mot a absorbé la réalité.
    Toute poésie est un échec, elle indique un sens ou une réalité, ailleurs, mais dit, dans le même temps, la faillite de la langue, insuffisante à nommer cet ailleurs : un ailleurs à écrire encore, mais " impossiblement ". Même les aphorismes de Char ne sont pas pleins et subissent une hémorragie : ils perdent leur sens et leur sang, leur force et leur couleur parce qu’ils voudraient aller plus loin encore : un aphorisme à la place d’un autre aphorisme qui aurait été plus fort, plus vrai, plus manifeste, plus indubitable, plus définitif. D’échec en échec, la réussite littéraire apparaît.
    La poésie se " regarde le nombril ", mais non dans un sens égocentrique banal : en se faisant, elle ne cesse d’interroger le faire. La prose a confiance dans les mots pour communiquer, prouver, convaincre. En poésie, rien de tel : les mots sont là, le lecteur doit s’en contenter et s’en saisir. Ce phénomène aussi se dit et se montre quand on lit la poésie à haute voix. Le lecteur/acteur prononce le texte comme s’il venait de trouver un message lancé à la mer et que simplement, il nous le répétait… Je trouve cette attitude assez belle : l’acteur dit à son tour, fait le porte-voix littéralement. Le livre était fermé, il l’a ouvert et rien de plus.
    "Comment m’entendez-vous ? Je parle de si loin…"(René Char, Feuillets d’Hypnos.)
    René Char écrit pour réveiller le lecteur mais en même temps il revendique l’héritage d’une malédiction poétique … Le texte rappelle la posture du poète, à sa table, conscient d’être l’artiste écrivant. Cette posture est aussi rappelée par celle du lecteur/acteur : si j’arrive devant un public et que je dis " Comment m’entendez-vous je parle de si loin ", c’est moi lecteur qui prononce cette phrase et y mets mon sens, mon interprétation et la référence au contexte précis de la lecture… le texte dit la situation.
    Au fond, les textes ne sont que les dialogues d’un scénario absent. Ce scénario est à inventer non dans une mise en scène déployée dans l’espace, non dans la tension, dans la déconstruction, non dans la contradiction des analyses, comme il faudrait le faire au théâtre, mais, pour une lecture, en indiquant simplement qu’il manque l’essentiel : la présence, le corps, la voix… c’est un semblant de corps que celui du lecteur/acteur, et c’est ce qui est beau.
    La lecture à haute voix est un révélateur de qualité de l’écriture. Paradoxalement, plus le texte est écrit, plus il se lit à voix haute, plus il est beau à dire…Les textes médiocres ne " passent pas " l’épreuve de la lecture. Il y a un accord tacite entre l’encre et la voix.
    Je me souviens avoir lu la poésie de René Char dans son pays à L’Isle-sur-la-Sorgue où j’ai longtemps eu une maison. J’étais dehors au milieu des grillons, je lisais à voix haute."



    PARUTIONS

    - Dans le privilège du soleil et du vent, pour saluer René Char, ed. La passe du vent
    Ouvrage qui réunit les textes des écrivains suivants : Patrice Bégghain, Malika Bey Durif, Roger Dextre, Syvlie FAbre G., Albane gellé, Patrick Laupin, Françoise de Luca, Samira Negrouche, Didier Pobel, Marc Rousselet, André Velter, Abdallad Zrika ; avec la contribution exceptionnelle du photographe Eric Dessert.
    160 pages - 12 euros

    - René Char, catalogue de l'exposition de la BnF.
    Catalogue illustré de près de 200 reproductions a été rédigé et préparé par Antoine Coron, directeur de la Réserve des livres rares de la BNF, qui avait déjà organisé, en 1980, en présence du poète, l'exposition " René Char : manuscrits enluminés par les peintres du XXe siècle ". Il comporte, outre la présentation et la description de 380 pièces, les textes de trois auteurs ayant bien connu Char : Dominique Fourcade, qui dirigea en 1971 le cahier de L'Herne consacré au poète, François Vezin, qui participa de 1966 à 1969 aux trois " séminaires du Thor ", et Jean-Claude Mathieu, dont la thèse sur la poésie de Char fait toujours autorité.
    Sous la direction d'Antoine Coron, Coédition Gallimard / BNF, 2007,264 pages ill. - 49 €

    - Pays de René Char, par Marie-Claude Char, Flammarion
    Un voyage dans l'intimité de la création poétique et des villes et régions qui furent particulièrement chers à René Char. La vallée de la Sorgue, Paris, Céreste et l'Alsace furent des lieux de vie et d'inspiration à l'origine de ses principaux recueils de poèmes et de courts textes (aphorismes ou poésies). L'iconographie comprend notamment des reproductions de dessins et de lettres.
    280 pages - 45 euros

    - René Char, par Paul Veyne et Laurent Greilsamer, éd. Culturesfrance
    Tout au long de sa vie, René Char a résisté. Né le 14 juin 1907, sept ans avant la Première Guerre mondiale, il est mort peu avant la chute du mur de Berlin.Cet ouvrage s'attache tant à l’œuvre poétique de René Char qu'à suivre l'itinéraire d'un homme épris de liberté.
    122 p. illustrées - 20 euros. Distribution par La Documentation Française.

    - René Char. Le géant magnétique, hors-série de Télérama
    Pour revenir longuement sur l’itinéraire personnel et poétique de celui qui inscrivait ses pas dans ceux de Rimbaud et écrivait : " Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver. "
    100 p., 7,80 €.



    Bonus :

    Un site original sur le poète : René Char entre fureur et mystère.
    http://www.poesie-en-liberte.org/actualite/le-poete-de-l-annee/

    Vidéos sur Youtube aux adresses :



    http://fr.youtube.com/watch?v=YR2UNZxOyRg
    René Char , Fureur et Mystère




    http://fr.youtube.com/watch?v=uVSxJruWj8Q
    Rencontre à la Fnac à l'occasion du centenaire de la naissance de René Char. La veuve et le biographe du poète évoquent ses amitiés.







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