• Des auteurs du Giallo au festival du Polar à Ajaccio

    Des polardeux italiens au festival du polar à Ajaccio en juillet 2007 :


    " Selon certaines sources, le choix adopté par Mondadori de vouer sa collection de romans policiers au jaune faisait référence , et à une aventure de Sherlock Holmes de Conan Doyle parue dans le Strand Magazine vers 1891, et à un texte de Robert Browning évoquant une affaire d'homicide survenue en Italie au XVIIe siècle dont il aurait lu les détails dans un "old yellow book" acheté en Italie. Le premier "libro giallo" paraît en 1929. Et cette expression de giallo ne s'appliquera pas à une littérature policière italienne, mais désignera, ni plus ni moins, des polars. L'essentiel du fonds giallo sera anglo-saxon : Erle-Stanley Gardner, Ellery Queen, SS Van Dine, Agatha Christie, J-D Carr, Rex Stout.Puis Mondadori s'assurera l'exclusivité de Simenon en Italie. Plus tard, des auteurs italiens vont entrer dans la danse, Giorgio Scerbanenco en tête… " Sur le Giallo, commentaire d’Elisabeth Milleliri , journaliste et auteur de deux polars corses.


    Au 19ème siècle, il existe des romans populaires italiens dont les thèmes ont été repris par le cinéma italien. On peut citer Za la mort et les Souris grises, feuilleton d’Emilio Ghione ( résumé du 1er épisode « La Busta nera » : Za-la-Mort et Za-la-Vie vivent retirés à la campagne avec la vieille tante Camilla. Un jour, Za recueille Leo, un pauvre orphelin affamé. Cette bonne action déclenche la guerre entre Za et la tristement célèbre bande des Souris Grises, habitants des égouts, qui, battus pour la première fois, promettent une vengeance sanguinaire).


    Avec " Il capello del prete " ( Le chapeau du prêtre) , le roman policier sort du feuilleton en 1887. (Un baron à la vie dissolue tue un riche prêtre et jette son corps dans un puits. Grâce à l'argent volé, il continue sans vergogne à mener une vie luxueuse, mais le remords de ce crime finit par le rattraper, et le mène jusqu'à la folie. Le roman d’Emilio De Marchi sera adapté au cinéma en 1943).



    Puis L’éditeur Mondadori crée ses livres jaunes, d’où vient l’étiquette " Giallo " collé au polar italien. Les premiers auteurs italiens sont Alessandro Varaldo ( inventeur du commissaire romain Ascanio Bonichi) Enzo D’Errico ( qui met en scène un clone de Maigret) Augusto De Angelis ( et son commissaire De Vincenzi) et Tito Spagnol… Dans la lignée anglo-saxone, va s’imposer Giorgio Scerbanenco avec son personnage de’Arthur Jelling, archiviste de la police de Boston. Après la guerre et le fascisme, de nouveaux auteurs ( Giuseppe Ciabattini, Tresoldi et Boero) et de nouvelles collections apparaissent comme les " Gialli Garzanti ". De son côté, Scerbanenco invente un nouveau héros détective, le docteur Lamberti. Carlo Fruttero et Franco Lucentini ( dont " La donna della domenica " a été adaptée au cinéma par Comencini) sont traduits dans plusieurs pays d’Europe. On peut citer aussi Mario Soldati, Antonio Perria et Attilio Veraldi qui se sont essayés au roman policier.


    C’est avec Leonardo Sciaccia que le polar prend prise avec le réalité de la société italienne ( la corruption , la mafia…) La nouvelle génération a fourni de nouveaux noms comme Carlo Lucarelli, Marcello Fois, Andréa G. Pinketts, Cesare Battisti…




    Enzo Russo, avec son " Nessuno escluse " a écrit sur les particularismes régionaux de l’Italie. Le doyen sicilien Andrea Camilleri, inventeur du commissaire Montabalno, a fait passer les frontières au polar sicilien et, comme Jean-Claude Izzo en France ou Vasquez de Montalban en Espagne, symbolise l’émergence de ce polar régional, urbain ou de terroir.



    Au festival du polar corse et méditerranéen, Luca Crovi, spécialiste du polar italien, sera présent aux côtés de trois auteurs italiens de polars : Gianni Biondillo, Giorgio Todde et Giulio Angioni.



    Luca Crovi , né en 1968, journaliste, scénariste, critique, éditeur, spécialisé dans le polar et le thriller. Il est l’auteur d’un opus sur le polar italien : Tutti i colori del giallo. Il giallo italiano da De Marchi a Scerbanenco a Camilleri. Marsilio. Venezia, 2002. 364 p. (Toutes les couleurs du polar. Le roman policier italien de De Marchi à Scerbanenco à Camilleri.)


