• Jean-Luc LUCIANI, polars et livres juniors

    J.L LUCIANI , auteur de romans juniors et de polars :

    Jean-Claude Izzo a ouvert la voie du polar marseillais et la grande voie de Marseille, c’est la Canebière, une avenue qui, à elle seule, symbolise le polar marseillais. Comme elle, il se jette dans la Méditerranée et nous embarque sur le ferry boat pour des voyages dans les îles lointaines de l’imaginaire. Jean-Luc Luciani a d’abord embarqué sur le grand paquebot de l’Education nationale. Il fait aussi naviguer les juniors sur les esquifs littéraires qu’il leur destine. Il est, depuis 2004, le capitaine de la collection Cannelle. Aujourd’hui, il affronte des tempêtes fictionnelles sur le radeau de la méduse, celui des polardeux marseillais avec des recueils collectifs de nouvelles et des polars.

    Comme d’autres auteurs, qui sont devenus des caciques, et à 45 ans, Jean-Luc Luciani a déjà plusieurs vies professionnelles et littéraires. Les quartiers Nord de Marseille, où il est né et où il vit aujourd’hui, ses voyages, ses jobs successifs, ses réussites et ses échecs ont façonné son humanisme. Il a d’abord trouvé le regard des enfants avant celui des adultes. Il a intitulé son site " Au jour le jour ". En 1983, Il avait créé une maison d’édition " utopique et provisoire " qui avait édité un premier recueil de Nouvelles, regroupant 11 auteurs marseillais : " Ecritum humanum est ". Voilà trois indices " à méditer " sur la personnalité de Jean-Luc Luciani , pour qui " un bon éditeur est un éditeur qui médite "… mais que me dites-vous , Jean-Luc Luciani ? Pour le savoir, nous lui avons proposé notre interview en quatre questions à la suite de la présentation de ses deux derniers polars.

    Puzzle noir : Comment reconstituer le puzzle d’une mémoire plongée dans le noir ? Dans la douleur. Il y a des souvenirs qu’il vaudrait mieux oublier et qui se rappellent à Maryse Aubanel par vengeance. La vendetta n’est jamais frappée d’amnésie et ajoute du rouge sang dans l’obscurité de noirs desseins. Pour l’héroïne, l’oubli serait-il un refuge et la vérité, les morceaux d’un puzzle qui, recomposé, réinvente un passé inattendu?

    Un léger bruit dans le moteur : Selon Freud, un enfant est un pervers polymorphe et selon Sartre, restera un être en devenir. Dans une famille recomposée, quelle conséquence peut avoir " un léger bruit dans le moteur " ? Une panne ? Un arrêt fatal dans le devenir ? Lorsque vous aurez lu cet opus, vous ne regarderez plus votre enfant ou votre petit frère de la même façon.

     Entretien avec Jean-Luc LUCIANI en quatre questions :

    I . Vous avez 45 ans et derrière vous déjà une vie littéraire riche dans le domaine des juniors. Vous avez par ailleurs écrit plusieurs polars destinés au lectorat adulte. Pouvez-vous nous expliquer cette évolution ou prolongement ou diversité dans votre travail d’auteur et nous parler de vos deux derniers polars ?

    Je ne considère pas mon travail d'écrivain jeunesse et adulte de manière séparée. Ce n'est ni une évolution (d'autant que j'ai commencé à écrire pour les adultes) ni un prolongement. C'est juste une autre facette de ma vision du monde. En adulte, ma face sombre reprend le dessus.
    "Un léger bruit dans le moteur" a été écrit en 1999 . La base du travail était la suivante : écrire une histoire totalement hors normes, à la limite du publiable. Qui ne reposerait que sur le style de l'écriture. Effectivement une fois le manuscrit terminé, beaucoup de gens l'ont lu, aimé, mais m'ont dit qu'il était impubliable.
    La rencontre avec Patrick Coulomb et François Thomazeau a permis de démontrer le contraire. La construction de "Puzzle noir" a été plus complexe. Réécrit suivant plusieurs modèles de construction, ce n'est, finalement, qu'une fois trouvée l'idée de cette amnésique qui va reconstruire son passé à la manière d'un puzzle que l'histoire a pu trouver son équilibre.


    II. Vous avez déjà écrit et publié plusieurs polars et notamment " un léger bruit dans le moteur " et " Puzzle noir ". Vous aviez participé, auparavant, à des recueils de nouvelles dont " La fiesta dessoude " et " Meurtres sur un plateau ". On relève votre ancrage dans le polar marseillais. Est-ce que vous vous êtes installé dans le polar marseillais et/ou avez-vous d’autres ambitions et d’autres projets?

    Comme beaucoup d'écrivains j'aime bien situer l'histoire que je raconte dans la ville où je vis. Tout simplement parce la ville joue un rôle essentiel au même titre qu'un personnage de l'histoire. Mais je ne revendique en aucun cas l'identité d'écrivain marseillais. D'une part parce que j'ai horreur des étiquettes que les gens ont vite fait de vous coller dans le dos et d'autre part parce que "le polar marseillais", si au début il a rassemblé de bons écrivains, est maintenant en train de virer au grand n'importe quoi: chacun essayant de surfer sur la vague et de prendre le train du succès en marche. Mes derniers ouvrages d'ailleurs ne se situent plus à Marseille et les prochains non plus.

    III. Dans votre bibliographie junior, j’ai noté l’opus " " Les 10 petits maigres ". Vous avez bâti une histoire enfantine à partir du roman d’Agatha Christie. Je m’adresse à la fois à l’auteur et au pédagogue. Pour vous, quelles sont les bases d’un polar et que doit-il en rester, lorsque l’on a refermé le bouquin ? Avez-vous des prédilections pour des auteurs et des personnages?

    J'ai juste utilisé l'idée de mettre dix personnages dans un même lieu et de les faire disparaître les uns après les autres. D'après moi un bon polar doit avant toutes choses divertir le lecteur, lui faire passer un bon moment, lui permettre d'oublier, l'espace d'un instant, son quotidien ;Si en plus il peut délivrer un message cela n'en sera que mieux. Mes références en matière de polar sont plutôt américaines ( Connelly, Pelecanos...) j'aime bien les personnages au bout du rouleau, qui n'ont plus rien à prouver.

    IV. Vous êtes né à Marseille et votre patronyme indique des origines corses. Vous écrivez des polars marseillais et, à ce titre, vous allez participer au festival du roman noir et méditerranéen à La Roque d’Anthéron. Un de vos ouvrages pour junior est titré : " L’île qui rend fort ". Est-ce que vous trouvez de la force dans vos origines insulaires. En d’autres termes, que représente, pour vous, le mot " corsitude ". Avec votre ancrage marseillais, vous sentez-vous méridional, corse ou méditerranéen ? A quoi liez-vous le mot " identité " ?

    Le livre s'appelle ainsi parce que le héros va découvrir sa famille et son passé. On est toujours plus fort lorsque l'on sait d'où l'on vient. Le mot "Corsitude" ne veut absolument rien dire pour moi. J'ai horreur des identités communautaires et je pense qu'elles ne font que renforcer le racisme latent. Si une personne n'existe au sein d'un groupe uniquement parce qu'elle est née au même endroit, cela n'a pas de sens. Je me sens avant tout citoyen du monde.

    Pour faire plus ample connaissance avec cet auteur confirmé dont le parcours affiche des vocations littéraires, vous pourrez le rejoindre sur son site :     http://aujourlejour.free.fr



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