• Les mots de Martin et de Martine...

    Des mots pour jouir de Martin aux Mystères d’âmes de Martine …

    Dans " Les mots pour le dire " de Marie Cardinal- ( Editeur : LGF - Livre de Poche- 1977 -Collection : Livre de poche), la narratrice se décide à forer dans les méandres de son passé, au risque d'endurer au début des souffrances plus dévastatrices, semble-t-il, que le mal. Alors, peu à peu filtre la lumière. Celle que la conscience met à jour, réduisant l'angoisse, anémiant la névrose, acculant le silence aux mots.



    Les " mots pour le dire ", arrachés douloureusement du silence, s’épanouissent chez Martin Melkonian dans"Les mots pour jouir ", titre de son nouveau roman : Editeur : Intervalles, Publication :1/9/2007 - ISBN : 9782916355184 - 151 pages .

    L’écriture du " Minaturiste " est née des cendres. Le petit héros de papier est la plume d’un Phénix… Notre dernier article sur cet auteur remonte au 27 juin 2007 pour son ouvrage " Un petit héros de papier " et nous l’avions découvert avec l’un de ses premiers " Le Miniaturiste ".
     
    Nous disions que, au bout de notre lecture, l’écriture née des cendres du petit héros de papier apparaît bien comme celle d’un phénix à la plume flamboyante qui enlumine et rend la lecture jouissive.

              

    Martin Melkonian est l’auteur, entre autres, d’une suite autobiographique qui comprend notamment Désobéir (Seuil), Loin du Ritz (Seuil), Le camériste et autres récits (Maurice Nadeau).

    À l’heure où l’écriture de l’intime se confond souvent avec de la poussière d’alèse, il réinvente les mille éclats de désir qui sous-tendent l’écriture et partage merveilleusement dans ce texte enchanteur son immense génie des mots.

    quatrième de couverture :

    Il y a des pulsions, des sensations, des pensées, il y a des amours, il y a des voyages, il y a la pression sociale, il y a la solitude, il y a quelques nuits, des dates et des dates piquées à l'abandon dans les pages, il y a l'échange amical, il y a la tentation de juger et de s'enfermer, il y a la volonté de se transformer, il y a l'appel de la maison lointaine, de la campagne, de la mer, du Mont-Saint-Michel, il y a la mort d'une mère. Tout cela se touche sans se rejoindre, à l'image du réel où, à cause du désir qui nous meut, nous faisons chacun l'expérience du manque.
    L'écriture du journal intime ne comble évidemment pas ce manque majeur et générique. Il n'en demeure pas moins qu'elle se découvre responsable d¹une vérité restituée signe après signe. C'est un acte toujours ouvert. Un acte extime.

    Extraits/ morceaux choisis:

    Je m'éveille à quatre heures, capté par le silence et, aussitôt, m'emporte le courant d'un fleuve. Je m'imagine (ma situation géographique manque de précision) sur une barque qui tangue à peine. Bien sur, nul clapotis. C'est la voie.
    Le changement est tel que je perçois les anciennes réactions au moment où se manifestent les nouvelles, sans qu'il y ait eu, au préalable, de modification de principe du moi. le mot 'juste' flotte alors comme un drapeau dans un environnement qui se découvre au fur et à mesure que le temps s'écoule. Non pas, dans l'absolu : 'Comment être juste ? ', mais : 'Tâcher d'être juste ici, dans l'instant'.
    châpitre:18 janvier-page 34 - éditeur Intervalles - date d'édition 2007 -

    Qu'est-ce qui se joue dans la relation sexuelle ? Qu'est-ce qui joue là ? Si c'est l'enfant, il n'y a pas sa place. Dans la relation sexuelle, l'enfant intérieur aspire à la fusion. Il y aspire d'autant plus qu'il se protège de l'effarement du corps à corps.
    Eros n'abolit pas la distance entre êtres. D'une extrême proximité peut résulter une déconstruction. L'intensité de la jouissance ne dit presque rien d'un être. Elle risque, en outre, d'assommer la relation. Je préconise la distance sans toujours parvenir à la ménager. Je garantis ma force pressentie de la toute-puissance orgastique. Je récupère mon reste là où je prolifère. Au bord de la fusion, je rappelle la solitude mortelle. Je cherche à respirer malgré l'étreinte.
    chapitre : 18 Mai - page 62 - éditeur Intervalles - date d'édition : 2007