    Ce livre comprend plus de trois cent soixante pages pour évoquer toutes les nuances de ce " Jaune " désignant le polar italien. Crovi fait une approche en partie chronologique et en partie générique, dans un long parcours historique qui commence à la fin du dix-neuvième siècle (vers la fin des années 1880, avec la publication de ce Cappello del prete (Le chapeau du curé) de De Marchi) et qui voit le roman policier naître d’une profusion de feuilletons, et jusqu'à l’époque contemporaine marqué par le Sicilien Andre Camilleri…. " Parallèlement, il nous entretient également du destin du polar à la télévision et au cinéma, ainsi que dans la bande dessinée, disserte sur les illustrateurs des collections les plus connues (les grands Giove Toppi et Walter Molino entre autres), fait un crochet du côté des femmes écrivains qui ont su se créer une bonne place dans le marché ces quelques dernières années, et s'amuse à reconstituer l'histoire des imitations, des plagiats et des hommages dont a été victime en Italie le grand-père de tous les détectives, Sherlock Holmes. Sans oublier bien sûr un chapitre sur le roman policier historique (Umberto Eco, seul connu à l'étranger, n'est pas le seul à connaître) et des présentations assez approfondies des deux auteurs qui ont le plus influencé l'évolution et la réception du genre : Camilleri, justement, et avant lui Giorgio Scerbanenco ".

    voir compte rendu sur site Belphégor :
    http://etc.dal.ca/belphegor/vol2_no1/articles/02_01_Friger_Crovi_fr.html

    On trouve dans " Tutti i colori del giallo " la saga des " Libri gialli Mondadori "( livres jaunes de l’Editeur Mondadori), à partir donc de 1929. Ce premier âge de grand essor du polar connaîtra cependant un temps d'arrêt entre 1941 et 1947 ( fascisme).
    Cet ouvrage encyclopédique accompagné de réflexion est un outil de référence pour ceux qui veulent mieux connaître les " Jaunes " italiens et comprendre la place du polar dans la culture italienne.

    Vous pouvez retrouver un article de réflexion sur le polar italien : "Le noir Italien : ni bûcher , ni Nobel" sur le site Europolar.eu.

    Luca Crovi est rédacteur dans la maison d'éditions Bonelli qui produit certaines des bandes dessinées les plus connues et les plus appréciées de la péninsule. En France une bande dessinée en deux tomes ( dont il est le scénariste) est éditée en version française . Il s’agit d’une adaptation du roman "Arrivederci Amore", écrit par Massimo Carlotto.


    Tome 1 : Histoire d'une canaille (septembre 2004)

    Héros : Giorgio Pellegrini. Terroriste, mercenaire, gigolo, barman, pourri, balance.
    Giorgio Pellegrini est un homme qui n'a aucun scrupule, une crapule comme on aimerait tous ne pas en connaître. Il pourrait vous vendre pour pouvoir survivre.
    Attention !
    Giorgio Pellegrini, le séduisant protagoniste du roman Arrivederci amore de Massimo Carlotto n'a qu'un seul but : laisser derrière lui un passé politique auquel il n'a jamais vraiment cru et rejoindre le monde des riches. Le romancier nous y montre sans complaisance une société du nord de l'Italie très corrompue.
    " Ce roman très noir, dur, narre avec précision les problèmes sociaux, politiques et criminels du Nord Est de l’Italie à travers le parcours d’une vraie canaille, Giorgio Pellegrini, explique Luca Crovi, scénariste. Nous y découvrons que, bien souvent, politiques et criminels sont liés. Giorgio vit dans un monde terrible : enfants travaillants clandestinement dans des ateliers textiles, prostituées originaires des pays de l’Est exploitées par des maffieux trafiquants de drogue… Après avoir perpétré un attentat, cet ancien militant d’extrême gauche s’enfuit en Amérique du Sud. Pour pouvoir rentrer en Italie, Giorgio est prêt à trahir ses anciens camarades pour échapper à la prison. Il use aussi de ses charmes pour séduire les femmes, les voler et, parfois, les tuer… Il découvre le goût du crime en essayant de se refaire une virginité politique et sociale. Reprenant la tradition du roman anglais de formation du XVIIIe siècle, Massimo Carlotto nous fait suivre le monologue intérieur d'un criminel en route vers la richesse et la respectabilité sociale. Vous pourrez suivre Giorgio dans la forêt d’Amérique du Sud, sur les plages de Caracas, en prison, pendant la préparation d'un grand vol… "

    Avec l’adaptation en bande dessinée de ce succès de librairies qui sera prochainement porté à l’écran, Andrea Mutti et Luca Crovi, signent le premier volet d’un diptyque édité par Vents d’Ouest – collection Turbulences.


