• Rendez-vous à Ajaccio avec les auteurs corses


    Les auteurs corses présents à Aiacciu (Ajaccio) du 6 au 8 juillet 2007, Place Foch, face à la Mairie:


    Le premier festival de polar corse et méditerranéen aura lieu du 6 au 8 juillet prochain à Ajaccio sous l’égide de Corsicapolar, association d’auteurs corses de polar.

    Les thèmes imaginaires ou réels du polar existent dans la Corse noire et rouge sur fond de bleus marins et azuréens : la politique, les autonomistes, les barbouzes, les révoltes, la musique et les chants, l’écologie, la désertification, la pauvreté, le chômage, le huis clos, les mythes, les légendes, le banditisme… Il y a aussi les particularismes : L’omerta, l’honneur, la vendetta, le clan, le huis clos des îliens et l’ubiquité insulaire, la cursità (ce mal du pays qui rend l’exil douloureux, cette nostalgie bien particulière que l’on appelle, au Brésil et au Portugal, " Saudade "). … En Corse, le tragique côtoie cet humour malicieux et teinté de mélancolie, le " taroccu " si bien illustré notamment par le poète Simon Dary (qui écrivait sous le pseudo de Simon d’Aullè). Souvent cet humour apparaît dans le polar corse.

    L’identité corse n’a rien à voir avec les clichés dont on nous affuble encore aujourd’hui. La corsité est faite de dignité et de complexité, mais aussi du sens du partage et de générosité. Etre insulaire ouvre à la curiosité des ailleurs et, pour citer Jean-François Bernardini du groupe I Muvrini : " … c’est être ouvert sur le monde, comment pourrait-il en être autrement. Mais pourquoi faudrait-il perdre son identité ? … " Et c’est Maupassant qui lui répond dans Le Horla : " J'aime ce pays, et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air lui-même. " En Corse, nous avons une double insularité, celle de la Méditerranée et celle de la montagne. C’est justement cette double insularité qui nous ouvre aux autres insularités qui composent l’humanité… Ite missa est!

    En silence et malgré le manque de véritable promotion, le polar corse s’est installé durablement dans et hors de l’île déjà riche dans tous les autres genres littéraires. L’âme enracinée dans leur île, les auteurs corses de polars veulent parler au monde. Arpenteurs du réel ou écrivains de pures fictions, ils prennent place, avec un premier festival insulaire, aux côtés des autres polardeux qui ont émergé sur les îles et le littoral méditerranéens. Aucun ne veut se laisser enfermer dans la marge et tous cherchent des liens entre leurs cultures. " Fora ! La Corse vers le monde " est d’ailleurs le titre symbolique d’une nouvelle revue dont le premier numéro va sortir en juillet. Cette revue redonne son sens premier au terme " Fora " qui est aussi une invitation pour les Corses à s’intéresser aux autres pour être mieux connus et mieux compris eux-mêmes. Nous la citons parce qu’elle illustre l’état d’esprit de l’association Corsicapolar telle qu’il nous a été présenté.

    L’association Corsicapolar organise le premier grand festival de polar corse et méditerranéen à Aiacciu (Ajaccio) du 6 au 8 juillet 2007 sur la grande place Foch, face à l’entrée principale de la Mairie. En juillet prochain, des auteurs corses de polars ont invité d’autres auteurs méditerranéens. A Aiacciu (Ajaccio), sur la place Foch appelée aussi Place des Palmiers au fond de laquelle, et dominant la fontaine aux quatre lions de granit, se dresse la statue de Bonaparte en premier consul. Sous le regard de ce Bonaparte en marbre blanc, se réuniront des auteurs corses avec d’autres méditerranéens dont nous avons parlé en premier dans nos plus récents articles. Donc, nous en arrivons aux auteurs corses !

    Les auteurs corses présents seront : Alexandre Dominati , Arlette Shleifer , Daniele Piani , Francis Zamponi , Jean-Paul Ceccaldi, Jean-Pierre Larminier , Jean-Pierre Orsi , Jean-Pierre Santini , Marie-Héléne Ferrari , Okuba Kentaro , Olivier Collard , Paul Carta, Paul Milleliri , Pierre Lepidi et Ugo Pandolfi (Jean Crozier- Pandolfi).




