• Polka, le plus corse des polars new-yorkais

    Polka, le plus corse des  polars new-yorkais !<o:p></o:p>



    L’auteur : Mathieu Croizet  (de Zilia) Mathieu Croizet est avocat à Marseille. Il est d’origine corse par sa mère, une Marchetti de Zilia.  Il a vécu de nombreuses années à New York. Polka est  son premier roman.

     




    Polka, Editions L’écailler (septembre 2008)

    Un thriller moderne et  haletant, du hardboiled genre « muckracker » (l'école des fouille-merde) bourré d’humour et de rock ‘n roll,  musclé et souple à la fois, avec un héros grande gueule (qui en prend plein la gueule) et gros bras, qui ne rate ni un baston ni une fusillade.

    Dans un New York loin des clichés touristiques de la 5ème Avenue,  l’auteur nous ballade comme dans un village et  nous fait rencontrer des personnages du rêve américain tournant au cauchemar.  

    Paul Casanova, alias « Polka », est un flic newyorkais d’origine corse.  Dur à cuire du genre incassable comme un cep de vigne planté un soir de pleine lune, il prend des coups et encaisse toujours, en se relevant à chaque fois. Flanqué de partenaires tenaces, il va dénouer une enquête mouvementée sur des meurtres signés avec des suites de chiffres scarifiées sur les corps des victimes. C’est une façon de compter plus facilement les morts mais aussi un élément de l’énigme qui ne se résoudra pas grâce aux mathématiques, même si le Professeur Katzenberg donne quelques leçons pour avouer que les chiffres ont aussi leur mystère dans la Kabbale et apparaître plus passionné par la guèmatrie que par l’algèbre et la géométrie.  La guématrie ? Le Professeur vous expliquera ce que c’est lui-même. En attendant les cadavres se multiplient et que fait la police au « One Police Plaza », QG de la NYPD… NYPD ?  Demandez à Sarko, il a un tee-shirt avec ce sigle lorsqu’il fait du footing. Donc que fait la police new-yorkaise ? Les fédéraux du FBI seront-ils meilleurs ?… FBI ? Putain, vous êtes un peu casse-couille. Il faut tout vous traduire… Et bien cet ouvrage est fait pour vous car tout ce qui n’est pas en français y est traduit. Vous saviez  que Flic en ricain c’est col ?  Non, je ne dis pas que c’est cool d’être flic. Bon, c’est trop long à vous expliquer… Tout est dans l’ouvrage de Mathieu Croizet.


    Son héros, Polka,  a hérité, au fond du cœur, la sagesse de son grand-père berger corse dont il se souvient.  « Vulé à butte piena è a moglie briaca » est un dicton corse qui lui rappelle cette sagesse. Vous voulez savoir  ce que cela veut dire et bien il faudra que Polka vous le traduise en américain et l’auteur en français. Ce que je peux dire, c’est que les deux ont le même humour parce que les deux sont corses.  


    Au milieu d’un enfer pire que celui de Dante et  peuplé d’un commissaire dans le genre Bérurier en plus scratcher quand il s'agit de ses couilles,  d’un serial-killer entouré de vampires slaves, d’un trafiquant de drogue serbe, de la mafia, de skinheads néo-nazis…  Polka n’est pas au bout de sa peine mais il ne restera pas seul.  La belle nippo-américaine Shizuka, médecin-légiste, fait les autopsies et ravive les ardeurs de notre flic corso-américain. Le récit devient un double je avec un deuxième flic, Fred Green coéquipier genre costar Armani et pompes à glands, dandy soupçonné d’avoir exécuté un tueur en série au lieu de l’arrêter. Viennent dans son sillage Montoya, un flic chicano du New Jersey, sorti d’un gang à l’adolescence, et  l’agent  Jane Spector, dragonne de la police des polices… personnages plutôt sympa parmi une kyrielle de détraqués de tous poils et de toutes confessions, et  Nick Morotta, un ami d’enfance de Polka mais surtout  devenu un gros caïd d’une des familles mafieuses  italo-américaines respectueuses à leur manière de l’église apostolique romaine.


    Comme Fred Green, Polka a ses méthodes qui peuvent lui attirer des ennuis… «Polka, arrête tes conneries, tu sais que tu es sur la corde raide, un pas de travers et tu tombes». L’inspecteur Paul Casanova, dit Polka, est averti… Il doit faire du bon boulot, et dans les règles. Il faut dire qu’entre drogue, crime et pornographie, à New York, la police ne chôme pas.  Polka, hostile à toute hiérarchie, est un flic rock’n’roll qui n’a pas peur des coups. Mais cela peut-il suffire ? Entre flingages sévères, tabassages en règle et descentes dans les milieux les plus interlopes, « Polka » est un polar haletant et moderne, dans le registre des ouvrages de Michael Connelly, de James Ellroy ou de Bret Easton Ellis, qui vous tient en haleine à un rythme effréné. Dans un univers noir et désespéré, Polka est un policier marginal en conflit avec sa hiérarchie et un entêté qui ne fait pas de compromis, sauf par instinct de survie et encore que, né un jour de pleine lune comme son grand-père, il aurait tendance à se croire fait pour vivre centenaire.