    Tome 2 : Fin de Match ( avril 2005)

    En français : Le casse monté par Ciccio formaggio va finalement se faire. Anedda, le flic véreux a trouvé les parfaits candidats pour mener l'opération. Si le casse lui-même se déroule bien, le partage ne se fera pas sans soucis, mais Anedda et Giorggio restent maîtres de la situation.Devenu riche Giorggio refait sa vie en s'installant dans la respectable activité de la restauration. Sur les conseils de l'influant avocat Sante Brianese, il trouve l'endroit idéal. Gioggio est enfin heureux, et il songe même à la vie de famille. Roberta vient d'entrer dans sa vie, mais Anedda, aux abois, revient se rappeler à son bon souvenir...
    En italien : Il furto macchinato di Ciccio formaggio si farà finalmente. Anedda il poliziotto corotto ha trovato i candidati perfetti per condurre l'operazione. Se il furto egli stesso si svolge bene, la spartizione non sarà realizzata senza preoccupazioni, ma Anedda e Giorggio restano padroni della situazione. Diventato ricco Giorggio riface la sua vita installandosi nell'attività respectable del setore ristoranti. Sui consigli accorti dell'avvocato Sante Brianese, trova il posto perfetto. Gioggio è infine felice, e pensa anche alla vita di famiglia. Roberta è appena entrato nella sua vita, ma Anedda, disperato, ritorna ricordarsi alla sua buona memoria...

    Giorgio, ex-militant d'extrême gauche, a trahi tous ses anciens camarades pour échapper à la prison et profite de son charme pour séduire les femmes et les voler. Il découvre le goût du crime en essayant de se refaire une virginité politique qui lui permette de rentrer dans la bonne société nantie. Reprenant la tradition du roman de formation de l'Angleterre du XVIIIème siècle, l'auteur nous fait suivre le monologue intérieur d'un parfait criminel en marche vers la richesse et la respectabilité sociale. Le séduisant protagoniste n'a qu'un seul but : laisser derrière lui un passé politique auquel il n'a jamais vraiment cru et rejoindre le monde des riches et des vainqueurs. Cette bande dessinée, adaptée du roman de Massimo Carlotto, montre sans complaisance aucune la société du Nord du pays aussi réelle que corrompue.
    Qui a dit que le crime ne paie pas ? Giorgio Pellegrini, ex militant d'extrême gauche a bâti toute sa vie sur la violence et est prêt à tout pour être admis au sein de la société qu'il a terrorisée pendant des années. Pour sortir de prison il a trahi ses anciens compagnons et a maintenant décidé d'organiser avec le policier ripou Ferruccio Anneda un casse qui lui permettra une fois pour toute de se retirer et d'ouvrir sa propre affaire. L'objectif est le fourgon qui récolte les fonds d'un supermarché, et pour l'attaquer ils recrutent trois terroristes espagnols et deux ex-miliciens croates. Cinq désespérés prêts à tout qui se retrouvent pieds et poings liés à la merci de Pellegrini et Anedda. Et Giorgio Pellegrini ne se laissera arrêter par rien ni personne pour atteindre son objectif. Un final à suspens, un match à distance avec la mort qui conclut de manière surprenante l'adaptation en BD d'un polar très noir. Un portrait cynique du grand banditisme italien des années 90, où le terrorisme et la subversion se sont alliés avec le monde du crime. Un album dur et trépidant qui frappe le lecteur directement au cœur comme une balle !

    Site de l’éditeur :
    www.ventsdouest.com/luca-crovi-000000032447-091.htm


    Après l'adaptation du roman éponyme "Romanzo criminale" de Giancarlo De Cataldo par Michelle Placido en 2006, Michel Soavi a adapté la romance crimnelle d'Arrivederci Amore de Massimo Carlottto et le film "Arrivederci Amore, ciao" est sorti en avril 2007.




    Trois couleurs du Giallo à Ajaccio : Gianni Biondillo, Giorgio Todde et Giulio Angioni.



    Gianni Biondillo : Né en 1966 à Milan, il est architecte. Auteur de romans et d’essais, il écrit aussi pour le cinéma et la télévision. Il est l’auteur d’articles sur des thèmes " artistique, littéraire et politique " et d’essais sur Pasolini et Proust. Il est membre du blog collectif " Nazione Indiana ".
    Bibliographie en Italie : Per cosa si uccide, Guanda, 2004 - Con la morte nel cuore, Guanda, 2005 - Per sempre giovane, Guanda, 2006, Il giovane sbirro, Guanda, 2007,

    Le roman " Per cosa si uccide " a été traduit en français. Le suivant " La mort dans l’âme "( titre provisoire), traduction de "Con la morte nel cuore", sera publié par les éditions Losfeld en 2008.


    Le premier roman de Gianni Biondillo " Pourquoi tuons-nous " ( Per cosa si uccide) a pour protagoniste l’inspecteur Ferrero, "flic désabusé, entré malgré lui dans la police et partisan de méthodes peu orthodoxes" (Le Monde des Livres, 13/10/06). Son grand atout pour résoudre des affaires passablement embrouillées ? : sa connaissance de la banlieue milanaise où il a grandi. Gianni Bondillo porte une grande attention au tissu urbain. Les "innombrables et savoureuses digressions de son roman sont aussi instructives sur ce point que les rebondissements d’une action débridée" (ibid.).Traduit de l’italien par Claude Bonnafont (Editions Joëlle Losfeld " Polar ").