    Présentation sommaire des auteurs corses présents au Festival du polar corse et méditerranéen par classement alphabétique des prénoms pour ne pas favoriser ceux qui l’ont été pendant toute leur scolarité. Certains ont déjà fait l'objet d'articles dans le blog.




    Alexandre Dominati est formateur dans l’aéronautique. Lorsqu’il a les pieds sur terre, il invente des histoires entre l’île et le continent, entre passion et raison, entre croyances irrationnelles et lucidité… Aussi dans le jeu des passions, nous offre-t-il de beaux passages qui enchantent et des intrigues qui ensorcellent, sans donner la part trop belle à la raison, car les grands mystères de la nature humaine sont plus insondables que les petits mystères des affaires criminelles. Cet auteur de la collection Nera a déjà commis deux romans noirs : Le cerisier et Le loup. Classé par les éditions Albiana dans les romans noirs ou thrillers, Alexandre Dominati, originaire de l’Alta Rocca, préfère dire qu’il a plus le sentiment de travailler sur les sentiments. Ses deux romans publiés aux éditions Albiana, se passent dans l’Alta Rocca mais ne sont pas autobiographiques.







    Arlette Shleifer : A nos yeux, ce qui caractérise Arlette Shleifer, c’est cette " pulsion d’errance " que l’on trouve chez d’autres auteurs comme Jack Kerouac, J.M.G Le Clesio, Kenneth White ou Ernest Sabato. J’ai choisi cette bande des quatre car on les retrouve dans un opus de l’universitaire de renom Michel Maffelosi : " Les jardins de l’errance ". Il écrit sur eux : " A la lumière de ce double héritage culturel et des nombreux espaces qu’il sous-tend, on comprend l’importance de l’errance dans la vie et dans les œuvres de ces auteurs. L’errance est envisagée comme une quête active qui renouvelle le regard du sujet sur le monde et qui enrichit sa connaissance. Dans ce cas, elle résonne comme une sorte d’éveil de l’homme contemporain au monde qui l’entoure, à sa simplicité, ses merveilles comme à ses sordides manifestations. ". Et il ajoute plus loin : " L’écriture se nourrit des mouvements du corps et des lieux traversés, élabore un espace porteur d’aventure errante. " Mais aussi : " … l’errance est un déplacement fécond permettant de tisser des liens solides entre le sujet, l’espace et l’altérité. " En littérature, Arlette Shleifer poursuit son chemin, creuse l’ouverture, déplace les frontières et revient publier un nouveau roman, peut-être par tropisme, en Corse. Elle a choisi le noir de l’élégance.






    Daniele Piani : L'auteure de L'Ecume des brocci est une bergère authentique. Au printemps 2007, son troupeau s'est agrandi avec la naissance d'une cinquantaine de cabris. Entre la fabrication de ses fromages, renommés dans la région de Calcatoggio en Corse du sud, la traite des chèvres, les naissances de cabris, Danièle Piani, débordée, a tout juste le temps de confirmer par téléphone que cette année la production de lait s'annonce bien. Son prochain polar est prévu pour l'été. Jean-Bernard Pouy, référence dans le néo-polar filiation Manchette, en a eu la primeur et ses appréciations sont élogieuses. Le nouvel opus de Daniele Piani sera édité aux éditions Albiana…







