• Antoine SERRA, peintre engagé

    Antoine SERRA au musée d’Histoire de Marseille, jusqu’au 7 avril 2007 :

       

    " Les couleurs de l’engagement 1920-1950, autour d’Antoine Serra ", exposition ouverte en décembre 2006 jusqu’au 7 avril 2007, musée d’histoire de Marseille, Centre Bourse de Marseille, entrée libre de 12 Heures à 19 Heures, sauf dimanches et jours fériés., adresse : Jardin des Vestiges, Marseille - Tél. : 04 91 90 42 22.

    Des documents historiques accompagnent les œuvres picturales de cet artiste engagé dont les créations côtoient celles de François Diana, Louis Roc, Louis Toncini et André Fougeron. Le Musée d’histoire vous offre un regard sur une partie de l’histoire de Marseille, ville rebelle et prolétarienne, dans une période où se sont succédés les conflits sociaux et armés. Les croquis, desseins, tableaux et notes d’Antoine Serra témoignent de leur temps. Comme ses compagnons, il est un témoin engagé et fait partie des artistes exprimant leur solidarité pour le monde ouvrier et les peuples colonisés. Certains sont comme lui engagés, au moins un temps, au PCF (dont il reçoit une commande sur les dockers et le port, à l’instar du peintre André Fougeron sur les mineurs du Nord). Dans la mouvance du Front populaire, il participe aussi à la création de la Maison de la culture de Marseille, la première créée en région.

    Les œuvres sont en majorité issues de collections particulières ; quelques-unes sont conservées au musée d’Histoire de Marseille et dans d’autres collections municipales : peintures, dessins et gravures, affiches, tracts, photographies, journaux.

    " Avec les Couleurs de l’engagement, 1920-1950, autour d’Antoine Serra, la cité phocéenne offre une approche atypique de l’histoire contemporaine à travers le regard de l’artiste sarde devenu marseillais. En peignant le labeur mais aussi les grèves des dockers, Serra prenait souvent le parti des opprimés. Une vie de bohème et d’action, passée sous les poutres d’un atelier situé dans l’ancien arsenal des galères, autour du quai de Rive-Neuve, d’où il peignait dans la lumière, puisant là toute la sève de son œuvre, " mélange de réalité très dure et de beauté brute " (Jacqueline Serra). Dans cette traversée du siècle, Serra va se construire, des rues de la Belle de- Mai aux Alpilles où il se retirera, en passant par l’Italie profonde. Tour à tour révolté, antifasciste, clandestin, Serra, envoûté par la Méditerranée terrienne, reste aujourd’hui ce talentueux imagier du peuple, témoin singulier du XXe siècle provençal… " La peinture n’est pas faite que pour décorer ", disait-il, " brosses et pinceaux sont aussi des armes de combat. " extrait pris sur le site Cote-Ouest :
     http://www.coteouest.net/actu-deco/agenda/article.asp?ida=119&idc=3

    " À travers ce fabuleux voyage dans cette histoire, ressurgissent des lieux et métiers désormais disparus : les tuileries de Saint-Henri, les hauts fourneaux, les raffineries de la Méditerranée, les " caréneurs ", dockers et tractoristes du port. Car " Les couleurs de l’engagement " ne se veut surtout pas une exposition de peinture, comme l’indique dans la préface du livret de présentation Myriame Morel-Deledalle, conservateur du musée. C’est une tranche d’histoire de la ville de Marseille vue à travers le peintre dont la destinée elle-même a été intimement liée à cette grande ville de la Méditerranée. " Article de Christophe Deroubaix ( le Web de l’Humanité)





    Biographie  faite par Jacqueline Serra surle site de l'artiste:

    Antoine Serra (1908 - 1995) Naissance dans l’île de la Maddalena en Sardaigne.

    "... quand on reçoit un choc, il n'est pas possible de se taire et d'oublier, pour un temps au moins, que brosses et pinceaux sont aussi des armes de combat."
    Un dimanche d'été 1936, Antoine Serra découvre du plan du château des Baux un lieu magique, le Rocher et le Val d'enfer. Si j'arrive un jour à vivre de ma peinture, c'est ici que je reviendrai.