    Mot de l'éditeur : " Tout avait commencé avec ce chien égorgé. " Un été torride marque le début d'une année ponctuée d'homicides pour la police de Quarto Oggiaro, banlieue de la périphérie milanaise. L'inspecteur Ferraro, qui enquête sur ces faits, est un homme sans qualités particulières, si ce n'est peut-être son humour inoffensif qui le sauve d'une existence quelque peu déprimante. Car sa vie personnelle n'est pas vraiment un succès : divorcé, il vit seul dans un appartement chaotique et se nourrit de surgelés. Sans parler de son désordre affectif... Autour de lui, comme dans un chœur tragi-comique, le peuple de Milan s'agite dans un tournoiement ininterrompu : policiers, entrepreneurs arrivistes, dealers, contrebandiers, snobs capricieux, domestiques imperturbables, carabiniers-gentilshommes, marchands des quatre-saisons, philosophes, informateurs, retraités, cogneurs, banlieusards, ménagères, manifestants... Au gré des enquêtes de l'inspecteur Ferraro, Pourquoi tuons-nous ? raconte cette humanité diverse et contrastée, sonde le ventre mou de Milan, devenant ainsi le roman âpre et ironique d'une ville. Une Milan trop souvent haïe, à laquelle Gianni Biondillo offre, avec ce roman, un témoignage d'amour.

    Extraits de presse:

    - Le Monde des livres : " Pour répondre à la question que pose Gianni Biondillo dans son premier roman, Pourquoi tuons-nous ?, il faudrait d’autres qualités que celles dont dispose l’inspecteur Ferraro, flic désabusé, entré malgré lui dans la police et partisan de méthodes peu orthodoxes. Entre un vol de pommes à l’étalage, la contrebande de cigarettes, les malversations en tout genre liées à la spéculation immobilière, les réseaux pédophiles, l’éventail est large. Le seul moyen de trouver un lien entre toutes ces affaires, c’est peut-être d’avoir grandi comme Ferraro dans les barres d’HLM de Quarto Oggiaro, dans la banlieue nord de Milan, d’avoir vu la ville changer, se contenter progressivement " d’une gloire qu’elle ne mérite plus et d’une nostalgie absolument déprimante du rôle de capitale morale. " Gianni Biondillo est architecte, ce qui explique peut-être l’attention scrupuleuse qu’il porte aux évolutions du tissu urbain, et les innombrables et savoureuses digressions de son roman sont aussi instructives sur ce point que les rebondissements d’une action débridée. Ainsi l’usage du vélo dans les rues de Milan par " une riche bourgeoise milanaise qui baguenaude dans le centre (et) utilise la ville comme si c’était la cour de sa propre maison " et par " une fille qui vient à bicyclette de son trou de banlieue pour faire ses courses via della Spiga ". Il n’est même pas nécessaire de bien connaître Milan pour que la différence saute aux yeux. " (Gérard Meudal, Le Monde des livres, vendredi 13 octobre 2006).
    Avis Fnac : Bien sûr, il y a l’histoire policière avec des meurtres en séries, des dealers, des bourgeois, des prêtres et aussi des concierges. Évidemment, il y a un flic, l’inspecteur Ferraro ; un solitaire déprimé qui se nourrit de surgelés dans son appartement pourri. Surtout, il y a la ville, avec sa foule colorée, ses rues saturées et ses bâtiments qui cachent des trésors. Gianni Biondillo est architecte et son premier polar est une déclaration d’amour à Milan, son héroïne, qui palpite à chaque saison, des quartiers riches aux banlieues enchevêtrées. Ajoutez l’humour italien et le dépaysement est garanti, tout comme le plaisir de lecture. (Epok, l'Hebdo de la Fnac)

    - Livres Hebdo - Jean-Claude Perrier (22 Septembre 2006) : Ce premier volume de ses aventures est riche de plusieurs histoires, presque trop. Comme si Biondillo avait voulu tout mettre dans un volume avant que Ferraro ne démissionne de la police. Fasse le ciel qu'il change d'avis !

    - Une interview à l’adresse ci-dessous :
    http://www.polar.sncf.com/sections/public/le_monde_du_polar/actualites/gianni_biondillo/view

    extrait du roman : Peut-on considérer votre roman comme une réflexion philosophique sur la capacité à tuer ? Il a répondu : À la question " Pourquoi tuons-nous ? ", la réponse est donnée par le personnage principal : on tue pour le pouvoir, les autres raisons comme la patrie, les idéaux, ne sont que des miroirs aux alouettes. C’est un discours désenchanté, amer. Mais tout au long de l’enquête c’est Ferraro lui-même qui découvre combien sa réponse est inadéquate. On tue aussi pour d’autres raisons, mais je vous laisse le soin de le découvrir dans mon roman...




