• Le jour où Nina Simone a cessé de chanter...

    Le jour où Nina Simone a cessé de chanter

    au théâtre de l’AGHJA,  les 30 et 31 janvier 2009.  <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>



    Le jour où Nina Simone a cessé de chanter, monologue de Darina Al Joundi

    <o:p></o:p>Ecrit par Darina Al Joundi et Mohamed Kacimi

    <o:p></o:p>Mise en scène & scénographie : Alain Timar

    Ce spectacle a été nommé pour les Molières 2008

    Programmation commune Aghja / Théâtre Kallisté / Ville d'Ajaccio.       

    Les 30 et 31 janvier 2009 à 21 Heures,  Ville d'Ajaccio, réservations : 20 rue Forcioli Conti, tél : 04 95 50 40 86.

    <o:p> </o:p>

          

           Le soir des funérailles de son père, Noun coupe le son des psalmodies du Coran qui accompagnent traditionnellement cette cérémonie. L'acte provoque un grand scandale dans sa famille. Noun décide de s'enfermer à double tour avec son père pour lui dire ce qu'elle a sur le cœur, lui rappeler toutes les leçons de libertés qu'il lui a données.

         

           Noun est libre face à la mort, mais une simple porte la sépare d'un monde hostile. Au fil des évocations, Noun quitte le paradis perdu de son adolescence, de ses révoltes pour se confronter à la fin à un monde, à une société qui interdit à la femme l'exercice de la parole, du rêve et de la révolte.

    <o:p> </o:p>

           Darina Al Joundi a raconté et écrit avec Mohamed Kacimi sa propre histoire. Elle la joue sur scène. Noun et Darina ne font qu’un dans son passé vécu au Liban, jusqu’au jour où « il restait une place pour Paris ». Noun l’a prise…

            « Enfant de toutes les guerres du Liban, Darina al Joundi a brûlé son enfance et sa jeunesse à Beyrouth, ville de tous les excès qui abuse de la mort comme de l'amour. Ville aussi de toutes les illusions, derrière ses façades réelles de liberté, de révolte, de fêtes et de beuveries, se cache une société conservatrice à l'affût du moindre écart de chaque individu. Beyrouth est une ville de l'exhibition où l'on ne survit que si l'on se dérobe au regard des autres. Darina a traversé, à son corps défendant, les nuits de Beyrouth, elle a vécu de près et dans sa propre chair l'exclusion dont peut faire preuve cette société conservatrice et féodale qui n'hésite pas à exclure et à bannir quiconque enfreint l'espace du religieux. Surtout quand la liberté est prise par une femme, sachant que la femme reste une langue étrangère dans le monde arabe. Au Liban, on peut s'affranchir de tout sauf de Dieu. Darina al Joundi a fait cette expérience des limites. Elle en ressort, brûlée mais libre, avec ce texte de feu et de folie. »

          

    Mohamed Kacimi commente :<o:p> </o:p> « Cette femme est là parce qu’elle a vraiment quelque chose à dire. C’est sa vie qu’elle vient raconter, une vie à la liberté démente (...) Heureusement que les murs de la chapelle Sainte Claire sont désacralisés. Ils trembleraient devant l’impiété impitoyable du récit de Darina Al-Joundi, projetée dans la vie et dans la guerre avec la même sauvagerie (...) son récit a coulé d’elle comme un fleuve en crue. L’écrivain Mohamed Kacimi l’a aidée à contenir ses mots, rythmés par une chanson de Nina Simone : Sinnerman. Une chanson obsédante comme le désir de vie d’une femme. » propos recueillis par  B. Salino, Le Monde

          

    A  Avignon, Darina ne nous a  pas fait attendre. Lorsque nous sommes entrés dans la salle, elle était déjà présente, assise sur les planches de la scène dans la pénombre, regardant son public… une façon peut-être de dire «  Je vous attendais et je vais vous raconter mon histoire en m’adressant à chacun de vous ». Ensuite nous l’avons regardée et écoutée sans que, un seul instant, notre attention ne se soit relâchée.  Les anecdotes personnelles et historiques se côtoient dans ce monologue rythmé et superbement interprété par une actrice de talent.  « Le jour où Nina Simone a cessé de chanter » tourne autour de ce père tant aimé, intellectuel fuyant jusqu’à sa mort les persécutions du régime syrien, et qui voulait faire de ses trois filles des femmes libres, malgré les archaïsmes de la société libanaise. Darina a 7 ans lorsqu’éclate la guerre du Liban. Sur scène, elle raconte, avec des mots drôles et incisifs, cette enfance rythmée par les combats entre phalangistes chrétiens, groupes armés palestiniens, armées syrienne et israélienne. Elle apprend ainsi à se terrer dans l’abri de l’immeuble, lors des bombardements, ou à passer les barrages des miliciens sans se faire arrêter. A 14 ans, elle va secourir les survivants des massacres de Sabraa et Chatillah avec ses sœurs. Deux ans plus tard, elle goûte à la cocaïne, puis en prend tous les jours. Elle avorte à l’hôpital américain de Beyrouth la veille de ses 16 ans.