    Francis Zamponi, né à Constantine (Algérie) le 8 avril 1947 d'un père policier corse originaire de Zonza et d'une mère institutrice née à Alger. Il a vécu jusqu'à l'âge de 11 ans en Algérie (Sétif, Maison-Carrée). Après quelques années de lycée à Paris, il a entrepris des études à la faculté de Nanterre où il a obtenu une licence de sociologie en juin 1968. A partir de 1969, il a travaillé comme assistant monteur et assistant réalisateur, principalement avec Jean Marboeuf et Roger Benazeraf pour la fiction, Daniel Costelle et Henry de Turenne pour les documentaires. En 1975, il a commencé une carrière de journaliste à l'agence de presse Fotolib. La fermeture de Fotolib l'a poussé à quitter Paris pour s'installer à Montpellier où il a travaillé pour FR3 Languedoc-Roussillon (suivi de l’actualité judiciaire et co-réalisation d'un magazine de faits-divers "Enquêtes et filatures") ainsi que pour Radio France Hérault où il assurait la chronique judiciaire. Correspondant local de Libération, il a quitté Montpellier en 1986 pour participer au lancement de l'édition lyonnaise de ce quotidien. Il est revenu à Paris en 1988 pour être chef adjoint du service société de Libération, puis chef du service des informations générales. Il a été durant l’année 1992 auditeur de l’Institut des Hautes Etudes de la sécurité Intérieure (IHESI). En 1996, il s’est réinstallé à Montpellier après une courte expérience au sein d'un quotidien de Nouvelle-Calédonie. Il est maintenant journaliste indépendant, formateur et écrivain prolifique. Son roman " Colonel " Actes Sud. 1999, a été un best-seller et a été adapté pour le cinéma par Costa-Gavras et jean-Claude Grumberg, mise en scène de Laurent Herbiet en 2006.







    Jean Crozier-Pandolfi est Journaliste depuis 1978. Jean Crozier, vit et travaille en Corse depuis la fin des années 80. Il assure, au sein du service public de télévision régionale, les éditions électroniques multimédia et anime la Cellule d'Informations et de Veille Internet de la chaîne France 3 en Corse. Il écrit sous le pseudonyme d’Ugo Pandolfi. " Du texte clos à la menace infinie " est le titre de son prochain roman à paraître durant l'été 2007 dans la nouvelle collection d’un nouvel éditeur corse de Porto Vecchio. Jean Crozier-Pandolfi, avec ses compétences journalistiques et informatiques, a créé et anime le site de corsicapolar. Sous le pseudonyme de " Ugo Pandolfi ", il est l'auteur d'un premier roman La Vendetta de Sherlock Holmes (Editions Little Big Man- Collection "Les voyageurs oubliés). Dans son journal intime, Ugo Pandolfi, géologue d'origine corse, prétend avoir été, durant dix ans, l'ami et le guide de l'écrivain Guy de Maupassant. Cette révélation exige à elle seule un rigoureux examen critique. Dans ses carnets, l'ingénieur Pandolfi révèle également qu'à la mort de Maupassant, en 1893, il devint le compagnon du détective Sherlock Holmes. Canular littéraire ou révolution dans l'holmésologie ? L’auteur, à l’imagination fertile et à la plume alerte, " dit sans dire " : " La Vendetta de Sherlock Holmes n'est pas un roman. Il s'agit du journal de mon arrière-grand-oncle, l'ingénieur géologue Ugo Pandolfi, écrit entre l'année 1889 et l'année 1895. Aussi incroyable que cela puisse être, ce journal de Ugo Pandolfi décrit le Sherlock Holmes historique. J'affirme donc que les carnets jusqu'à présent inédits de mon ancêtre corse sont la preuve immatérielle de l'existence du roi des détectives. A vous, lecteur, d'éliminer l'impossible et de retenir l'improbable. Là est la vérité. "
    Extrait d’un entretien avec Elysabeth Milleliri, journaliste-écrivain : Jean Crozier-Pandolfi : " Si Ugo Pandolfi était une création ou une re-création, il ne figurerait pas sur la couverture du livre comme seul et unique auteur de la Vendetta de Sherlock Holmes. Sauf à imaginer que celle-ci ne soit qu'une vaste récréation... A vous et aux lecteurs d'éliminer l'impossible ! "








