• Le Polar étend son drap d'or...

    Quatrième édition
    du
    Salon du Polar à Drap (06)

    Depuis 2007, la municipalité de Drap ( Alpes Maritimes ) organise un salon du polar. Les organisateurs du Salon du polar de Drap, après seulement deux ans d’existence, ont su faire de ce salon une rencontre conviviale et d’échange.


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    Dans le camp du drap d'or du polar, la convivialité et l’échange seront au rendez-vous...

     


     


    Salon du Polar de Drap


    Editorial  écrit par le Maire de Drap:  "Je suis heureux de vous présenter la troisième édition de « Polar à Drap », qui s’impose désormais comme une manifestation incontournable dans le paysage culturel de notre région. Nous avons voulu permettre la rencontre d’auteurs avec leurs lecteurs, ou un public plus large, dans une ambiance conviviale, propice aux échanges. Nous avons voulu également que le public soit partie prenante du festival, au travers de multiples activités destinées aux enfants ou aux moins jeunes, comme les ateliers d’écriture. Ces caractéristiques resteront celles de notre « cuvée » 2009, avec quelques évolutions nées de notre expériences des deux années précédentes, que vous découvrirez dans ces pages. Nous accueillerons cette fois-ci, outre les « habitués » comme notre distingué parrain Patrick RAYNAL et son éminent complice Jean-Bernard POUY, plusieurs auteurs nouveaux, avec une attention particulière pour le polar italien. Bien sûr, la proximité géographique et culturelle a joué dans ce choix, mais chacun peut constater la vitalité et la qualité du roman policier italien. Celui-ci reste marqué -c’est la loi du genre- par les aspects les plus sombres de l’histoire récente de l’Italie, comme le poids des « années de plomb » ou la profonde imbrication de l’argent, du crime et de la politique, quand celle-ci ne tourne pas à la farce de mauvais goût, comme l’actualité récente nous en donne encore l’illustration... Rendez-vous donc à Drap en septembre, pour deux journées encore plus riches et conviviales qu’en 2008 !" - Marc Morini, Maire de Drap


    Vous pouvez trouver toutes les information dans la gazette du polar de Drap dans sa version numérique :


    http://www.calameo.com/books/00000048789bf3771d0e7

    Publiez sur Calaméo ou explorez la bibliothèque.


    Pour cette 4ème édition, le Giallo italien sera représenté avec deux auteurs parmi les plus représentatifs du Giallo: Loriano Machiavelli et Luca Crovi.

    " Selon certaines sources, le choix adopté par Mondadori de vouer sa collection de romans policiers au jaune faisait référence , et à une aventure de Sherlock Holmes de Conan Doyle parue dans le Strand Magazine vers 1891, et à un texte de Robert Browning évoquant une affaire d'homicide survenue en Italie au XVIIe siècle dont il aurait lu les détails dans un "old yellow book" acheté en Italie. Le premier "libro giallo" paraît en 1929. Et cette expression de giallo ne s'appliquera pas à une littérature policière italienne, mais désignera, ni plus ni moins, des romans policiers. L'essentiel du fonds giallo sera anglo-saxon : Erle-Stanley Gardner, Ellery Queen, SS Van Dine, Agatha Christie, J-D Carr, Rex Stout.Puis Mondadori s'assurera l'exclusivité de Simenon en Italie. Plus tard, des auteurs italiens vont entrer dans la danse, Giorgio Scerbanenco en tête… " ( Sur le Giallo, commentaire d’Elisabeth Milleliri , journaliste et romancière corse).

    Au 19ème siècle, il existe des romans populaires italiens dont les thèmes ont été repris par le cinéma italien. On peut citer Za la mort et les Souris grises, feuilleton d’Emilio Ghione ( résumé du 1er épisode « La Busta nera » : Za-la-Mort et Za-la-Vie vivent retirés à la campagne avec la vieille tante Camilla. Un jour, Za recueille Leo, un pauvre orphelin affamé. Cette bonne action déclenche la guerre entre Za et la tristement célèbre bande des Souris Grises, habitants des égouts, qui, battus pour la première fois, promettent une vengeance sanguinaire).

    Avec " Il capello del prete " ( Le chapeau du prêtre) , le roman policier sort du feuilleton en 1887. (Un baron à la vie dissolue tue un riche prêtre et jette son corps dans un puits. Grâce à l'argent volé, il continue sans vergogne à mener une vie luxueuse, mais le remords de ce crime finit par le rattraper, et le mène jusqu'à la folie. Le roman d’Emilio De Marchi sera adapté au cinéma en 1943).