    Au moment de la sortie du dernier ouvrage de Martin Melkonian, je venais de lire un article sur le blog de Martine Rousset, auteure d’un premier recueil de nouvelles intitulé " Mystères d’âme " , Editions Fior di carta…

    L’article s’intitule " Mots et merveilles " et il commence comme suit :

    " J’ai deux mots à vous dire à propos du mot... " mot ". Trois lettres seulement et pourtant à lui seul il porte la terre entière… Omniprésence du mot même lorsqu’il n’est pas prononcé. Il est alors un geste. Le mot " geste ".
    Tout au long de notre vie, nous cherchons nos mots. A moins que ce ne soit les mots qui nous cherchent ? Ne naissons-nous pas sans mots et sans même soupçonner leur existence ? Les mots viennent ensuite. Peu à peu, ils s’insinuent. Nous balbutions des mots étrangers pour les apprivoiser. Assaillis de mots, il nous faut les apprendre pour les dispenser et pour les penser. Les uns après les autres. Mot à mot et mot pour mot.
    Les mots nous nourrissent et nous les mangeons même parfois en nous taisant. Ne rien dire. Manger ses mots. Mais dans ce cas, faut-il mâcher ses mots ? Les mots sont quelquefois des musiques lorsqu’ils s’enchaînent. Certains mots retentissent avec légèreté. Ils tintinnabulent. D’autres résonnent pesamment. Lugubrement… "
    Adresse de l’article de Martine Rousset :
    http://blog.ifrance.com/martine.rousset/post/475612-mots-et-merveilles

    Mystrères d’âmes, Edition A Fior di Carta, 20228 Barrettali , parution Juillet 2007

     

    Par ailleurs, j’ai lu le recueil de Martine Rousset, rencontrée à la journée Livres ouverts de Barrettali dans le Cap corse…

    Martine Rousset se présente et présente son ouvrage :

    Fille d'un musicien et d'une artistre peintre, je suis née en banlieue parisienne dans l’euphorie des années 60 avec les Beatles et les Rolling Stones. Transportée par quelques rayons de soleil persuasifs, je vis en Corse depuis plus de 25 ans. Tenaillée par le besoin d’écrire, j'ai longtemps oscillé entre poèmes bancals et romans inachevés pour finalement me complaire dans les histoires brèves. Puis, les hasards de la vie m’ont menée à l’idée de faire partager mes écrits. Dans Mystères d’âmes, mon premier ouvrage, se côtoient Josette et Roger, un couple dont le bonheur fait apprécier la dépression et dont la réussite donne envie d’échouer, Ernest, un centenaire qui oublia de profiter de sa vie, Mémé Angèle qui nous raconte gaiement son propre enterrement et quelques autres personnages, tous là pour nous interpeller.
    Cependant, si ce livre a été entrepris dans le bonheur, il a été achevé dans la souffrance. La quête aurait pu être une nouvelle mais elle est réellement mon histoire. Une merveilleuse histoire d’amour.

    Extrait :

    " Nous discourions ensemble des heures durant, la plupart du temps devant un feu de cheminée, chez lui ou chez moi. Nous devisions de la vie, de nos attentes, de nos craintes, de nos doutes. Parfois sérieusement, parfois submergés par des fous rires que nous étions les seuls à pouvoir comprendre tant ils partaient de rien. Nous nous cherchions sans vouloir nous trouver. Nous nous étions trouvés en nous cherchant mais sans y croire. Nous étions deux individus enclins à l’association mais peu ou pas préparés à s’associer. Nous étions amants et amis à la fois, balbutiant dans un mélange maladroit d’exaltation des sens du corps et de l’esprit sans encore parvenir à les connecter. "

    Adresse d’une vidéo FR3-Corse :
    http://www.kewego.fr/video/iLyROoaft7_y.html




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