    Jean-Paul Ceccaldi : Né à Ajaccio (Corse du sud). Ses parents sont originaires d’Evisa et de Partinellu. A Evisa, il est le fils de Mathieu " di Frade " (Frade étant le sobriquet de son grand-père paternel Antoine). En 1974, il est entré, comme inspecteur à la Police judiciaire de Paris. Depuis plusieurs années, il était en fonction à Marseille où il s’est occupé de proxénétisme et d’affaires financières. Après un long passage au SRPJ de la cité phocéenne, il vient de terminer sa carrière comme Commandant à la police des polices. Il fait partie d’une catégorie particulière de policiers : les flics corses. Cette différenciation, il en a fait le personnage du Flicorse, en écrivant des polars à la manière de vraies enquêtes judiciaires. Il tient un blog " Corse noire " et s’est associé à Corsicapolar avec une rubrique " L’île noire ".
    Les Editions du Journal de la Corse publie son ouvrage " Tamo ! Samo ! Les arcanes du tueur " qui sortira pour le festival du polar corse et méditerranéen. Il s’agit d’un thriller où Tarots, philosophie, mythes et légendes corses créent l’atmosphère du récit, tout en constituant sa trame. Le Flicorse perce le secret de l’invisibilité d’un serial killer lorsqu’il constate, grâce à la magie corse, la réalité de cette invisibilité qui n’a rien à voir avec une cape digne de Siegfried, l'héroïne tueur de dragon de la mythologie nordique, ou de Harry Potter. Il ne s’agit pas davantage de metamatériaux inventés par des scientifiques et détournés à des fins criminelles.







    Jean-Pierre Larminier : Marié, trois enfants. Un parcours atypique. Né à Paris en 1945 il participe dans les années 68-69 à la construction de la première citée lacustre de Port Grimaud dans le Golf de Saint Tropez. Ingénieur dans le groupe Alcatel, il initialise une première mondiale pour le lancement des systèmes de visioconférences en 1989. Il quitte le secteur industriel en 1990 pour devenir berger et bûcheron dans les montagnes de la Haute Loire.
    Sa passion du sport est inscrite dans son parcours : instructeur parachutiste et entraîneur spécifique de gardiens de buts, pilote en rallyes et courses de cotes, pilote d’avions. Membre de France-Justice aux cotés de Denis Seznec et des " innocentés d’Outreau ", il s’occupe activement d’affaires " sensibles " du domaine " politico judiciaire ". Pour Jean-Pierre Larminier le " polar " est un mixage de faits réels et imaginaires pour donner aux lecteurs les clefs de certaines vérités occultées volontairement ou non par les enquêtes judiciaires. C’est en menant des investigations sur le meurtre du Préfet Erignac qu’il est devenu l’un des amis et soutien du berger corse Yvan Colonna. Il a publié deux polars aux Editions Albiana : Les fossoyeurs – Les bergers.







    Jean-Pierre Orsi : Des études supérieures à Nice et à la Sorbonne à Paris. Son premier métier : journaliste au Patriote à Nice de 1963 à 1967. Il a ensuite effectué un séjour de 2 ans dans les pays de l’Europe de l’Est en particulier à Budapest où il s’occupait du service information d’une organisation internationale de jeunesse. Retour en France en 1969. Il se reconvertit dans l’informatique en travaillant pour le compte de Citroën, quai de Javel à Paris. Boite qui le remerciera un an après pour raisons syndicales et politiques. Il rentrera dans le groupe pharmaceutique Synthelabo. Il y restera 6ans. Ce séjour dans ce groupe lui fournira l’occasion de produire un livre sulfureux : la Mafia du médicament qui connut en son temps un certain succès. Jean-Pierre Orsi travaillera ensuite vingt-cinq ans dans les Mutuelles de Provence, basées à Marseille, tout en militant activement à l’UGICT-CGT. A présent retraité, il vit depuis en Corse où il s’adonne aux joies du polar, trouvant son inspiration à Coti-Chiavari, magnifique balcon sur la Méditerranée. Depuis 2004, Il a déjà publié une trilogie ayant pour personnage récurrent le commissaire Baptiste Agostini : La chèvre du Coti chiavari, Sous le regard de Napoléon et la nuit de San Matteo. Jean-Pierre Orsi, connaisseur de l’Histoire de la Corse mais aussi des îles voisines, écrit des polars ancrés dans le contemporain insulaire. Lorsqu’il parle de choses sérieuses, c’est sans se prendre au sérieux, ce qui n’enlève rien au poids des mots sur les grands et petits maux de la société des îliens.
    Extrait recueilli sur le site de la Fédération des associations corses d’Ile de France à l’occasion du Salon du livre 2007. " Jean-Pierre Orsi est très heureux d’être là pour faire connaître cette littérature corse, particulièrement celle du polar peu mise en valeur chez les libraires où règne la suprématie des polars anglo-saxons. Il souhaite ainsi que ses confrères une reconnaissance des auteurs de polars méditerranéens. En Corse et ailleurs, il y a des écrivains remarquables peu connus. Ce qui les a amenés à organiser le Festival du Polar corse et Méditerranéen, les 6 et 7 juillet 2007, à Ajaccio, place Foch. 40 écrivains, du Languedoc-Roussillon, de Provence-Côte d’Azur, de Corse, de Sicile, de Sardaigne et de Toscane seront présents. La Corse compte une vingtaine d’auteurs de polars réunis sous l’Association Corsica Polar. Pour Jean-Pierre Orsi, " Le polar corse n’est pas seulement une énigme policière à résoudre, c’est une façon de parler de nos problèmes sérieux mais sans se prendre au sérieux, en pratiquant l’autodérision car en Corse comme dans les pays méditerranéens, on est très susceptible et on préfère pratiquer l’autodérision plutôt que les critiques des autres ".