    Un livre que vous ne lâcherez plus et qui est plus passionnant qu’un guide touristique pour visiter New York….

    A la page 196 ( sur 337), après nous avoir décrit la gare «  Grand Central Station » de New York, Polka soliloque : «  Bref, je ne suis pas en train d’écrire un guide touristique ».  Et bien, nous pensons que l’ouvrage peut être aussi un guide original pour visiter le New York insolite, se confectionner une discographie de morceaux allant du Rock n’roll au Rap, en passant par tout ce que l’on peut trouver de plus hard. Vous ne résisterez pas à goûter  un hero du New Jersey/ hoagie de Pennsylvanie/ Sub de Nouvelle-Angleterre… trois mots pour désigner des mets locaux qui sont un même pain garni de salami, de prosciutto, de mortadelle, de provolone, de jambon cuit, d’emmental, de parmesan, de piments, de tomates, de laitue… le tout relevé par de l’huile d’olive de l’origan et autres épices choisies : un sandwich  italien à la démesure américaine.  Et puis si vous êtes fumeur et que voulez être sûr de mourir du cancer et non pas d’une infection fécale, ouvrez vos paquets par le bas pour ne pas avoir à les prendre par le filtre avec vos doigts lorsque vous devrez les mettre dans la merde.



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    Entretien avec Mathieu Croizet :<o:p></o:p>

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    Bonjour Mathieu Croizet. Une première question rituelle pour un premier ouvrage : comment es-tu venu à l’écriture et pourquoi avoir choisi comme genre le polar ?<o:p></o:p>

    Tout d’abord bonjour et Bonne Année.  Pace è Salute a tutti.<o:p></o:p>

    J’ai commencé à l’écrire par hasard, je préparais l’examen d’entrée à l’école d’avocat et un soir j’ai eu besoin d’un exécutoire pour me sortir la tête des cours de droit.  Je me suis installé devant mon ordinateur et j’ai commencé à taper sans vraiment savoir ce que je voulais faire.  J’ai écrit ce qui est devenu, par la suite, le prologue de Polka.  Cela m’a plu et j’ai créé un personnage principal, Paul Casanova et c’est presque ce personnage qui m’a « raconté » l’histoire. <o:p></o:p>

    J’ai choisi le style polar parce que c’est un style qui permet une grande liberté de ton.<o:p></o:p>

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    Lors de la première rencontre littéraire du Barreau de Marseille, un avocat a expliqué que le polar, le roman policier, c’était toujours pareil et ennuyeux : un meurtre, une enquête, un assassin. Il a ensuite souhaité l’écriture d’un roman judiciaire  qui commencerait à l’arrestation de l’auteur. Pourquoi avoir choisi un héro flic plutôt qu’avocat comme toi ?<o:p></o:p>

    Tout d’abord, je ne suis pas d’accord avec la vision extrêmement simpliste de mon confrère.<o:p></o:p>

    Ensuite, je ne pense pas que la procédure pénale française, contrairement à celle des Etats-Unis, puisse servir de trame à un roman haletant et prenant  Je pense que c’est la raison pour laquelle nous n’avons pas, ou très peu, en France d’auteurs spécialisés dans les polars judiciaires comme John Grisham.<o:p></o:p>

    Il existe tout de même de bons polars judiciaires français, je pense notamment à « Accusé couchez-vous » de Laurent Léguevaque et Michel Embareck.<o:p></o:p>

    Enfin, j’ai choisi le flic car il a les mains dans la boue et cela permet plus d’action.<o:p></o:p>

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    Le héros Paul Casanova est un Américain d’origine corse.

    Pourquoi un Corse ? Quelle en est la nécessité ?<o:p></o:p>

    Mon patronyme est Croizet mais ma mère s’appelle Marchetti. Elle est originaire de Zilia en Balagne, où je me rends chaque année.  J’ai une relation très forte avec la Corse, je dirais presque fusionnelle.<o:p></o:p>

    En fait l’idée d’un héro corso-américain m’est venue en repensant à une anecdote.  Un jour, je me baladais dans Little Italy à Manhattan, je suis tombé sur un magasin qui avait, dans sa vitrine, un drapeau estampillé de la tête de Maure.  J’y étais entré et j’avais appris l’existence d’une amicale corse à New-York.  Je m’étais dis qu’un héro américain d’origine corse, ça aurait de la gueule... <o:p></o:p>

    Donc quand j’ai créé Paul Casanova, il ne pouvait pas être autre chose que Corse.<o:p></o:p>

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    Et toi, comment vis-tu  ta corsité ? <o:p></o:p>

    Comme je l’ai dit, j’ai une relation très forte avec l’île.  Je vis ma corsité non pas comme un étendard que l’on brandit mais comme une façon de penser et de vivre.<o:p></o:p>