    Giorgio Todde est chirurgien de l'oeil, son scalpel autopsie la noirceur du monde.
    Chirurgien ophtalmologue de profession, Giorgio Todde exerce à Cagliari, en Sardaigne, où il est né. Il écrit depuis l'âge de vingt ans. Tous les jours. "Enfant, lorsque, en vacances, je regardais un coucher de soleil, j'étais pris immédiatement à la gorge par l'angoisse la plus douloureuse. J'ai compris plus tard que c'était mon rapport avec la mort, la perte du corps qui était en jeu. Et c'est encore comme ça, même si maintenant je vais mieux. Le paysage est tout pour moi, parce qu'il est, après le mamelon maternel, la deuxième attache identitaire. Le reste vient après. Je suis pessimiste, car les êtres humains s'habituent à tout, aux banlieues les plus dures, aux camps de concentration, aux dépaysements les plus inhumains. Un peuple qui sauve son fromage de brebis et détruit le paysage est un peuple qui mérite de disparaître. Dans mes romans, je ne décris jamais le paysage, parce que, j'en suis convaincu, on ne peut pas le faire. Tu peux parler de ce qu'on ressent, mais notre langue n'a pas les moyens de rendre ce qu'on voit. Le paysage nous englobe et nous repousse à la fois, nous laissant anéantis sur son seuil, comme vidés de notre propre substance humaine."

    Il a dit :

    - " J'avais une honte extrême d'écrire. C'était une chose si intime que j'en avais honte comme d'aller nu dans la rue. Un jour qu'on était à la mer, mon frère aîné, musicologue à l'université de Florence, est tombé sur des papiers de moi. Il m'a dit que c'était très bien. Je lui ai montré d'autres choses, et il m'a poussé à publier. J'ai une énorme confiance dans son jugement esthétique. Le narcisse qui somnole en chacun d'entre nous a fini par prévaloir. Cela se passait en l'année 2000. En 2001, j'ai fait éditer l'Etat des âmes (Albin Michel 2003). J'écris depuis que j'ai vingt ans. En gros, un roman par an. J'en ai rédigé une trentaine, dont la plupart attendent d'être publiés. Certains sont plus ou moins prêts, mais il y a beaucoup de travail d' editing, de scalpel et de polissage. Parfois, il y a quatre ou cinq fins, et il faut en choisir une. C'est très excitant, comme si on se mettait à refaire la création. "
    - " Le passé, c'est la seule chose qui me fait sentir justifié dans le monde. Je trouve ma consolation dans le fait que des gènes sont venus de très loin jusqu'à moi, génération après génération, d'espèce en espèce, depuis l'origine de la vie. Je suis évidemment darwinien comme tout être civilisé et agnostique. Sans foi aucune, mais habité par une très forte exigence religieuse, je me console en contemplant cette continuité animale, d'où je proviens. Je crois même que l'ADN n'influence pas que la forme de notre nez ou de nos yeux mais aussi nos pensées. "
    - " Dans mes romans, il y a toujours le mort, ou si l'on veut la mort. Pour moi, écrire est une réflexion sur la mort et la mort la plus stimulante pour la pensée est la mort par assassinat. Celui qui a vu vraiment un mort assassiné fait une expérience sur laquelle il va réfléchir, consciemment ou inconsciemment, toute sa vie. Le mort assassiné a encore sur son corps la main de l'assassin, son souffle. Tu la vois, tu la sens, tu la humes, cette présence. J'étais étudiant quand j'ai vu mon premier assassiné, tué à la serpe, par son beau-frère. Tuer quelqu'un à la serpe demande un très grand savoir-faire. La serpe t'attrape au cou puis l'autre tire. Ce qui n'est pas évident. Chez Agatha Christie, le mort est ionisé, propre sur lui, il ne perd pas de sang, il ne pue pas. Il est vite oublié, ce qui compte, c'est trouver l'assassin. "
    - " J'ai la manie, de par ma formation, de la classification, du tableau, qui est la pulsion la plus grande de mon écriture. J'écris pour essayer de mettre de l'ordre, sans quoi j'aurais fini probablement dans un hôpital psychiatrique. Dans la médecine, tout est classé, répertorié, et pourtant on ne comprend absolument pas pourquoi il me vient à moi un infarctus et à toi une tumeur. Je sais très bien que classer ne résout rien, mais ça me calme de savoir où j'en suis. "
    - " Enfant, lorsque, en vacances, je regardais un coucher de soleil, j'étais pris immédiatement à la gorge par l'angoisse la plus douloureuse. J'ai compris plus tard que c'était mon rapport avec la mort, la perte du corps qui était en jeu. Et c'est encore comme ça, même si maintenant je vais mieux. Le paysage est tout pour moi, parce qu'il est, après le mamelon maternel, la deuxième attache identitaire. Le reste vient après. Je suis pessimiste, car les êtres humains s'habituent à tout, aux banlieues les plus dures, aux camps de concentration, aux dépaysements les plus inhumains. Un peuple qui sauve son fromage de brebis et détruit le paysage est un peuple qui mérite de disparaître. Dans mes romans, je ne décris jamais le paysage, parce que, j'en suis convaincu, on ne peut pas le faire. Tu peux parler de ce qu'on ressent, mais notre langue n'a pas les moyens de rendre ce qu'on voit. Le paysage nous englobe et nous repousse à la fois, nous laissant anéantis sur son seuil, comme vidés de notre propre substance humaine. "
    - " J'écris tous les jours, sur des bouts de papier épars. Je travaille beaucoup les adjectifs. Hier, en Espagne, j'en cherchais un pour le mettre à la place de petit, dans "une petite lune" : chiffonnée, rugueuse... una luna grinzosa, rabougrie? "

    Le site, eddyburg.it, de l'urbaniste Edoardo Salzano, recueille les chroniques de Giorgio Todde que l'auteur tient régulièrement dans le journal La Nuova Sardegna.