    Puis L’éditeur Mondadori crée ses livres jaunes, d’où vient l’étiquette " Giallo " collé au polar italien. Les premiers auteurs italiens sont Alessandro Varaldo ( inventeur du commissaire romain Ascanio Bonichi) Enzo D’Errico ( qui met en scène un clone de Maigret) Augusto De Angelis ( et son commissaire De Vincenzi) et Tito Spagnol… Dans la lignée anglo-saxone, va s’imposer Giorgio Scerbanenco avec son personnage d’Arthur Jelling, archiviste de la police de Boston. Après la guerre et le fascisme, de nouveaux auteurs ( Giuseppe Ciabattini, Tresoldi et Boero) et de nouvelles collections apparaissent comme les " Gialli Garzanti ". De son côté, Scerbanenco invente un nouveau héros détective, le docteur Lamberti. En 1968, il reçoit une consécration internationale avec le Grand Prix de la littérature policière décerné à son roman A tous les râteliers (Traditori di tutti). Cet auteur a fait franchir un pas décisif au genre, en ancrant ses récits dans la vie réelle des classes populaires milanaises. Carlo Fruttero et Franco Lucentini ( dont " La donna della domenica " a été adaptée au cinéma par Comencini) sont traduits dans plusieurs pays d’Europe. On peut citer aussi Mario Soldati, Antonio Perria et Attilio Veraldi qui se sont essayés au roman policier.

    En référence  à la première collection à couverture jaune, on sent chez les auteurs italiens, la volonté de plonger dans leurs racines, leur langue, d’écrire avec passion sur leur ville, leur région et ses habitants. Certains font resurgir les mots oubliés, les dialectes inusités, les coutumes ancestrales et racontent l'histoire chaotique d'une Italie diverse.

    Sur le site Cairn l’article « Le roman policier italien : entre mystère et silence… pose la question : « Existe-t-il un roman policier italien ? »

    C’est avec Leonardo Sciaccia que le roman prend prise avec le réalité de la société italienne ( la corruption , la mafia…) Il invente, pour dénoncer la main mise de la Mafia sur la Sicile, la forme du « roman-enquête » (le Jour de la chouette, 1961 ; À chacun son dû, 1974) ; il décrit aussi, plus généralement, la dérive des institutions politiques italiennes (l’Affaire Moro, 1979). Proche de Sciascia, le Sicilien Andrea Camilleri, mêlant enquête sur la mafia et jeux sur la langue, réinvente « l’Italien illustre » dans la Forme de l’eau (1994). Du même auteur, le Jeu de la mouche (1995) analyse cette prégnance du dialecte, comme l’Opéra de Vigàta restitue la Sicile des notables du xixe siècle.

    A lire " Portraits d’écrivains…"

    La nouvelle génération a fourni de nouveaux noms comme Carlo Lucarelli, Marcello Fois, Andréa G. Pinketts, Cesare Battisti…
    Enzo Russo, avec son " Nessuno escluse " a écrit sur les particularismes régionaux de l’Italie. Le doyen sicilien Andrea Camilleri, inventeur du commissaire Montabalno, a fait passer les frontières au polar sicilien et, comme Jean-Claude Izzo en France ou Vasquez de Montalban en Espagne, symbolise l’émergence de ce polar régional, urbain ou de terroir.

    Vous pouvez retrouver un article de réflexion sur le polar italien : "Le noir Italien : ni bûcher , ni Nobel" sur le site Europolar.eu.



    Luca Crovi
    Il est né en 1968. Journaliste, scénariste, critique, éditeur, spécialisé dans le polar et le thriller, il est l’auteur d’un opus sur le polar italien : Tutti i colori del giallo. Il giallo italiano da De Marchi a Scerbanenco a Camilleri. Marsilio. Venezia, 2002. 364 p. (Toutes les couleurs du polar. Le roman policier italien de De Marchi à Scerbanenco et à Camilleri.)