    La corsité, je pense que c’est avant tout un état d’esprit.<o:p></o:p>

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    New-York apparaît comme une grande pomme avec la symbolique du péché puisque chaque quartier est la proie de gangs issus de vagues d’immigrés, en dernier lieu les chinois et les transfuges de l’ex-URSS. Elle apparaît aussi le refuge de criminels de guerre et pas seulement de 39-45 mais aussi de celle de l’ex-yougoslavie. Tout n’est-il que fiction ou bien y-a-t-il de la réalité dans cette vision noire de cette ville ?<o:p></o:p>

    Je pense que bien souvent la réalité dépasse la fiction.  L’exercice de mon métier me le rappelle chaque jour.<o:p></o:p>

    Je pense que comme dans toutes les villes, surtout dans les mégapoles, il existe une face sombre et une face claire.  <o:p></o:p>

    Dans Polka, j’ai voulu parler de ce que j’aimais dans New-York sans oublier que cette ville avec ses millions d’habitants peut également être très violente.<o:p></o:p>

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    Lorsque j’ai pris la symbolique du péché pour la grande pomme, j’ai voulu introduite la dimension mystique c’est-à-dire l’importance de la religion aux Etats-Unis qui favorise les dérives sectaires. La religion a-t-elle un effet pervers chez les Américains ?<o:p></o:p>

    Je pense que la relation des Américains avec la religion est complexe.<o:p></o:p>

    L’hyper-religiosité a incontestablement un effet pervers non seulement aux USA mais également à travers le monde.<o:p></o:p>

    La difficulté s’est accrue sous le mandat de George Bush puisque ce dernier a utilisé la religion comme un symbole patriotique dans son « combat » contre le terrorisme, attisant de ce fait le fanatisme religieux musulman.<o:p></o:p>

    Je dois avouer que cette hyper-religiosité me fait peur.<o:p></o:p>

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    Tu as vécu plusieurs années aux Etats-Unis. Qu’as-tu retenu de plus significatif dans la ville de New York ? <o:p></o:p>

    C’est une ville qui ne dort jamais, littéralement.  On peut tout faire à n’importe quelle heure...<o:p></o:p>

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    Tu as suivi une formation pour le  cinéma avant d’opter pour le Barreau. Dans Polka, des passages plutôt cinématographiques  parcheminent le récit. Le cinéma te tente toujours ?<o:p></o:p>

    Une précision s’impose : je n’ai malheureusement pas suivi de cours de cinéma mais j’avais été accepté dans l’Ecole de Cinéma de l’Université de New-York quand j’ai dû, la mort dans l’âme, rentrer en France.<o:p></o:p>

    Cela a été très dur et j’ai toujours eu une petite « frustration »à ce sujet, frustration qui m’a surement poussé à écrire Polka avec des passages cinématographiques.  <o:p></o:p>

    Le cinéma me tente toujours et je peux dire qu’un de mes rêves c’est de voir mon livre adapté au cinéma.<o:p></o:p>

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    Aujourd’hui tu vis en France. As-tu déjà une idée sur les lieux de tes prochains romans ?<o:p></o:p>

    Le prochain livre, qui est en cours d’écriture, se passe aux USA mais également à Marseille et en Corse.<o:p></o:p>

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    Si je devais classer Polka, je dirais que tu es  inspiré par le hardboiled et le Muckracker  avec en plus la dimension du néo-polar qui met en scène New York et la société américaine.  Quels sont tes auteurs ou tes lectures de référence et te reconnais-tu une filiation littéraire?<o:p></o:p>

    Mes auteurs de référence sont nombreux mais je peux citer parmi les Américains James Ellroy, Michael Connelly, surtout les premiers, George P.Pellecanos pour l’ambiance musicale.<o:p></o:p>

    Parmi les français, j’adore Thierry Jonquet.  J’aime beaucoup Manchette et bien sûr les auteurs classés sous le titre réducteur à mon sens « d’auteurs de Polars Marseillais », c’est-à-dire Izzo etc...<o:p></o:p>

    J’ai également découvert récemment grâce à Jean-Paul Ceccaldi des auteurs corses de polars comme Jean-Paul lui-même mais également Jean-Pierre Santini et son excellent Nimu.<o:p></o:p>

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    La musique actuelle est très présente dans le récit. Alors, est-ce que les goûts de Polka sont les tiens ?   <o:p></o:p>

    Oui, les goûts musicaux de Polka sont les miens.  Dans le livre il y a des références à des concerts et  ces concerts ont vraiment eu lieu, tous les souvenirs de Polka à leurs sujets sont les miens.<o:p></o:p>

    La musique est essentielle et j’écris très souvent avec un casque sur les oreilles.<o:p></o:p>

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    As-tu quelque chose que tu aimerais dire sur  Polka aux lecteurs corses?<o:p></o:p>

    Polka c’est le plus corse des polars new-yorkais mais également le plus new-yorkais des polars corses.<o:p></o:p>

    Bonne lecture !!<o:p></o:p>

     



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