    Jean-Pierre Santini se décrit comme un militant parmi les autres. Il situe l’intrigue d’Isula Blues dans son village natal, Barretali (un village mourant, déplore-t-il) où il est revenu vivre, après trente ans d’absence. Il décrit la Corse qu’il a retrouvée : une île abandonnée dans sa désolation et ses habitants dans leur solitude. " Ici les hivers sont blancs ", dit-il. Alors lui, pour noircir les pages hivernales, il décrit ce désert humain et cette identité corse qui se désintègre. Pour lui "les romans naissent des faillites de l’histoire ". Après des années de militantisme engagé qui a commencé avec la création du FNLC, il a écrit un livre intitulé " Front de Libération Nazionale, de l’ombre à la lumière ". " Nimu " est son troisième roman dans la collection Nera des Editions Albiana. Il écrit sur les Corses parce qu’il est engagé dans la survie de son peuple, dit-il. Il nous offre des passages au lyrisme inspiré et donne chair à des personnages désespérés ou désespérants. Ses ouvrages recèlent la pensée sans concession d’un militantisme qui pousse à la réflexion. Dans Nimu, le constat est amer : "… ce pays (la Corse) n’a jamais écrit sa propre histoire. Il a appris à résister à celle que ses envahisseurs successifs ont voulu lui imposer. C’est comme une histoire en négatif, qui, à une exception près, assez brève, n’a jamais pu se révéler et permettre aux Corses de se révéler à eux-mêmes. Dès lors, l’affaiblissement constant de l’affirmation identitaire était trop souvent compensé par une exacerbation nationaliste de plus en plus vide de sens. " Cet auteur corse, avant la collection Nera, écrivait déjà. Il est publié depuis 1967, avec un premier roman "le non-lieu " aux Editions Mercure de France. Entre 2001 et 2003, cinq ouvrages ont été édités par l’Editeur Lacour : Corse, un froid au cœur, Petite anthologie du racisme anti-corse, Pour une assemblée nationale provisoire, Un petit commerce de nuit (roman), Indipendenza : Pour une Corse libre, démocratique et sociale.
    Jean-Pierre Santini, avec des amis proches, a créé une maison d’Edition " Fior di Carta " qui privilégie la pluralité et la qualité. Il participe très activement à un nouvel événement culturel dans le Cap corse. La Ghjurnata Libri Aperti accueille, le 11 août prochain à Barretali, publics, auteurs et éditeurs dans le cadre des Estivales 2007. Cette journée originale est organisée, en partenariat avec la commune de Barrettali, par les éditions A Fior di Carta et l'Association pour la Promotion Economique et Culturelle du Cap corse. A suivre…