    Ce livre comprend plus de trois cent soixante pages pour évoquer toutes les nuances de ce " Jaune " désignant le polar italien. Crovi fait une approche en partie chronologique et en partie générique, dans un long parcours historique qui commence à la fin du dix-neuvième siècle (vers la fin des années 1880, avec la publication de ce Cappello del prete (Le chapeau du curé) de De Marchi) et qui voit le roman policier naître d’une profusion de feuilletons, et jusqu'à l’époque contemporaine marqué par le Sicilien Andre Camilleri…. " Parallèlement, il nous entretient également du destin du polar à la télévision et au cinéma, ainsi que dans la bande dessinée, disserte sur les illustrateurs des collections les plus connues (les grands Giove Toppi et Walter Molino entre autres), fait un crochet du côté des femmes écrivains qui ont su se créer une bonne place dans le marché ces quelques dernières années, et s'amuse à reconstituer l'histoire des imitations, des plagiats et des hommages dont a été victime en Italie le grand-père de tous les détectives, Sherlock Holmes. Sans oublier bien sûr un chapitre sur le roman policier historique (Umberto Eco, seul connu à l'étranger, n'est pas le seul à connaître) et des présentations assez approfondies des deux auteurs qui ont le plus influencé l'évolution et la réception du genre : Camilleri, justement, et avant lui Giorgio Scerbanenco ".

    Voir compte rendu sur site Belphégor

    On trouve dans " Tutti i colori del giallo " la saga des " Libri gialli Mondadori "( livres jaunes de l’Editeur Mondadori), à partir donc de 1929. Ce premier âge de grand essor du polar connaîtra cependant un temps d'arrêt entre 1941 et 1947 (fascisme).
    Cet ouvrage encyclopédique accompagné de réflexion est un outil de référence pour ceux qui veulent mieux connaître les " Jaunes " italiens et comprendre la place du polar dans la culture italienne.


    Loriano Machiavelli :

    « Loriano Machiavelli a 34 ans en 1968 : il anime alors un groupe de théâtre engagé dans cette mouvance et ne perd rien de l’actualité contestataire, très riche dans sa ville de Bologne. A la fin des années 1970, il est à l’origine du fameux Groupe 13, qui amorce le renouveau du roman noir italien en lui faisant adopter des thématiques politiques et sociales. Le personnage récurrent de ses romans, Sarti Antonio, est flanqué — « pas par hasard », précise l’auteur — d’un soixante-huitard, Rosas, militant extraparlementaire. Bologne, ville à vendre (10) se déroule pendant ces années 1970-1980, où le Parti communiste au pouvoir à l’hôtel de ville est confronté aux manifestations de l’extrême gauche. Témoin sarcastique bien plus que Maigret italien, Sarti Antonio évolue au milieu des troubles. Ce personnage évoque irrésistiblement l’auteur lui-même, tel qu’il se décrit à l’époque : sur son « scooter déglingué, fonçant d’une manifestation à une autre pour respirer l’odeur des lacrymogènes et observer les canons pointés des blindés ». extrait d’un article de Serge quadruppani – Le monde diplomatique ;

    Depuis le début des années 1960, il se consacrait au théâtre comme metteur en scène, acteur et  auteur ; ses oeuvres théâtrales  ont été jouées par diverses compagnies italiennes. Il a obtenu plusieurs prix de théâtre en Italie.  Depuis 1974 il écrit aussi des romans dans le  genre policier en devenant un des auteurs italiens les plus connus et lus. Plusieurs de ses récits ont fait l’objet d’adaptations télévisées. Il a collaboré dans des périodiques et des quotidiens italiens.Il a participé à des  batailles, parfois dures, avec des éditeurs, critiques et même lecteurs qui ne croyaient pas à la possibilité d'un roman jaune italien.Il a connu, discuté et débattu avec des personnages qui ont donné beaucoup au genre : Oreste du Bon, Giuseppe Petronio, Raffele Crovi, Claudio Savonuzzi, Attilio Veraldi, pour en citer seulement quelques uns. Il a participé à des quantités de rencontres, débats, présentations et autres initiatives, en Italie et à l'étranger.

    Le Groupe des 13. C’est à Bologne que se forma en 1990 il Gruppo dei Tredici, qui en réalité n’étaient que 12, dix écrivains et deux dessinateurs, intéressés par le roman policier. Les plus célèbres de ce groupe sont Carlo Lucarelli, Loriano Macchiavelli, Marcello Fois (d’origine sarde), et Danila Comastri Montanari. On ne parlera pas de cette dernière, car son genre est le roman historique, par ailleurs très populaire en Italie.

     

    Arborescence interactive des auteurs italiens

    http://www.dipity.com/timeline/AUTEURS-DE-POLAR-ITAL


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