• Charles, Léo... et Jean-Louis Murat.

    Baudelaire en musique par Léo Ferré et chanté par Jean-Louis Murat :



    Il y a 150 ans paraissait le recueil Les Fleurs du Mal. Gallimard s’associe à Scarlett et V2 Music pour publier une nouvelle édition des Fleurs du Mal (collection Poésie), avec un cahier de 8 pages comprenant des manuscrits de Baudelaire et Ferré, une nouvelle préface d’André Velter, accompagnée par l’album Charles et Léo.

    Le 1er octobre prochain, un nouvel album "Charles & Léo" sort : 12 poèmes des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire, mis en musique par Léo Ferré ( sur les 22 inédits) , interprétés par Jean-Louis Murat. Ce CD de 35 minutes s'accompagne d'un DVD de trois quarts d'heure et comprend, en bonus, "Réversibilité", poème de Baudelaire qu'il avait mis en musique dans l'album "Dolorès" (1996), et "Petite" de Ferré.
    "Un jour vous en ferez quelque chose" avait dit Léo Ferré à son fils et à sa femme en leur donnant une cassette d’enregistrement de sa voix accompagnée au piano. Après ses albums 1957 et 1967, il avait à nouveau composé sur une vingtaine de poèmes des Fleurs du Mal. Le fils de Léo Ferré a choisi Jean-Lousi Murat pour chanter les compositions inédites de son père, le considérant comme l’héritier spirituel de son père. "Je ne vois pas qui d'autre aurait pu faire ça, même parmi ceux qui se proclament « fils spirituel de Léo", explique à l'AFP Mathieu Ferré, qui dirige le label "La mémoire et la mer" et continue de faire vivre l’œuvre de "l'ananar".

    Donc Jean-Louis Murat s’est attaqué aux poèmes de Baudelaire mis en musique par le grand Léo Ferré dont, à la demande de Mathieu Ferré, il prend le relai. Cela devrait permettre de relire Baudelaire, de réécouter Léo Ferré et de découvrir le talent d’un chanteur classé comme caractériel, en dehors des formats que le " music business.



    Vrai nom : Jean-Louis Bergheaud
    Nationalité : Française
    Métiers : Chanteur, Guitariste, Auteur-compositeur, Pianiste
    Genre principal : Scène française
    Naissance : 28 janvier 1954
    L’Ours Blanc, le Paysan, le Berger… Dans ses chansons, Jean-Louis Murat aime à se doter de surnoms qui sentent bon la ruralité ou la nature sauvage, particulièrement celle de son Auvergne natale.
    Site officiel : http://www.jlmurat.com/
    Pour l’écouter aller sur myspace à l’adresse :
    http://www.myspace.com/jlmurat
    Et une biographie : http://musique.ados.fr/Jean-Louis-Murat.html



    Les fleurs du Mal : 1ère édition en 1857

    La 2ème édition en 1861 est la dernière édition publiée du vivant de l'auteur. Baudelaire ajoute 32 poèmes et procède à des corrections et quelques réagencements. Ainsi, dès le fameux Au Lecteur : " Dans nos cerveaux malsains, comme un million d'helminthes, / Grouille, chante et ripaille un peuple de Démon " devient " Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes, Dans nos cerveaux ribote un peuple de démons ".

    La dédicace de Baudelaire :

    Au Poète impeccable
    Au parfait magicien ès lettres françaises
    A mon très-cher et très-vénéré
    Maître et ami
    Théophile Gautier
    Avec les sentiments
    De la plus profonde humilité
    Je dédie
    Ces Fleurs maladives.

    Nous ignorons quels sont les poèmes mis en musique par Léo Ferré et chantés par Jean-Louis Murat dans l’album "Charles et Léo" qui sort en octobre. Nous avons choisi « Réversibilité » et deux autres poèmes parmi les plus célèbres : L’invitation au voyage et Parfum exotique.



    Réversibilité

    Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse,
    La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
    Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
    Qui compriment le cœur comme un papier qu'on froisse?
    Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse?

    Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine,
    Les poings crispés dans l'ombre et les larmes de fiel,
    Quand la Vengeance bat son infernal rappel,
    Et de nos facultés se fait le capitaine?
    Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine?

    Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres,
    Qui, le long des grands murs de l'hospice blafard,
    Comme des exilés, s'en vont d'un pied traînard,
    Cherchant le soleil rare et remuant les lèvres?
    Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres?

    Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides,
    Et la peur de vieillir, et ce hideux tourment
    De lire la secrète horreur du dévouement
    Dans les yeux où longtemps burent nos yeux avides?
    Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides?

    Ange plein de bonheur, de joie et de lumières,
    David mourant aurait demandé la santé
    Aux émanations de ton corps enchanté;
    Mais de toi je n'implore, ange, que tes prières,
    Ange plein de bonheur, de joie et de lumières!



    L’invitation au voyage :

    Mon enfant, ma sœur,
    Songe à la douceur
    D'aller là-bas vivre ensemble !
    Aimer à loisir,
    Aimer et mourir
    Au pays qui te ressemble !
    Les soleils mouillés
    De ces ciels brouillés
    Pour mon esprit ont les charmes
    Si mystérieux
    De tes traîtres yeux,
    Brillant à travers leurs larmes.
    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.
    Des meubles luisants,
    Polis par les ans,
    Décoreraient notre chambre ;
    Les plus rares fleurs
    Mêlant leurs odeurs
    Aux vagues senteurs de l'ambre,
    Les riches plafonds,
    Les miroirs profonds,
    La splendeur orientale,
    Tout y parlerait
    A l'âme en secret
    Sa douce langue natale.
    Là, tout n'est qu'ordre et beauté
    Luxe, calme et volupté.
    Vois sur ces canaux
    Dormir ces vaisseaux
    Dont l'humeur est vagabonde ;
    C'est pour assouvir
    Ton moindre désir
    Qu'ils viennent du bout du monde.
    Les soleils couchants
    Revêtent les champs,
    Les canaux, la ville entière,
    D'hyacinthe et d'or ;
    Le monde s'endort
    Dans une chaude lumière.
    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.
    Spleen et Idéal, LIII



    Parfum exotique

    Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
    Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
    Je vois se dérouler des rivages heureux
    Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;
    Une île paresseuse où la nature donne
    Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
    Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
    Et des femmes dont l'œil par sa franchise étonne.
    Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
    Je vois un port rempli de voiles et de mâts
    Encor tout fatigués par la vague marine,
    Pendant que le parfum des verts tamariniers,
    Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
    Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.
    Spleen et Idéal, XXII



    Bonus :

    Sites Léo ferré aux adresses cio-dessous:

    http://www.leo-ferre.com/
    http://www.leoferre.net/

    Et sur Youtube, Léo Ferré chante les poètes à l'adresse ci-dessous:

    http://fr.youtube.com/watch?v=UJjexDFbbmE




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