    La Provence reste la terre promise des grands peintres. C'est dans la solitude artistique que Serra réalise jusqu'à la fin de sa vie ses plus belles oeuvres. Il a choisi de peindre une Provence pudique, l'ubac le côté de l'ombre préférant les hardis contre-jours, là où les scories sont supprimées, où seule la nature est sublimée.
    Serra le démiurge refuse l'originalité à tout prix, il dissèque la nature, la met à nu pour lui arracher son âme. Peintre méditerranéen, originaire de Sardaigne, terre de vielles civilisations et d'antiques croyances où le surnaturel rejoint le naturel, il plante son chevalet face à ce chaos rocheux.

    Antoine Serra est né en 1908, sur l'île de la Maddalena (Sardaigne). Il arrive à Marseille en 1914, entre à l'école des Beaux Arts en 1921 Du fait de son jeune âge, il doit obtenir une dispense pour suivre des cours "modèle vivant". Il reçoit plusieurs prix en 1923,1924,1925. Il adhère aux jeunesses communistes en 1926. Deux ans plus tard, il présente sa première exposition avec un groupe d'amis, "les jeunes Peintres" à la Galerie Guibert à Marseille. Il est fondateur du groupe "Les Peintres Prolétariens".

    Dans les années 1930 son œuvre est inspirée par Marseille la prolétaire, les quais, le port, les dockers. Serra, responsable de la première maison de la culture en province (inaugurée en 1936 par MALRAUX. Durant cette année, la presse mentionne des expositions de peinture plusieurs conférences d'ARAGON pour l'inauguration. Il est à noter qu'il existait à Marseille un Comité de solidarité pour des prisonniers politiques, animés par des émigrés de longue date et des français de souche. Serra faisait partie du groupe), expose les œuvres de Fougeron, Aragon, Giono, Pagnol, Picasso et Pignon. En 1937, il prend position pour le peuple espagnol et réalise une grande toile intitulée "la non-intervention" sur le bombardement de Guernica.

    Nommé Délégué au Comité Directeur de l'Union Nationale des Intellectuels du Département en 1945, il participe à diverses expositions internationales.
    Un an plus tard, il installe définitivement au cœur d'un rocher des Baux son atelier troglodyte : je ne suis plus obligé de courir après les saisons, elles viennent à moi avec toutes leurs splendeurs. Ayant un besoin viscéral du contact avec la ville de Marseille, il y gardera un atelier Quai de Rive Neuve.

    Chaque exposition de Serra est une révélation : on trouve l'homme qui vibre, dépasse et surmonte les difficultés physiques et morales de la vie. Le grand art dans la maturité d'un peintre est de tout baigner : paysages, natures mortes, portraits, dans le soleil intérieur de l'âme, Serra sait allier la grandeur et la simplicité, ce qui est une orientation vers la pureté de l'art. L'homme qui selon le mot d'Eluard a la nostalgie de la lumière totale.

    Avec l'aide du peintre Guy Montis, il créé en 1948 le Groupe Provence et nomme l'écrivain provençal Charles Galtier, Secrétaire ; il invite ses amis peintres de Rive Neuve : Seyssaud, Chabaud, Ambrojiani, Roc, Diana Hauer.

    Il expose au Salon d'Automne de Paris de 1950 sa grande toile (300 x 250 cm) La messe de minuit aux Baux sur laquelle il représente les habitants du village à la messe.

    En 1970 il exécute une fresque Les Olivades pour l'école maternelle des Baux. Il pense que l'art doit être très proche des hommes et qu'il faut semer très tôt.
    En 1971, il s'engage dans la vie politique locale, y est élu conseiller municipal à la culture dans la municipalité de Raymond Thuilier.