    Quelques ouvrages traduits en français :


    L’état des Ames, polar récompensé par le prix Berto, autant dire le Goncourt en Sardaigne. Folio policier, n°378, paru en 2005. Traduit de l'italien par Thierry Laget.
    1892. Dans le petit village d’Abinei, rien ne croît ni ne diminue, les décès sont exactement compensés par les naissances. Bref, quand quelqu'un naît, quelqu'un meurt...
    • C'est un vrai polar. Avec un meurtrier et son complice — et je ne vous dirai pas qui. Avec trois victimes, dont une très jolie femme qu'Efisio Marini va momifier après l'avoir autopsiée. La première victime est une veuve âgée, morte de la consommation d'une hostie empoisonnée. Comment cette hostie a-t-elle pu arriver dans le ciboire et passer entre les mains du curé ? La seconde victime, c'est la belle Graziana Bidotti : n'est-ce pas elle l'assassin puisque Milena Arras voulait la déshériter ? Et quand meurt le gros député libéral Rais Manca, ne peut-on pas supposer que l'assassin est un de ces bandits illettrés tel Serafino Lovicu ? Beaux contrastes entre ces bandits et le curé qui cite Xénophon en plus d'être latiniste. Mais qui n'est pas troublé par les beaux yeux de Graziana ? Même l'auteur, qui sait de quoi il parle, étant ophtalmologue.
    • C'est une histoire sarde. Avec forte chaleur, femmes tout en noir, bandits de grands chemins et débiles qui prennent le maquis et deviennent bergers de chèvres qui se gardent toutes seules. L'action se passe principalement dans un village hors du temps et perdu dans la montagne, Abinei, où la population stagne, avec ses huit cents âmes que décompte le curé, don Càvili, lui qui connaît à l'unité près, le nombre des hosties qu'il lui faut consacrer chaque dimanche. S'il calcule le nombre exact des habitants, tenant l'état des âmes, ce n'est pas parce que l'Institut italien de statistiques n'existe pas encore, mais parce qu'à chaque naissance dans le village correspond une mort qui équilibre le nombre des vivants. L'accoucheuse met le curé au courant des futures naissances et il peut se soucier des futurs défunts. Plusieurs personnages semblent avoir l'esprit aussi tordu que les chênes rabougris qui poussent sur les versants de la Barbagia. Ce milieu a attiré des chercheurs avant d'inspirer Giorgio Todde. En 1897, Alfredo Niceforo a publié une théorie scientiste sur "La Délinquance en Sardaigne". Ce milieu sauvage, Maurice Le Lannou l'avait superbement étudié dans sa superbe thèse de géographie : "Pâtres et paysans de la Sardaigne" (1941).
    • C'est un hommage à un savant du XIXè siècle. Dans cette île du Mezzogiorno, qui en est en 1892 plus près de l'âge du bronze qu'à l'âge du bronzage, l'enquête de la police est évidemment animée par un officier venu du Nord, le capitaine Pescetto, vite exaspéré par la situation insulaire et l'archaïsme de la mentalité du village sarde. L'enquête est aussi et surtout menée par le médecin Efisio Marini (1835-1900), un personnage réel qui allie la psychologie à ses connaissances médicales, et que ne découragent pas les 170 kilomètres de routes poussièreuses qui séparent Cagliari du terrain des crimes. Ce Merisi était célèbre pour ses momifications par pétrification et Napoléon III lui a décerné la Légion d'honneur. Il était aussi inspiré par les recherches sur la forme du crâne, et lorsqu'il visite Lovicu en prison, le voyant atteint d'épilepsie, il tient à mesurer son crâne : " Il est dolicocéphale ! Alfredo Niceforo, tu t'es trompé ! Alfredo, tu n'es qu'un âne! Lovicu est dolicocéphale, comme moi, comme vous, capitaine !"


    La peur et la chair :
    Après L'état des âmes, paru en français en 2003, voici un autre roman policier de Giorgio Todde, situé comme le précédent en Sardaigne à la fin du 19è siècle. Dans La Peur et la Chair, un médecin de Cagliari, auteur d'un procédé de pétrification des cadavres, enquête sur les mœurs étranges de ses concitoyens et sur un trafic d'opium. La "présence oppressante des éléments physiques, voire physiologiques, la chair et la pierre, le sec et l'humide, confère au roman une atmosphère saisissante" (Le Monde des Livres, 18/02/05). Traduit par Vincent Raynaud, Albin Michel, "Carré jaune"
    Cagliari, 1861. On retrouve au pied d'une falaise un homme, le crâne brisé, le bras droit méticuleusement découpé et jeté dans une barque. C'est un notable : l'avocat Giovanni Laconi. Dans l'île, devant les disparitions qui se multiplient, on parle d'histoires anciennes, de vengeance, d'une créature mi-bête, mi-homme… Le peuple, habitué aux secrets, épouvanté, se terre et se tait. Efisio Marini, jeune médecin proche de la famille du mort, sera mêlé à l'histoire ; une bien terrible histoire en vérité ; de celles qui, leur tour venu, nourriront elles aussi les plus effroyables superstitions. Avidité, sensualité, amours malsaines et secrets de famille inavouables : Giorgio Todde n'a pas fini de nous hanter...