    Marie-Héléne Ferrari est née en Lorraine en 1960. Elle vit actuellement en Corse-du-Sud, à Bonifacio, cité de caractère qui abrite une partie de ses écrits. Des études de lettres modernes, et de droit, des cours aux beaux-arts et un goût prononcé pour la scalpélisation de l'âme, font d'elle une femme étonnante, touche à tout talentueux. Proposant des œuvres variées, elle s'illustre dans drame néoromantique, avec Mélusine, puis dans les nouvelles, centrée sur la vie contemporaine corse, Cruauté Ordinaire, une pièce encore, Pandora ! Puis elle intègre les éditions Clémentine où elle rencontre véritablement son public, avec Un Goût amer et sucré comme le silence, ensemble de nouvelles douces amères sur la vie et le couple. À peine un demi-siècle, l'histoire d'un homme de cinquante ans, qui refuse de vieillir, a particulièrement touché ses lecteurs. Cependant, le roman policier la passionne plus que tout et c'est avec son goût pour les mots, qu'elle met le commissaire Pierucci au monde, dans Le Destin ne s'en mêle pas, où une petite veuve va causer autour d'elle bien du tracas. Le deuxième tome des aventures de l'irascible commissaire, confronte le lecteur avec le délicat problème des luttes d'influence, quant au troisième, il nous plonge dans l'histoire douloureuse des montagnes de l'En deça des Monts, Sainte Lucie, Carbini, pour une enquête terrifiante. Comme une absence de Lumière, le tueur de douleur.







    Okuba Kentaro : S'il n'aime guère parler de lui sur la toile, Okuba Kentaro est par contre très présent quand il s'agit de faire aimer les auteurs de polars et de SF. Cet infatigable et talentueux critique littéraire tient régulièrement ses chroniques dans plusieurs excellentes revues en ligne dont Combat Magazine, Europolar, Phénix Mag… Et avec tout cela, il trouve le temps d’écrire. Il vit en Corse. Il évoque l’insularité aussi dans un roman sur Cuba " Electre à la Havane ", sorti le 26 novembre 2006 aux éditions Metailié. On sait tout des îles, sinon qu’elles sont des prisons. Cuba ne déroge pas à la règle ; ses soleils et ses langueurs océanes sont le décor sublime d’une insupportable captivité, la pire qui soit pour des Latins, le silence. Dans le roman " Evanescence de l’hiver ", il n’y a pas de photos mais une description sans concession du pays du soleil levant. De quoi alimenter votre imaginaire sur les "Tokyoïtes ", en suivant l’Inspecteur Wata, engagé par un prix Nobel de littérature en panne d’inspiration pour mener une enquête " au cœur enfiévré du Japon futuriste, hypermoderniste, dans le centre de recherche qui abrite les meilleurs cerveaux du pays ". L’inspecteur Wata est dépeint comme un farouche adepte du consensus nippon : un mouton aurait plus de libre arbitre que lui.







    Olivier Collard se présente lui-même : Je me définis volontiers comme un petit auteur de foire, même si les bien-pensants abonnés aux palmes académiques sont libres de me qualifier de "foireux". Mes livres sentent bon le brocciu passu, le prisuttu et le figatellu ! Il y a cinq ou six ans, notre amour pour la Corse nous a poussés, mon épouse et moi, à prendre un nouveau départ. Malgré les galères, nous ne regrettons rien. J'ai découvert l'écriture par accident. Une bien curieuse providence - que certains nomment : "chômage" - m'a conduit à me demander ce que j'étais capable de faire. C'est à dire pas grand chose. Alors l'écriture... Comme vous le savez, c'est difficile d'être édité quand on n'est ni star, ni académicien (encore moins les deux ensemble). Malgré tout, il me plaît à penser qu'un grain de passion peut soulever des montagnes (de mercantilisme, de népotisme aussi). Alors j'ai remué ciel et terre pour que les personnages hauts en couleur qui hantent les limbes de mon imaginaire puissent enfin sortir prendre l'air. Et transmettre à d'autres que moi cette incessante métamorphose du sentiment et de l'émotion qui m'anime. En fait, je voulais juste qu'ils me fichent la paix. Le jour même où mon premier roman est sorti, j'ai retrouvé du boulot et du coup je n'ai pas pu tellement bercer le bébé (je m'occupe seul de sa diffusion sur la Corse). Pourtant, au bout de six mois l'ouvrage était épuisé. Alors j'ai rempilé...