    Sa vie étant intimement liée à la peinture, il créé avec ses amis le "Groupe des Amis de Serra" ; le premier Président Charles Moure (Président de la Chambre de Commerce de Marseille) permettra à Serra de peindre librement sans engagement mercantile jusqu'à la fin de sa vie, le 06 mai 1995.


    Site de l’artiste  ci-dessous :
    http://www.antoineserra.com/


     
    Livre : Antoine Serra, de la Sardaigne à Marseille. Regards sur un peintre singulier du XXe siècle provençal.



    Auteurs : Jean Arrouye | Jean Doménichino, Jean-Marie Guillon
    Editeur : Jeanne Lafitte
    Jean Arrouye est professeur des Universités et sociétaire de l’Association internationale des critiques d’art. Spécialiste de l’analyse d’images, il travaille principalement sur la peinture, la photographie et les relations entre textes littéraires et images. Jean Domenichino et Jean-Marie Guillon, maître de conférences et professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Provence, membres de l’umr telemme, sont spécialistes de l’histoire sociale et politique de la Provence.

    Les présentations du livre :

    "Antoine (Antonio) Serra est né le 6 mars 1908 à La Maddalena, seule ville de l'archipel sarde du même nom qui se trouve entre Corse et Sardaigne. I1 est le troisième enfant d'une fratrie de quatre. Sa famille est pauvre. Elle connaît la misère endémique qui est ici le lot de la grande majorité des habitants. Elle est accentuée par l'alcoolisme du père. Ce dernier, qui "fait" le maçon, est sujet à des crises de démence, de plus en plus fréquentes, jusqu'au jour où il est définitivement interné en hôpital psychiatrique. Il y mourra sans avoir revu les siens. Dans une région où l'image du père - Padre padrone - est très forte, surtout pour les fils, c'est un drame. L'absence du père marque profondément le jeune Antoine. La plaie alors ouverte ne sera jamais refermée. Il reportera toute son affection sur sa mère, Maria Serra. Il lui vouera un attachement sans bornes. Il ne cessera de la peindre ou de la croquer au fusain. Il est vrai que c'est elle qui a assuré, seule, la survie de toute la famille. Pour ce faire, elle n'hésite pas. Avec ses quatre enfants, elle fait ce que nombre d'Italiens ont fait depuis les années 1870 : elle prend le chemin de l'exil..."

    Le début de la vie d’Antoine Serra (1908-1955) ressemble à un conte : venu à Marseille à l’âge de 6 ans avec sa mère et ses trois sœurs, il tente de tirer la famille de la misère par des chemins détournés qui le conduisent en maison de correction. Antoine Serra aurait pu alors devenir gangster ou traîne-savate. Il est devenu artiste-peintre : la rédemption par l’art ! Il adhère au mouvement communiste en 1926, puis, en 1930, il fonde à Marseille, avec d’autres jeunes artistes engagés, le groupe des Peintres prolétariens. C’est au cours de l’Occupation, alors qu’il participe à la Résistance, qu’apparaissent les premières dissensions entre le parti et lui. Totalement réhabilité en 1945, il défend un moment la ligne du réalisme socialiste, avant de prendre ses distances, tout en se tournant vers la mystique chrétienne. Après la guerre, Serra fait partie du milieu artistique qui gravite autour du Vieux-Port, puis il se retire dans les Alpilles et la Provence intérieure. Soutenu par de nouveaux mécènes parmi lesquels Paul Ricard et l’industriel Charles Mourre, Serra se lie aussi avec le mouvement régionaliste dont Marie Mauron. Ce livre éclaire une œuvre en perpétuel mouvement et qui fait appel à une large palette d’émotions. "



    Rencontre posthume entre le peintre et un poète:







  • Commentaires

    1
    sbingou
    Mardi 6 Avril 2010 à 16:54
    je decouvre,un voisin!! de La magdeleine,.Enraciner,en face;CHERA.A la lecture des Contes de Provence.les cmmentaires,et,le cheminement,de cet homme,font,que,je suis surpris,que giaco et Serra,ne se soient,paspermis de tremper,les pinceaux,dans le meme pot!!
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