    Folle bestialité (référence au 11ème chant de l’Enfer de la Divine Comédie qui évoque les trois dispositions que le ciel de tolère pas : Incontinenza, malizia e la matta bestialitade) est le troisième roman traduit en français du sarde Giorgio Todde. Traduit de l’italien par Vincent Raynaud. Albin Michel " Carré jaune ".
    Quinquagénaire grisâtre, Ugolino est météorologue depuis 26 ans. Fin prévisionniste, il se trompe rarement. Il a conçu une théorie sur la "climatologie sociale", un parallèle entre comportement humain et météo. Il est discrètement amoureux de Gilda, sa collègue depuis douze ans. Le soir où elle lui donne enfin rendez-vous, elle meurt peu avant, assassinée dans sa baignoire. Le curieux commissaire Ferfuzio enquête. Selon le psy traitant Gilda, elle était équilibrée, normale. Pourtant, elle sympathisa avec Cosmino, un patient obsédé par les excréments. Le policier imagine une piste "intestinale".
    Professeur et écrivain, Costante est le meilleur ami d’Ugolino. Ayant changé son mode de vie et son aspect, le météorologue espère cerner le caractère profond de Gilda. La réponse peut se trouver dans les livres qu’elle lui a légué. L’universitaire Sperlengo est assassiné, écorché vif. Dans son coffre-fort, on découvre un texte rappelant ceux de Dante. Costante confirme qu’il s’agit d’un chant inconnu de la " Divine Comédie ", sur le thème de la Folle Bestialité. Ce poème "intestinal" apporte une certaine notoriété à Costante, qui fait des conférences sur ce texte.
    Sœur aînée de Gilda, Emilia devient l’amante d’Ugolino. Un 3e homme est cruellement assassiné. On ne voit pas de lien avec Gilda, comme s’il s’agissait de brouiller les pistes. Le fou Cosmino et le psy sont hors de cause : Ferfuzio les estimant en danger, ils étaient sous la protection de la police. Sans délaisser la belle Emilia, Ugolino tente une expérience de méditation. Il s’essaie avec succès à la lévitation. Survoler les faits, pour mieux comprendre...
    On est ici aux antipodes du roman policier ordinaire. Bien sûr, sous une chaleur écrasante, la météo joue son rôle. Les références à Dante et à son œuvre sont affichées. Mais on retient d’abord les personnages : Ugolino qui ressemble à un petit chien, tandis que Costante a l’allure d’un grand insecte, et le policier possède un laid visage "cubiste". On sent qu’une forme de folie relie les protagonistes de l’affaire. Derrière une apparente normalité règne la Folle Bestialité, à l’exemple du fou Cosmino. Si le sujet est abject ou sordide, le récit est plein d’inventivité et de fantaisie – voire de drôlerie. La narration poétique et souriante relativise les crimes, mais l’intrigue reste subtilement présente. Voilà un roman délicieusement déroutant.




    Giulio Angioni, né en 1939, anthropologue et écrivain. Giulio Angioni enseigne l'anthropologie culturelle à l'Université de Cagliari, en Sardaigne, depuis 1981. Depuis1992, il est président de la Societé des Europeanistes -Europeanists Society, qui siège à Bruxelles. Il est le rédacteur de diverses revues scientifiques et nomamment d’ Europaea.


    Site officiel de l’auteur :
    http://www.giulioangioni.net/
    Site de la rivista internazionale Europaea :
    http://www.unica.it/europaea/

    Giulio Angioni est l’auteur de nombreux romans dont " L’Or Sarde ", le premier traduit en français aux Editions Métailié.


    L’Or sarde traduction de L'oro di Fraus, publié par Editori Riuniti en 1988, puis Il Maestrale en 1995.:
    Le récit nous entraîne alors au plus profond d’une Sardaigne intérieure remplie de mystères. Entre légendes locales, rumeurs incessantes et l’ombre de la mafia qui plane sur ce étrange univers, notre héros, mi-flic, mi-humaniste, risque bien d’exhumer quelques mythes enfouis depuis bien longtemps et d’y laisser sa peau. Avec un récit nerveux, sans respiration, Giulio Angioni, livre une histoire étrange sur laquelle plane de nombreuses ombres et où les forces obscures occupent un rôle à la mesure de l’atmosphère qui s’y dégage. Ce polar antipolar se joue dans une Sardaigne qui n'a jamais été racontée comme l’auteur le fait.