    Paul Carta est né à Ajaccio et a fait ses études à la faculté de lettres à Nice. Professeur d’histoire et de français, il enseigne dans la région parisienne. Après avoir écumé les tournois de jeu de rôles et d’échecs sur la Côte d’Azur, il devient coopérant linguistique en Sicile, où il publie son premier roman "L’Artefact sicilien", qui sera étudié à l’Université de Palerme. Ses grandes passions, la lecture, SF, Fantasy, romans historiques... et le football. Finalistes du prix Imaginales 2005 d’Epinal avec son roman "Petit dieu", Paul Carta nous plonge dans un univers fantastique mêlé de mythologie ancienne et d'aventure. Le livre raconte l'histoire d'un dieu oublié depuis des siècles... ramené à la vie par un jeune garçon. Ce réveil dans un monde nouveau va provoquer de terribles bouleversements... L 'illustrateur Benares nous offre deux superbes cartes de Poménia et de la Cité Maudite. Paul Carta par lui-même : " Je suis enseignant, et j'écris durant mes loisirs des livres de SF et de Fantasy, publiés aux Editions Melis. J'ai fait mes études de Lettres Modernes à Nice, où j'ai présenté une Maîtrise sur Lovecraft et un mémoire de DEA sur Tolkien. J'enseigne le français, mais j'ai aussi enseigné l'Histoire-géographie, la Philosophie, l'italien et le jeu d'échecs. " C’est de ses expériences qu’il tire matière à romans. Son premier, L’artefact sicilien, fut d’ailleurs écrit lors de son séjour en Sicile et est probablement le seul livre de science-fiction étudié à l’université de Palerme. De son expérience de joueur d’échecs, il tire un roman de science-fiction très original, Gens Una Sumus, où des extraterrestres s’intéressent au jeu d’échecs, pour des motifs autres que ludiques. Passionné d’histoire, il mêle tout naturellement les mythes à son cycle de fantasy, Petit-Dieu. "







    Paul Milleliri : est un auteur de romans et d'essais, véritable touche-à-tout de l'écriture. Il excelle dans des styles et des genres très éloignés qui révèlent pourtant une même passion. Qu'on en juge : un roman épistolaire ayant les guerres napoléoniennes comme fond de toile (Les Oubliées de l'Empire) ; un roman "algérien" (Le grain de café) ; un essai historique sur Pauline Bonaparte (Pauline B. La vénus impériale) ; un recueil de référence, pour collectionneurs et amateurs d'histoire impériale, sur les insignes de tradition (Epopée napoléonienne et insignes de tradition). Aux Editions Albiana, il a publié en 2006 " Pace e salute, un polar dans la plus pure tradition du genre Who dunnit ? (Qui l'a commis?).






    Pierre Lepidi est un ancien élève de l’Institut des Médias ISCPA de Paris. Journaliste, il travaille depuis 1995 au service des sports du quotidien national LE MONDE. Voyageur et passionné du continent africain, il a publié des récits de voyages : Les carnets d’Afrique en 2004 chez Polymédia (intégralement au profit de l’association Frères de foot qu’il préside) et Nouakchott – Nouadhibou en 2005 chez Ibis Press (illustré par des photographies de Philippe Freund). Avec un autre photographe, Clément Saccomani, il a participé à une exposition de photographies et de reportages sur l’Arménie qui a eu lieu à l’institut français de Budapest du 26 octobre au 30 novembre dernier. Son polar " Dilemme " a été édité chez Albiana. L’auteur, lors de ses voyages, doit éprouver la cursita, ce sentiment de mélancolie loin de l’île, proche de la saudade brésilienne et exprimé par le héros de son roman " Dilemme ".




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