     

    « Pour vivre avec cette histoire il fallait la partager », estime-t-elle. De cette soudaine rage d’écrire est née cette pièce, Le jour où Nina Simone a cessé de chanter, qui est devenue la révélation de l’édition 2007 du festival d’Avignon, représentée avec le même succès en 2008 lors du dernier festival. Le texte de la pièce, écrit avec l’aide de l’écrivain algérien Mohamed Kacimi, a donné naissance à un livre du même nom, paru aux Editions Actes Sud en janvier dernier.


    Attention talent ! Darina Al Joundi, rescapée de la guerre du Liban, vit en France depuis plusieurs années. Elle a écrit et joue à Paris l’histoire d’une vie brisée, l’enfer de la guerre au Liban, et un amour éternel voué à un père disparu…C’est un moment rare de théâtre, intense et fort. Dans ” Le jour où Nina Simone a cessé de chanter”, cette éblouissante comédienne raconte un destin de femme au cœur de la guerre, un quotidien ’banal’, tragique et burlesque, où tous les excès aident à vivre… Sexe, drogue, violence, et jeux avec la mort…



    <o:p> </o:p>

    La pièce de théâtre a été suivie d’un roman publié chez Acte Sud. Nous l’avons lu pour revisiter le texte qui nous avait captivé du début à la fin du monologue joué sur une scène de théâtre d’Avignon.

    Darina ( ’Noun’ dans La fiction) est née en 1968 à Beyrouth et   avait 7 ans quand la guerre a éclaté à Beyrouth, en avril 75. Superbe dans sa robe rouge avec ses longs cheveux noirs dénoués, elle entame son récit au moment de la mort de son père, en avril 2001. Un père adoré, écrivain, journaliste, épris de liberté, antimilitariste, défenseur de la laïcité, qui souhaitait que l’on veille sa dépouille au son du jazz et de Nina Simone…  Seule sur scène, Darina regarde chaque spectateur dans les yeux, puis crie de rage ou rit aux éclats, sans ménagement, sans tabou. Jusqu’au récit d’un jeu de roulette russe avec deux amis, dans Beyrouth sous les bombes, presque insoutenable.

    Darina a grandi avec la guerre, au point de ne plus savoir vivre sans elle. Noun dit : «  Je ne savais plus vivre sans la guerre, mon corps avait été programmé pour elle, depuis mon enfance, j’étais réglée par la peur, tous mes gestes n’avaient de sens que par rapport à elle… » Quand le conflit prend fin, en 1990, elle se retrouve étrangère dans une société qui tout à coup ne tolère plus les excès - sexe, drogue et transgression morale - qui étaient la norme pendant 15 ans. Les apparences reprennent le dessus. « Je n’avais pas compris qu’après la guerre les gens allaient remettre les masques.», avoue-t-elle aujourd’hui. Libre pendant la guerre, elle reçoit une sévère correction en temps de paix et passe de la case hôpital à l’internement psychiatrique pour déviationnisme moral.  Seules des femmes y sont internées. « J’ai compris notre vulnérabilité de femmes, on a beau être une vedette, médecin, une célébrité, au moindre faux pas la femme redevient femme, bête de somme qu’on enchaîne comme on veut », écrit la comédienne, connue au Liban pour ses rôles au cinéma et à la télévision. Elle reste trois semaines dans cet asile tenu par des bonnes sœurs. D’anciens amis ont réussi à convaincre sa mère que Darina était folle et qu’il valait mieux, pour son bien, qu’elle reste enfermée.  Noun dit «  Dans la nuit, je me réveillais et, comme il était interdit d’écrire, je regardais le ciel et j’écrivais avec mon doigt et dans l’air des lettres à mon père ». « J’ai commencé à écrire dans l’air, à l’asile », raconte Darina, mimant le mouvement du stylo invisible. Lorsqu’elle est finalement libérée, on lui précise qu’elle peut à tout moment être renvoyée à l’asile par sa famille. Elle reste encore trois ans au Liban, le temps de gagner l’argent nécessaire pour s’exiler définitivement en France. Sa pièce, affirme-t-elle, ne s’adresse pas aux Libanais,. « On m’a proposé de jouer ce texte au Liban. C'est presque comme jouer pour son propre bourreau. Je ne vois pas l'intérêt. » Darina Al Joundi a écrit en français pour être entendue en Europe, pour démonter le rêve orientaliste du monde arabe, avec ses muezzins, ses baklawas etc. « Il y a toujours un rapport exotique, touristique ou colonialiste avec les pays arabes. » Darina Al joundi veut au contraire que les gens soient révoltés par la réalité de son récit, « parce qu'il y a toujours des gens qui sont internées, des gens qui vivent l'autodestruction comme je l'ai vécue, et des gens qui cherchent à faire la guerre ».