    Fraus est un petit village typique de Sardaigne, où rien de bien grave n'arrive jusqu'au jour où un Benvenuto, gamin du village, disparaît et est retrouvé mort, quelques jours plus tard, dans le puits sacré de Cavanna. Veneranda, le seul maire philosophe d'Italie, qui pense qu'un maire doit tout faire et savoir au sein de sa communauté, qui sait "que le maire est le plus haut responsable de la police de sa commune", décide de mener l'enquête. Ce sera haut, épique, loin d'être de tout repos, mais surtout dangereux et imprévisible.
    "Je ne sais pas comment je vais donner la mesure de mes idées et le ton de sentiments que je ne domine pas"… Récit enfiévré de cette enquête haletante, L'or Sarde marque par son ton et sa vie de village, où tout le monde cause, chacun a un avis et l'expose, où les propos vont toujours en s'amplifiant, parfois jusqu'à l'absurde, et où "on a plus de chances de tomber sur une sorcière que sur une intellectuelle".
    Premier chapitre à l’adresse :
    http://www.editions-metailie.com/indoc/cata_premier.asp?ID=754

    Presse :
    " Il faudra toute l'obstination et le courage du maire de la ville, le narrateur, pour traquer la vérité ailleurs. Par exemple jusqu'au fond des galeries désaffectées de la mine de talc : l'or sarde. Pour le coup, on n'hésitera pas à qualifier de joyau ce premier roman traduit en français de Giulio Angioni, anthropologue italien qui en a écrit bien d'autres sur cette Sardaigne où ce sexagénaire vit depuis toujours. D'où cette empathie mêlée de nostalgie pour l'île et ses habitants qu'il met en scène autrement qu'en simple guide touristique ". France Soir, 01/01/2004
    " Giulio Angioni est né en 1939. Aussi son île est-elle son monde, à plusieurs titres. Un : il a toujours vécu là; deux : anthropologue, il en a fait l'objet de son métier; trois : écrivain de polars à ses heures, il ne saurait imaginer un instant qu'ils se passent ailleurs. Le lieu justement de l'Or Sarde est un petit village que le rapt d'un enfant maquillé en viol (ou le contraire ou autre chose) plonge dans l'émoi, la douleur et la stupeur. Ici, le mal ne peut venir que de l'extérieur, des profondeurs de l'histoire ou des contrées lointaines. Celui qui mène l'enquête est un petit maire divers de gauche, ancien communiste, ancien soixante-huitard, ancien élève d'un collège religieux, actuel professeur de philosophie, porté à la dispute, aussi rêveur que têtu, courageux parce que trouillard, cherchant un avenir à un bled ne vivant que du passé. Soudain, ce qui n'existait que dans les chroniques sanguinolentes du continent semble avoir élu domicile dans ce trou du cul du monde. Et si les puissances infernales de la mafia et de la drogue, de mèche avec les pouvoirs de la politique et de l'argent, avaient voulu faire d'un village somnolent l'épicentre d'horribles trafics, non sans gêner le vol de goélands et exhumant au passage des mythes enfouis? " Libération, Jean-Baptiste Marongiu, 25/09/2003.

    Bibliographies des romans noirs publiés en Italie :
    L’oro di Fraus (Editori Riuniti 1988, Il Maestrale 1998), traduit en français " L’or sarde ".
    Il sale sulla ferita (Marsilio 1990),
    Una ignota compagnia (Feltrinelli 1992),
    Lune di stagno (Demos 1995),
    Il gioco del mondo (Il Maestrale 2000),
    Assandira (Sellerio editore 2004)
    Alba dei giorni bui (Il Maestrale 2005)
    Vincitore XX° Premio G.Dessì 2005 Sez. Narrativa.

    Et…


    Le fiamme di Toledo (Sellerio editore 2006)
    DESCRIZIONE : Narrazione storica e straordinaria rielaborazione letteraria in misura di verità più profonde che la sensibilità di antropologo di Angioni riesce a tradurre in indelebili immagini.
    "Oggi è il due di giugno dell’annodomini 1571: il quattro, dopodomani, farò fuoco e fiamme in Plaza de Zocodover": Sigismondo Arquer, magistrato, arso al rogo dall’Inquisizione nel 1571, racconta la sua storia. Il sipario si apre su scene che colgono al vivo uomini e eventi che hanno attraversato la breve vita di Sigismondo. Una variegata umanità si leva dalle pagine, la statuaria dei personaggi storici si fa carne, voce e anima delle persone: da Balthasar il bestemmiatore, al marrano Diego de Jesùs che riscopre le sue origini giudaiche, a Justillo "vaghegginodi monache", all’imponente prostituta che però vede la Madonna, alla spiritata di Lapola con i suoi "diavoli nei fiaschi" in una notte di stregonerie. Scorrono figure ed eventi della grande e nota storia dell’Inquisizione e della piccola storia ignota. Una donna in particolare resta incancellabile: la coga, la concubina diabolis, come l’Inquisizione definì, sulla diceria popolare e sui propri fantasmi di paure, la giovane Domìniga Figus, con quella sua idea di volare. Per la Chiesa, però, non senza concorso di accuse da parte di una microsocietà vessata dalla miseria e dalle tensioni interpersonali, Domìniga vola a sabba demoniaci, e quindi è messa alla tortura e poi al rogo.



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