    Darina Al-Joundi a été sur tous les fronts culturels : cinéma, théâtre, télévision. Elle parle également l'arabe, le français et l'anglais. Elle est l'auteur de plusieurs projets : court métrage 'Superman', coécriture du court métrage 'Mimi martyr de l'épingle', écriture du concept télévisé 'Mon histoire... C'est l'histoire', de la pièce de théâtre 'Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter' et une série de documentaires. <o:p></o:p>

    Pour la télévision libanaise, elle tient le rôle principal dans 'Passions d'amour' (2001), ainsi que dans la série 'Demain est un autre jour' sur la chaîne arabe MTV (2004). Au théâtre, elle joue dans 'Killing Game' d'Eugène Ionesco, 'Le Procès' de Franz Kafka ou encore 'Persona' de Bergman. Son jeu d'actrice participe au fait que ses films sont souvent nominés comme 'La Porte du soleil' de Yossri Nasrallah, sélection officielle du festival de Cannes en 2004. Sa beauté et son éclectisme font de Darina al Joundi une étoile du cinéma oriental.    <o:p></o:p>

        

    Filmographie

    2007 : Un homme perdu de Danielle Arbib  -  Quinzaine des réalisateurs, Cannes 2007

    2004 : Hizziyawiz de Wissam Charaf

    2003 : La porte du soleil de Yossri Nasrallah  - Sélection officielle Cannes 2004

    1999 : Derrière les lignes de Jean Chamoun

    1997 : Beyrouth Fantôme de Ghassan Salhab

    1994 : Histoire d’un retour de Jean-Claude Codsi

    1988 : A la recherche de Leïla de Kassem Hawal

    <o:p> </o:p>

    Le théâtre de l’Aghja se présente :

     

    L’AGHJA est une salle de spectacle située à Ajaccio et ayant le label Scène conventionnée Théâtre et Musiques actuelles. Il y a donc une programmation théâtrale et musicale. Côté théâtre, nous avons du théâtre de répertoire, du théâtre contemporain, du théâtre en langue corse, du théâtre en langues étrangères avec surtitrage. Côté musique, tous les styles musicaux s’y côtoient : jazz, rock, pop/rock, folk, funk, rap, slam, hip-hop, électro, musiques du monde ou world music, nouvelle scène française, musique latino (salsa, rumba…), reggae, ska, ragga, chant et musique corse, polyphonies… Nous proposons également des lectures d’auteurs corses, méditerranéens, ou écrivant sur des thèmes portant sur la Corse, la Méditerranée ou l’insularité. C’est une salle également ouverte aux pratiques amateurs : pratiques amateurs musique avec l’organisation de plates-formes musique ouvertes aux jeunes groupes insulaires ; pratiques amateurs théâtre avec l’organisation de plates-formes jeune théâtre. La compagnie Théâtre Point est une compagnie de théâtre associée de l’Aghja. Théâtre Point propose des créations ainsi que de la formation avec des ateliers théâtre pour enfants, adolescents et adultes. C’est une salle également ouverte aux pratiques amateurs : pratiques amateurs musique avec l’organisation de plates-formes musique ouvertes aux jeunes groupes insulaires ; pratiques amateurs théâtre avec l’organisation de plates-formes jeune théâtre. La compagnie Théâtre Point <o:p></o:p> est une compagnie de théâtre associée de l’Aghja. Théâtre Point propose des créations ainsi que de la formation avec des ateliers théâtre pour enfants, adolescents et adultes.


    <o:p></o:p>

    Programmation à venir :


    <o:p></o:p>

    BOJAN Z et JULIEN LOURAU   Jazz - Samedi 24 janvier, 21 h

    LA CREVETTE D ACIER  Chansons à voir  -  Samedi 14 février, 21 h

    JE SUIS ALAIN, ARTAUD... Théâtre - Vendredi 20 et samedi 21 février, 21 h

    LES VOYAGES DU NOUVEL ENTERPRISE - Théâtre - 5 et 6 mars, 21 h  

    MELINGO / Tango - Samedi 14 mars, 21 h<o:p></o:p>

    SUBWAY / Rock -  Samedi 21 mars, 21 h<o:p></o:p>

    51 PEGASI ASTRE VIRTUEL/ Théâtre  - Vend. 27 et sam. 28 mars, 21 h

    DOPU CENA / Chants Corses - Samedi 4 avril, 21 h

    LES FRÈRES CORSES/Théâtre - Jeudi 16, vendredi 17, samedi 18 avril, 21 h

    LES FEMMES S EN MÊLENT / scène musicale - Vendredi 24 avril, 21 h

    BABA ZULA  / Rock oriental - Jeudi 14 mai, 21 h

    NOVI / Nouvelle scène Corse - Vendredi 22 mai, 21 h

    LA CONTREBASSE / Théâtre - Vend. 29 et  sam. 30 mai, 21 h

    PLATE-FORME THÉÂTRE  - 2ème quinzaine de juin - Le détail de cette plate-forme sera communiqué ultérieurement.. Comme chaque année, la saison est avec les travaux des participants aux ateliers de Théâtre Point et des élèves de l'option théâtre du lycée Laetitia. Cette année, l'option théâtre compte deux classes : une classe de seconde et une classe de première qui l'an dernier avait présenté "La Vérité en farce", un montage de textes autour du burlesque.

     

     


     

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :